En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Qui sont les anciens dieux qui peuplent le monde d’American Gods ?

Vous connaissez leurs noms. Voici leurs histoires…

american-gods

Avant de nous plonger dans le panthéon d’American Gods, un petit avertissement s’impose : si vous n’avez pas vu la saison 1 de la série, ou ne voulez rien savoir sur ses personnages emblématiques, ce qui suit révèle des éléments de la mythologie.

Les vrais héros de la série, ce sont eux : les anciens dieux du monde entier, venus en Amérique avec leurs croyants, et les vagues successives d’immigration. Dans l’adaptation télé du roman éponyme de Neil Gaiman, créée par Bryan Fuller et Michael Green, ces divinités anciennes sont en résistance.

Obsolètes, elles sont dépassées par une nouvelle garde qui se cache derrière chaque écran, chaque échange de data, chaque pilule ou rail de coke, chaque information partagée, chaque image relayée via satellite. Oubliées, car ceux qui les priaient ou commettaient des sacrifices en leur nom ont perdu la foi.

L’un de ces dieux en perdition, Mr. Wednesday, a senti le vent tourner et décide de recruter un à un ses vieux amis (ou meilleurs ennemis) pour préparer la guerre. Il se paye les services de Shadow Moon, un ex-taulard qui ne croit en rien. Mais avec ce bestiaire aussi coloré que charismatique, on s’y perd un peu parfois. Pour vous aider à vous y retrouver, voici un petit guide des anciens dieux d’American Gods, leurs noms et leurs légendes.

Mr. Wednesday

wednesday

Ce roi de l’arnaque se fait appeler Mr. Wednesday par Shadow, qu’il a rencontré… un mercredi. Mais ses vieux amis l’appellent Grimnir, surnom qui n’est autre que l’un des nombreux noms d’Odin. Dans les légendes germaniques, Odin était l’équivalent de Mercure, associé au jour mercredi. En suédois, norvégien et danois, le mot "onsdag", qui signifie "le jour d’Odin", désigne également le mercredi.

Il est le père tout-puissant de la mythologie nordique et son nom est synonyme de fureur, d’esprit et de poésie. Le chef de la rébellion est ainsi le dieu de la Guerre, du Savoir et des Morts. Comme nous l’apprend Ibis dans le premier épisode, il est arrivé en Amérique quand les premiers Vikings ont foulé les plages du nouveau monde avant de faire demi-tour à la première petite brise.

Il faut dire que l’accueil a été plutôt froid. Si on les voit se crever un œil pour espérer attirer l’attention de leur dieu, c’est parce que la légende raconte qu’Odin a fait de même pour se voir accorder le privilège de boire au puits de la Sagesse. Voilà qui explique l’œil de verre de Mr. Wednesday.

Odin est aussi le dieu des Potences (oui, c’est joyeux), car il s’est pendu à l’arbre du Monde, Yggdrasil, durant neuf jours, là encore, pour acquérir un savoir ancestral. Ce qui explique la récurrence dans les rêves (parfois éveillés) de Shadow de la potence et de l’arbre.

Bilquis

bilquis

Langoureuse, voluptueuse, Bilquis est aussi létale par son étreinte. La déesse de l’Amour consomme littéralement ceux qui ont le malheur (et l’extase) de partager sa couche. Son véritable nom nous est davantage familier : la reine de Saba. Techniquement, comme Neil Gaiman la décrit dans son livre, elle est à moitié démon. Une sorte de succube, en somme.

Le sexe est pour elle une célébration, mais aussi un moyen de recharger ses batteries. Ceux et celles qui la vénèrent crient son nom pendant l’orgasme : "Biiiiilquiiissss." La reine de Saba est présente dans les récits bibliques, hébraïques et coraniques et on retrouve sa légende du Yémen à l’Éthiopie en passant par l’Érythrée.

Dans le livre, Bilquis ne fait qu’une apparition furtive, mais pour leur série, Bryan Fuller et Michael Green ont mis un point d’honneur à donner davantage de place aux personnages féminins. Notre déesse de l’Amour a donc un rôle essentiel à jouer dans la guerre qui s’annonce.

D’abord vénérée dans son temple de la luxure, Bilquis a émigré aux États-Unis à la fin des années 1970. Mais rapidement, le sexe est devenu synonyme de mort avec l’arrivée du sida. Une chose en amenant une autre, notre reine a fini à la rue, privée de sa beauté et de son pouvoir. Jusqu’à l’arrivée du Technical Boy, qui lui propose un deal avec le diable (ou plutôt Mr. World). Le sexe, de nos jours, c’est simple comme un "swipe right" sur une app de rencontres.

