American Dream, la série française qui expose l'envers du rêve américain

Le réalisateur Barthélemy Grossmann est de retour avec American Dream. Une série digitale qui nous rappelle que la réussite peut parfois virer au drame.

Il y a quelques semaines, nous vous présentions J'marche pas en arrière, un sublime court métrage réalisé par Barthélemy Grossmann, qui abordait avec beauté et tragédie la thématique du rêve américain. Le sujet de la réussite à tout prix au pays de l'Oncle Sam, le réalisateur français – que l'on a connu avec  13 m2 – l'aborde à nouveau avec American Dream, une série digitale à paraître en SVOD sur Canalplay et Canal+ international courant novembre.

Tournée l'été dernier à Los Angeles, elle suit Omar, un jeune caïd de cité activement recherché par la police, qui décide pour s'en sortir de rejoindre son ami d’enfance, Jimmy, parti faire fortune en Amérique. Dans ses valises, Omar emporte avec lui les jeunes Mamet et Kubil, qui vont lui servir de mules pour transporter de l'argent. Mais dès leur arrivée, les problèmes s'accumulent et ils vont bientôt se retrouver en proie aux gangs les plus dangereux de la Cité des Anges.

"Seul le drapeau américain a cette force"

On retrouve ici les acteurs fétiches du réalisateur, Mahamadou Coulibaly, Nassim Si Ahmed et Alexandre Achdjian, ainsi qu'une apparition de Michael Madsen "le premier acteur américain que je filme, nous confie-t-il, un mec au top, un vrai de vrai." Mais Barthélemy Grossmann n'est pas seulement la réalisateur de cette série. Il en est aussi l'acteur principal, puisqu'il incarne Jimmy, que l'on retrouvait déjà dans son précédent projet. "C'est un personnage qui revient dans beaucoup de mes projets, explique-t-il, sous des aspects différents mais avec toujours pour point commun l'ambition et le rêve américain."

À ce sujet, le réalisateur explique :

Cette série raconte que tant que tu ne changes pas toi-même, tu auras les mêmes galères partout. Ça ne sert a rien de changer de pays, tout est en toi, les problèmes comme les solutions. En toile de fond, je traite du revers du rêve américain, comment les laissés-pour-compte tentent de survivre parfois crapuleusement, avec toujours cet espoir de réussir un jour malgré la pauvreté.

Seul le drapeau américain a cette force. C'est comme une religion : quand t'es au fond du trou, le drapeau s'agite et tu penses que tu as une chance d'y arriver. Les personnages ne se considèrent pas comme pauvres mais comme des millionnaires en devenir. C'est le cas de Jimmy, qui va embarquer tout le monde dans un tourbillon destructeur, guidé par l'énergie inconsciente que lui procure le drapeau américain.

Journaliste indépendante basée à Paris. Musique, mode et tatouage, principalement.