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Les génériques hypnotiques de Twin Peaks décryptés

Le revival de Twin Peaks s’offre un nouveau générique simple et moderne, mais toujours ancré dans l’univers énigmatique de la série.

Plus de vingt-cinq ans après la fin de Twin Peaks, la série mystique de David Lynch et Mark Frost a fait son retour ce dimanche 21 mai 2017 sur Showtime. L’agent spécial Dale Cooper revient donc dans la petite ville de Twin Peaks après avoir passé deux saisons à enquêter sur le meurtre de la jeune Laura Palmer. La série s’est tout de suite distinguée au début des années 1990 et a marqué une véritable révolution sur le petit écran à cette époque. Le cinéaste David Lynch a su briser les barrières entre le cinéma et la télévision en proposant une œuvre atypique remplie de mystères et d’humour. Par ailleurs, son générique, reflétant l’univers de la série, a marqué les esprits. Mais c’est une tout autre ouverture que les fans ont découverte sur leurs écrans pour cette nouvelle saison.

Minimaliste mais symbolique

Toujours à contre-courant, David Lynch propose une séquence d’ouverture simple mais efficace alors que les séries du moment ont droit à des génériques ultratravaillés qui ressemblent de plus en plus à des courts-métrages, comme en témoignent ceux de Westworld, Big Little Lies ou encore American Gods. Si le générique est minimaliste, il n’en reste pas moins captivant. Que les fans se rassurent, la musique envoûtante d’Angelo Badalamenti berce toujours le générique de la série. Et l’écriture néon verte est toujours présente dans cette ouverture (même si elle ne dévoile aucun nom du casting) alors qu’elle avait été délaissée sur les posters promotionnels dévoilés il y a quelques mois par Showtime. Les créateurs de la série ont donc veillé à ne pas perturber les aficionados en maintenant des éléments clés dans ce nouvel opening.

Ce générique est surtout un bon moyen de lier les deux anciennes saisons à la nouvelle fournée d’épisodes dans un but précis : rendre hommage à Laura Palmer. Il démarre sur la photo la plus connue de la jeune femme, qui a fasciné tous les habitants de la ville de Twin Peaks. Le nom de la série vient ensuite bander les yeux de Laura, comme lorsqu’on ferme les yeux d’un mort. Le générique nous rappelle alors qu’elle est décédée, mais que son esprit hante toujours autant le show. On enchaîne ensuite avec des images de la rivière et des cascades, des éléments qui étaient déjà présents dans l’ancien générique. Néanmoins, quand les rochers et la cascade étaient cadrés en plan fixe dans la version initiale, ils sont ici filmés en travelling : il commence sur les roches pour aboutir sur un plan en plongée sur les écumes de la cascade qui viennent s’échouer. Pour rappel, Laura Palmer avait été retrouvée près de la rivière, entourée d’un plastique blanc et le teint bleuté dû à la décomposition par l’eau. 

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© Showtime

Les yeux cachés de Laura la basculent ensuite dans le monde des rêves, propre au style lynchien. Une partie du générique, plus psychédélique, nous rappelle les différents moments oniriques dans lesquels Laura Palmer et Dale Cooper étaient plongés. Cette partie commence par des éléments de la "Loge noire" : les fameux draps rouges qui s’agitent, soufflés vers le haut comme des flammes jaillissantes, dans un mouvement incertain, comme si on hésitait à nous ouvrir les rideaux d’un spectacle. Viennent ensuite les rayures noires et blanches classiques qui tournoient dans un effet hypnotisant pour nous emmener dans cette quatrième dimension qu’est Twin Peaks.

Tous les plans du générique s’enchaînent avec des fondus et nous rappellent les énigmes importantes de la série, à la manière de flash-back. Si elle peut paraître simple au premier abord, cette nouvelle ouverture est fidèle à l’esprit de Twin Peaks et en appelle à la mémoire des fans en évoquant subtilement les interrogations du show, tout en donnant envie de plonger à nouveau dans l’univers créé par David Lynch et Mark Frost. Nostalgie, quand tu nous tiens.

L’ancien générique culte : Twin Peaks dans toute sa splendeur

Si la série a marqué plusieurs générations de sériephiles, le générique culte de Twin Peaks n’est pas en reste. Les éléments clés, que l’on retrouve dans la nouvelle version, sont l’enchaînement des plans, l’écriture en néon et la mélodie d’accompagnement. Comme des génériques classiques de l’époque, le casting et l’équipe technique à l’œuvre sur la série sont nommés grâce à l’écriture en néon verte, reconnaissable entre mille. Mais si le show détourne les codes des soap operas diffusés alors, le générique ne reprend pas les fameux plans où les acteurs se retournent pour se présenter au spectateur. La véritable star dans cette ouverture est bien la ville de Twin Peaks.

Plan par plan, la bourgade nous est offerte à travers trois thèmes importants : l’industrie, la nature et l’eau. On nous présente d’abord des images de l’usine, les fumées blanches s’échappant vers le ciel gris-bleu, puis s’ensuivent des plans plus rapprochés sur les machines et leurs mouvements méticuleux, faisant de nombreuses étincelles. C’est ensuite que le panneau de la ville apparaît avec un dessin des deux montagnes jumelles, planté devant le décor en arrière-plan. Ce plan montre le paysage avec ces deux montagnes et la route qui sillonne la forêt de Twin Peaks pour nous inviter à entrer dans cette localité mystérieuse.

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Viennent ensuite les plans sur la cascade avec un effet de ralenti sur le mouvement de l’eau pour nous avertir que nous allons être amenés par la rivière vers le lieu où a été retrouvé le corps de Laura Palmer. Les plans s’enchaînent avec des fondus qui s'apparentent à des passages oniriques, avec des cadrages plus ou moins rapprochés et un rythme lent, doux et maîtrisé. Ce générique poétique et apaisant, sublimé par la musique délicieuse d’Angelo Badalamenti, nous emmène dans la ville de Twin Peaks. Cette bourgade a deux montagnes mais aussi deux visages : chaleureuse, claire et douce d’un côté et sombre, mystérieuse et effrayante de l’autre.

On pourrait regretter le fait que David Lynch et Mark Frost aient changé le générique indémodable de Twin Peaks qui a marqué les esprits et les cœurs de tant de fans. Mais comme l’a justement fait remarquer Laura Palmer dans le dernier épisode de la saison 2 : "Nous nous rencontrerons à nouveau dans vingt-cinq ans". Forcément, il s’en est passé des choses en deux décennies et demie : Dale Cooper et les autres habitants de Twin Peaks ont inévitablement changé. Ce générique qui fait peau neuve semble annonciateur d’une évolution, sans doute nécessaire pour nous mener dans cette nouvelle aventure et espérer conquérir une nouvelle génération de sériephiles, toujours plus à l’affût de nouveaux shows à dévorer.

En France, la saison 3 de Twin Peaks débutera dès le 25 mai sur Canal+.