Low Key Lyesmith

low-key

Eh oui, le camarade de cellule de Shadow est lui aussi un dieu ! On ne l’a vu que très brièvement durant l’introduction dans l’univers d’American Gods. Aussi, il était facile pour lui de passer inaperçu au milieu du panthéon. Pourtant, il y a déjà un indice dans son nom : Low Key Lyesmith… Low Key… Il s’agit bien sûr de Loki. Non, pas le "frenemy" haut en couleur incarné par Tom Hiddleston dans les films Marvel. Celui que l’on décrit comme un "trickster", c’est-à-dire un farceur, est le frangin d’Odin.

Dans la cour du pénitencier, Low Key semble regretter qu’il n’y ait plus de potences. Un petit clin d’œil au sacrifice de son frère ? Dans la mythologie nordique, il est en tout cas considéré comme le dieu de la Discorde. On ne sait que peu de chose sur son importance dans la série, mais quelque chose nous dit qu’on le croisera de nouveau en saison 2. On gardera en mémoire son précieux conseil à Shadow : "Don’t fuck with those bitches at the airport."

Mad Sweeney

sweeney

Celui-ci n’a aucun mystère autour de son identité. Il le dit sans détour, au premier qui lui pose la question : il est un Leprechaun. Eh oui, c’est le plus grand Leprechaun que vous pourrez rencontrer. Et il est grincheux, avec ça ! Sweeney, avec son nom qui fleure bon les prairies irlandaises (ou les pubs, c’est selon), et son petit accent qui s’est tassé avec les siècles, n’est pas un dieu à proprement parler. C’est peut-être pour ça, d’ailleurs, qu’il exécute parfois les basses besognes de Mr. Wednesday.

C’est en fait un roi, de son véritable nom Suibhn (Sweeney, en gaélique irlandais), dont le tempérament colérique et rebelle lui a fait perdre la bataille de Mag Rath. Furieux contre lui, St Ronan l’a maudit, et il est devenu fou par la suite. Ce qui lui vaut aujourd’hui le sobriquet de Mad Sweeney, Sweeney le fou.

Dans American Gods, on apprend qu’il est arrivé, avec ses pièces d’or sorties de nulle part, en Amérique, par la grâce d’Essie McGowan et de ses semblables. Cette dernière a amené dans son cœur le folklore de son pays natal et a continué d’entretenir la légende des Leprechauns et autres créatures jusqu’à sa mort.

Czernobog

czernobog

Son nom, imprononçable, a autant d’orthographes différentes que de consonnes. On le rencontre la première fois à Chicago et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il laisse une forte impression. Czernobog est le dieu slave des ténèbres et est donc associé à la lune.

Dans sa conversation avec Mr. Wednesday, il évoque son frère. Ce dernier, du nom de Belobog, est son parfait opposé : le dieu de la Lumière. La partie de dames et ses pions blancs et noirs prend alors toute sa symbolique. Comme Thor, il est indissociable de son marteau dont il usait, jusqu’à il y a quelques années, pour tuer du bétail.

Il vit désormais dans un appartement miteux, avec trois sœurs, Zorya Vechernyaya, Zorya Utrennyaya et Zorya Polunochnaya (à vos souhaits !), des incarnations de l’étoile du Soir (ou étoile du Berger), l’étoile du Matin et l’étoile de Minuit. Dans la mythologie slave, elles sont appelées les Zorja (les Aurores), et sont les déesses gardiennes du chien du Jour du jugement, enchaîné à la constellation de la Petite ourse.

Mr. Nancy

nancy

"Angry is good. Angry gets shit done." C’est par un monologue enflammé que l’on fait la connaissance de Mr. Nancy dans American Gods. Il pourrait être le dieu du style, étant toujours impeccablement apprêté, mais en réalité, son véritable nom est Anansi. C’est l’un des esclaves enchaînés dans le fond de cale du bateau qui l’invoque en premier.

D’ailleurs, plus qu’un dieu, il est surtout l’esprit des contes. Narrateur hors pair, son don à lui, c’est de faire vivre les histoires. Il prend souvent la forme d’une araignée (qui elle-même peut avoir visage humain et porter des vêtements) et appartient au folklore d’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes. Les historiens, eux, placent son origine quelque part au Ghana. Toujours est-il qu’il a traversé les océans jusqu’en Amérique, par la transmission orale et la dévotion des esclaves.

La légende parle d’un temps où il n’y avait pas d’histoires dans le monde, parce qu’elles appartenaient toutes au dieu du Ciel, Nyame. Pour les faire siennes, Anansi a proposé un marché à ce dernier, qui a établi un prix plutôt élevé pour ses contes. Anansi devait capturer Onini le python, Osebo le léopard, et les frelons Mbor. Ce qu’il a fait, car il est plein de ressources. Et c’est comme ça qu’Anansi a hérité de toutes les histoires du monde.

