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Ash vs Evil Dead : pour Bruce Campbell, "Ash restera toujours un bouffon"

Pour la saison 2 de Ash vs Evil Dead, Biiinge et quelques privilégiés ont pu s'entretenir avec le très groovy Bruce Campbell.

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Biiinge | Vous avez dit auparavant que Ash était, au moment des films, un personnage unidimensionnel, auquel la série a donné de l’épaisseur. Mais ça reste un mufle. Est-ce que ce n’était pas un peu difficile de diluer cette personnalité, tout de même assez forte, tout en conservant ce qui fait son essence ?

Bruce Campbell | Non. Ash restera toujours un bouffon et un idiot et il continuera à faire de terribles erreurs. En tout cas je l’espère. Mais on peut aussi trouver son humanité dans les décisions qu’il prend pour le bien de tous, il risquerait sa vie et son bras pour sauver quelqu’un d’autre. Donc Ash va peu à peu se métamorphoser en vrai héros. Mais pour l’instant, c’est un héros imparfait et réticent à le devenir. Je pense qu’avec le temps, il va finir par devenir un homme meilleur et c’est là tout l’intérêt de cette histoire.

Quel est son secret ? Comment expliquez-vous que le public l’aime autant ?

Je crois que le secret de Ash, c’est qu’il n’a pas de secret. Il est comme votre voisin, comme le gars d’à côté, il n’a pas de compétences spéciales, il n’a pas non plus de kryptonite. Vous savez, il ne vole pas, il ne peut pas voir à travers les murs, il n’a aucun super pouvoir. Et je crois que le public peut s’identifier à ça.

Les super héros sont très populaires en ce moment, ils sont partout. Pourtant, je peux vous assurer que quand je regarde un film comme ça, c’est très difficile de m’investir dans un super héros, parce qu’il n’a pas assez de failles à mon goût. Je veux que mes héros aient des failles et soient plus "réels".

C’est pour ça que j’adore jouer Ash : il n’est pas écrit comme les héros habituels. Et j’imagine que c’est aussi sympa pour les scénaristes d’écrire un personnage qui ne ressemble à aucun autre. Quand le public regarde Ash, il voit juste un type ordinaire qui essaie de sauver le monde.

"Ça tombe tellement sous le sens que Ash ait une relation merdique avec sa famille"

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Quelles vont être les conséquences de l’arrivée de son père et du retour de Cheryl, tant pour lui que pour la série ?

Avoir le père de Ash dans la série [interprété par Lee Majors, ndlr], ça vous montre surtout d’où il vient. On réalise alors que certaines de ses catchphrases ne viennent pas de lui, et qu’il imite son père. Donc c’est une façon de montrer son histoire familiale. Avec le retour de sa sœur Cheryl, ça promet d’être vraiment étrange, et il y a encore une poignée d’easter eggs à découvrir cette saison, des personnages adorés de la franchise qui reviennent. Donc, restez avec nous !

Et que pouvez-vous nous dire sur cette relation père/fils ?

Elle n’est pas bonne. Vraiment pas. Et ça ne va pas s’arranger parce qu’avant, ils étaient plutôt heureux — enfin non, pas heureux, mais disons... satisfaits de ne pas avoir à  se confronter l’un à l'autre. Et vous savez, ça arrive constamment dans les familles et c’est assez tragique. Mais ça tombe tellement sous le sens que Ash, ce héros plein de défauts, ait une relation merdique avec sa famille.

Et puis il y a cette perception erronée selon laquelle Ash, par ces actes passés, aurait causé tout un tas de problèmes à son père. Les gens pensaient qu’il était un serial killer. Donc toute cette rancœur va remonter à la surface, et c’est pas joyeux. Oui, les deux sont en compétition. C’est pour ça que c’était essentiel d’avoir Lee Majors : on voulait un mec à la réputation de séducteur. Et Lee est vraiment bon à ce petit jeu et il a un tel sens de l’humour…

On est très chanceux de l’avoir. Et je n’utilise pas ce mot très souvent, vous savez : on est chanceux qu’il soit là. Ça fonctionne à merveille. Parce que c’est une chose d’avoir un type comme lui, mais on se demande toujours : est-ce que ça va le faire avec la série ? Est-ce qu’il va être assez bon ? Est-ce qu’il sera drôle ? Et Lee est tout ça à la fois, il est tout ce que l’on pouvait espérer.

