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11.22.63 : James Franco tente de dompter l'effet papillon

Hulu a lancé cette semaine la très attendue 11.22.63, adaptation du roman éponyme de Stephen King avec James Franco en tête d'affiche. Un voyage dans le temps divertissant.

Stephen King et la télévision, c’est un combo qui ne date pas d’hier. Depuis la fin des seventies, les histoires glaçantes du romancier américain ont séduit le petit écran américain. Problème : du Fléau aux Langoliers en passant par Shining (oui, oui), puis plus tard Dead Zone, Haven et la récente Under the Dome, les adaptations télé du maître de l’horreur ont trop souvent laissé un goût d’inachevé et de cheap.

Il était temps de rendre justice à l’imaginaire de Stephen King, en profitant aussi de la montée en qualité du format sériel. Fruit de la collaboration entre l’auteur, J.J. Abrams à la production et Bridget Carpenter à l'écriture (Friday Night Lights, Parenthood), la mini-série 11.22.63 a toutes les clés en main pour relever le défi.

Adaptation d’un roman récent de l’écrivain, 11.22.63 raconte les péripéties d’un prof, Jake Epping, qui découvre un portail temporel l’emmenant dans les années 60. Son vieil ami mourant le supplie de trouver un moyen d’empêcher rien de moins que l’assassinat de JFK, ce qui effacerait des choses très déplaisantes dans l’histoire US, comme la guerre du Viêt Nam. Voilà Jake lancé dans une course contre la montre pour arrêter Lee Harvey Oswald, ou son commanditaire. Ou pour mettre à jour une conspiration of course.

Sweet Sixties

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L’uchronie a le vent en poupe. Sans en être vraiment une, 11.22.63 surfe sur cette idée très tendance du "et si", exploitée il y a peu et avec brio par la série The Man in the High Castle, adaptation d’un roman de Philip K. Dick.

Et si James Franco réussissait à éviter l’un des faits historiques les plus marquants de l’histoire des Etats-Unis, l’assassinat de JFK ? Un sujet en or, qui comporte bien des zones d’ombre et continue de fasciner le grand public. Tout comme l’époque, les années 60, véritable madeleine de Proust fantasmée pour les Américains.

Réalisé par Kevin Macdonald, ce pilote se révèle efficace et divertissant. Les couleurs chatoyantes et la bande-son (trop) évidente nous plongent dans le cliché attendu des sixties. Une époque où "tous les hommes portent des chapeaux et des complets sombres" et où "tout a meilleur goût" dixit le personnage d'Al Templeton (Chris Cooper, impeccable). C’est à peine, au détour d’une scène où James Franco se rend aux WC, si l’on nous rappelle discrètement que les années 60, c’était aussi le temps de la ségrégation.

Passé à recomposer

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La subtilité n’est donc pas le point fort de 11.22.63, aussi bien dans la reconstitution de cette époque que dans le temps présent. En même temps, la mini-série ne prétend à aucun moment jouer dans la cour de Mad Men. Tout semble avoir été simplifié, jusqu’au jeu d’acteur de James Franco, pour toucher une audience la plus large possible. Son personnage reste assez froid. On a du mal à suivre ses motivations. Il se décide ainsi bien rapidement à plier son divorce, accepter la réalité des voyages dans le temps, puis la mort imminente de son vieil ami, pour enfin marcher sur ses traces.

Reste qu’on ne s’ennuie pas devant ce pilote, mélange séduisant entre le côté ludique d’Un Jour sans fin ou du Retour vers le futur avec ses voyages dans le temps, et ses conséquences tragiques qui évoquent davantage le drame L’Effet Papillon.

Cette expression de "l'effet papillon", métaphore de la vie, explique à la base qu'un très mince événement ayant lieu à l'autre bout du monde peut en provoquer un beaucoup plus gros ailleurs. Cette théorie est ici appliquée au voyage dans le temps. Le passé fait la gueule quand Jake essaie de le modifier. Et si, par miracle, il arrive à changer un tout petit détail, un innocent peut le payer de sa vie.

Comparée aux précédentes oeuvres télévisées adaptées de Stephen King, 11.22.63 part sur de bien meilleurs rails. Si tout n’est pas parfait dans ce pilote, il a le mérite de ne pas mentir sur la marchandise. On peut compter sur du suspens et des rebondissements bien sentis dans les prochains épisodes.

Note : 3 / 5