The Jinn

the-jinn

Oubliez tout ce que vous savez sur les génies, et en particulier celui d’Aladdin. Le génie dont il est question dans American Gods est fidèle au folklore arabe, il n’exauce pas les souhaits si on frotte sa lampe. Quoi qu’on puisse interpréter de la sorte sa rencontre avec lui, le jeune vendeur un peu paumé, Salim.

Après une nuit torride ensemble, ce dernier a désormais une nouvelle vie. Mais ce génie-là, un Jinn en anglais, n’est pas un dieu, mais plutôt une créature surnaturelle. Il appartient aux Ifrits, des êtres de feu. On sait pour l’instant peu de chose sur ce Jinn, mais puisque Salim est parti à sa recherche, on le reverra peut-être en saison 2.

Ibis et Mr. Jacquel

ibis-and-jacquel

Comme on le découvre un peu plus tard dans la saison 1 d’American Gods, ces deux-là gèrent un funérarium (on suppose qu’ils sont en couple). Ibis (à droite sur la photo) fait bien sûr directement référence à la mythologie égyptienne, puisque c’est aussi le nom du dieu Toth. Dans la série, il est également le narrateur des prologues "Coming to America", dans lesquels il nous raconte l’arrivée de tous ces dieux au Nouveau Monde, des histoires élégamment manuscrites par ses soins.

Dans ses représentations hiéroglyphiques, Ibis est soit un babouin, soit un homme avec une tête d’oiseau. Il est le dieu du Soleil levant, celui qui détient le savoir. Son acolyte, Mr. Jacquel (à gauche sur l’image), n’est autre qu’Anubis, le chacal, ou "jackal" en anglais. On le voit d’ailleurs apparaître sous cette forme lorsque les deux hommes stoppent Laura Moon et son amie au beau milieu de la route.

Anubis, dans l’Égypte antique, règne sur le rituel d’embaumement et est le maître des nécropoles. Il est un dieu de la Vie après la mort. Dans American Gods, c’est lui qui administre les soins aux cadavres qui arrivent chez Ibis and Jacquel Funeral Parlor (et rafistole Laura Moon), mais se charge aussi de transporter l’âme des défunts là où il convient. Si votre cœur est aussi léger que la plume dans sa balance, vous n’avez pas de souci à vous faire !

Vulcan

American Gods Season 1 2017 Ep 106 -- Pictured: Corbin Bernsen (Vulcan), Ian McShane (Mr. Wednesday) CR: Jan Thijs/Starz

Vulcan (à gauche, ici aux côtés de Mr. Wednesday) est le dieu romain du Feu, des Volcans et de la Forge. C’est un personnage créé spécialement pour la série, puisqu’il n’existe pas dans le livre. Il y est le chef d’une petite ville, à laquelle il a d’ailleurs donné son nom (un peu mégalo ?) censée représenter l’Amérique par excellence : obsédée par sa propre protection et les armes.

Il se trouve que l’activité principale de la ville, c’est justement la production de munitions. Les fours de la fonderie ont remplacé le volcan, et les balles, les prières. Vieil ami de Wednesday, Vulcan lui apprend qu’il a senti le vent tourner, et plutôt que d’être oublié comme les autres anciens, a su se "re-brander" comme on dit en marketing. Il a fait de son nom une franchise et à nouveau, un objet de vénération. Et pour conserver la paix générale, ça mérite bien un petit sacrifice au volcan de temps en temps, non ?

Ostara

ostara

Ostara, Easter en anglais, ou Ēostre, est la déesse de Pâques, célébrée au moment de l’équinoxe de printemps durant un rite païen. Elle est associée à l’aurore et aux récoltes, et a le pouvoir de redonner la vie. Mais au fil des siècles, elle a été oubliée et remplacée par la Pâques chrétienne, où l’on fête la résurrection de Jésus. Voilà qui explique la présence, dans la série, de tous ces Christs dans sa ravissante propriété du Kentucky.

Depuis, elle maintient la tradition, non sans une certaine aigreur de s’être fait piquer la vedette par le fils de Dieu. Elle vient donc se greffer à cette célébration de Pâques qui ne lui appartient plus vraiment, offrant, comme la parfaite hôtesse qu’elle est, des sucreries en tout genre. L’abondance, c’est sa came. Mais elle peut aussi décider de reprendre tous ses cadeaux, dans un accès de colère. C’est en tout cas sur ce point que compte Mr. Wednesday, qui aimerait bien qu’elle choisisse son camp dans la guerre qui s’annonce.

Voilà, vous êtes désormais incollables sur les anciens dieux qui peuplent American Gods. Le plus dur sera de patienter jusqu’à la saison 2 qui passera sur Starz aux US, et sur Amazon Prime Vidéos chez nous.