Ghoul, une mini-série horrifique dépaysante et pourtant si familière

Avec une trame qui fait écho à l’œuvre phare de John Carpenter, la dernière production brandée Netflix est une entrée en matière percutante dans l’horreur à l’indienne.

© Netflix

Le week-end passé, les abonné·e·s Netflix se sont probablement rué·e·s sur The Innocents, une sorte de Roméo et Juliette repensée à la sauce teen drama, doublée d’une couche de surnaturel. Après tout, c’est la série qui a bénéficié d’une véritable campagne promo. Mais en même temps que l’histoire d’amour torturée entre ces deux ados, le géant du streaming a proposé une autre création entièrement originale, j’ai nommé la cruellement sous-estimée Ghoul.

Pur produit importé d’Inde, Ghoul est une des rares fictions purement horrifiques auxquelles la plateforme a donné naissance (si on fait abstraction de Stranger Things, trop gentillette, et Hemlock Grove, assurément oubliable). Dedans, on retrouve Radhika Apte (également à l’affiche du Seigneur de Bombay, lancée dernièrement) dans la peau de Nida Rahim, une jeune officière de l’armée qui est entièrement dévouée au régime autoritaire en vigueur.

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Après avoir balancé son père au gouvernement pour pratiques jugées illégales, elle se voit confier une mission particulière et est envoyée dans un pénitencier isolé pour interroger Ali Saeed, un terroriste craint tout juste capturé. Mais une fois sur place, les choses vont déraper alors qu’une sorte d’entité métaphysique s’invite dans ce huis clos anxiogène. Et anxiogène, c’est peu de le dire !

En partie produite par Blumhouse, la boîte de prod' à qui l’on doit notamment la franchise Insidious et une kyrielle de longs-métrages horrifiques de cette dernière décennie, Ghoul revêt une atmosphère d’emblée oppressante, avec des couleurs sombres et un jeu entre lumière et obscurité justement maîtrisé. La série étant découpée en trois, le rythme de son récit est savamment calculé, en dépit d’un épisode inaugural qui aurait mérité plus de concision.

Si les jump scares sont pour la plupart prévisibles, ils n’en demeurent pas moins efficaces, précisément dans le dernier volet, culmination du récit que nous conte Patrick Graham, le créateur. Mais, ce qui rend Ghoul plus intéressante qu’une œuvre d’épouvante lambda, c’est la dualité de sa narration. En plus de convoquer le folklore arabe, la série développe doucement, en arrière-plan, un propos politique qui aurait pu être fouillé plus en profondeur. Le cliffhanger final est, d’ailleurs, le croisement parfait entre ces deux dimensions-là.

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Pour peu qu’on daigne la regarder en version originale – en tant que non-initié, on s’habitue étonnamment vite à la langue hindi –, Ghoul est une bonne introduction aux séries indiennes. Elle est dépaysante, par ses dialogues et ses décors, mais reste diablement familière par la construction de sa trame, un peu à l’américaine. Les fanas d’horreur devraient y trouver leur compte, le show étant un survival efficace qui n’est pas sans rappeler The Thing de John Carpenter.

En tout et pour tout, le visionnage intégral de Ghoul doit avoisiner les 2 h 30, soit la durée approximative d’un film au ciné. Ce qui est assez drôle, étant donné que la série de Patrick Graham semble conçue, narrativement du moins, comme un long-métrage plutôt qu’une mini-série. Cela n’enlève rien à son impact, Ghoul demeurant l’une des meilleures séries d’épouvante de ces dernières années.

La première saison de Ghoul est disponible dès maintenant sur Netflix à l’international.