"Faire cette série, c'est un cauchemar pour mon corps"

Il y a une telle liberté créative dans cette série et, clairement, vous avez mis la barre encore plus haut en saison 2. La chaîne Starz n’a jamais montré de signes d’inquiétude durant la production ? On pense notamment à certaines scènes qui vont très, très loin.

Starz est un super partenaire. Je crois qu’ils comprennent vraiment que ce que veulent les fans, c’est un show sans limite, qui ne se censure pas. Et quand il a fallu choisir avec qui s’associer pour la série, l'une de nos priorités était la liberté créatrice et le droit d’être offensant.

On voulait avoir le champ libre pour dire ou faire avec certains personnages des choses que d’autres shows n’oseraient pas approcher à moins de trois mètres ! Ils ont été bienveillants avec nous, donc on espère pouvoir les récompenser avec une série qui rencontre le succès. Ils nous ont énormément soutenus et ont fini par réaliser l’ampleur et la fidélité de notre fanbase. Des fans super reconnaissants qu’on ait ramené Evil Dead dans leur vie.

Que ce soit dans les films ou dans la série, votre performance est plutôt physique. Comment vous préparez-vous pour les scènes d’action ?

Je m’étire ! Il faut s’étirer. Mais c’est même pas suffisant puisque je me suis froissé le tendon ischio-jambier cette année et bien sûr, durant les deux dernières semaines de tournage, qu’est-ce qu’on a fait ? Des scènes de combat. Que des scènes de fight ! Donc oui, faire cette série c’est un cauchemar pour mon corps. Mais c’est au service de l’histoire. Ash est un personnage littéralement torturé. Il faut donc s’y coller, qu’on le veuille ou non.

Il y a une séquence où Ash a des soucis avec sa bagnole, un classique quoi. Et donc à un moment, je suis percuté par ma propre voiture et je dois me faire renverser. Je me suis dit : comment on va faire ? On a alors discuté de la scène et j'étais genre : "Est-ce que je ne devrais pas passer par-dessus le capot et m’éclater contre le pare-brise ?"

Donc c’est ce qu’on a fait et je l’ai aussitôt regretté parce que, une fois que tu l’as fait sous un angle, tu dois le refaire pour trois ou quatre angles différents. La journée a été longue. On peut difficilement y échapper. Le kiné est mon meilleur ami maintenant, quand je récupère entre deux saisons.

Est-ce qu’il y a des choses que vous refuseriez de faire ?

Vous savez, je pourrais dire non, en tant que producteur, j’ai cette prérogative. Mais je me mets dans la peau du téléspectateur : est-ce que les fans aimeraient voir une séquence aussi dingue et absurde comme celle-là ? Je crois que oui. Il n’y a pas moyen d’y échapper quand on joue un type comme Ash. Vous allez vivre des trucs super désagréables. Et je crois que les autres acteurs ont bien trinqué cette année.

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Lucy [Lawless] a eu quelques soucis avec ça. Une créature a dû lui vomir des litres d’une morve bien dégueulasse et collante sur elle. Elle a reconnu que c’était encore pire que le faux sang. Et le personnage de Kelly [joué par Dana DeLorenzo], quand ils lui ont dit qu’ils allaient verser sur elle pas loin de 15 litres de sang juste pour une prise…

Ray Santiago, qui joue Pablo, a aussi eu une année difficile. Parce qu’en saison 2, il devient plus familier avec les phénomènes de l’autre monde et tout ce qui concerne le Livre des Morts, il subit les tourments des damnés. C’était vraiment une saison très exigeante pour tout le monde. On espère que les spectateurs s’amuseront, parce que ce n’est pas nécessairement amusant pour nous.

Est-ce qu’à l’image de votre personnage, le fait de vieillir vous met en colère ?

Eh bien, en tant qu’acteur, j’ai la possibilité de regarder en arrière et de me voir quand j’étais dans mes plus belles années. Vous savez, il y a 20 ou 30 ans. C’est une bénédiction, mais aussi une malédiction. Je vis le vieillissement un peu comme Ash.

On se fait mal plus facilement, c’est plus difficile de retenir son texte, je ne peux plus rester debout durant des heures. Vous savez, parfois, votre dos vous lâche. C’est un show très physique, les jours de tournage sont durs et ça n’ira pas en s’arrangeant avec le temps. C’est vraiment un rappel de notre propre mortalité, c’est certain.

La saison 2 de Ash vs Evil Dead sur OCS Choc à partir du 3 octobre.