La guerre des sexes fait rage dans l’Apocalypse d’American Horror Story

Voilà, on y est, en plein dans le crossover qu’on nous avait promis, soit la rencontre entre les sorcières de Coven et l’Antéchrist de la Murder House.

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Cinq épisodes après le lancement de sa saison 8, American Horror Story n’est déjà plus la même série qu’il y a deux semaines. On devrait être habitué à force, la création de Brad Falchuk et Ryan Murphy est plus changeante que les marées. On a souvent cette impression qu’ils improvisent au fur et à mesure. Que ce soit ultracalculé ou non, c’est toujours perturbant quand on a l’habitude d’analyser des séries obéissant à certaines règles quasi grammaticales, et à la structure bien plus linéaire. Attention, spoilers !

Depuis deux épisodes, American Horror Story a gardé le même décor mais a complètement rebattu ses cartes en tuant presque tous ses protagonistes. Forcément, les showrunners avaient besoin de ça pour introduire les sorcières vues dans Coven et dont Cordelia, la Suprême, est jouée par Sarah Paulson. Exit, donc, Wilhemina Venable, incarnée par la même actrice.

Et au passage, on se débarrasse aussi de tous nos survivants de l’apocalypse qui avaient trouvé refuge dans le bunker victorien, à l’exception de Coco St. Pierre Vanderbilt (Leslie Grossman), Dinah Stevens (Adina Porter) et Mallory (Billie Lourd). Mais là aussi, on fait table rase d’une certaine façon : tuées puis ramenées à la vie par les sorcières, ces dernières ont vu leur mémoire effacée. Un bordel sans nom, on vous dit. Mais qu’importe, la série parvient quand même à nous désarçonner, et on reste, pour voir la suite.

Moins branchée cul et gore que les précédentes saisons, Apocalypse a un certain charme, peut-être moins provocateur, mais il est encore difficile de savoir où tout cela nous mène. Son dernier épisode a laissé apparaître un début de propos, pas forcément très subtil mais qui a le mérite d’exister, sur l’opposition hommes/femmes. Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais depuis #MeToo, les hommes vivent dans la peur et c’est une véritable guerre des sexes qui se joue dans notre société. Bon, bien sûr, quand on est une femme, on n’a pas forcément la même perception du problème parce que des millénaires de patriarcat sont passés par là.

Du coup, après l’arrivée des sorcières de Coven, la série opère un flash-back (et des flash-back dans le flash-back, on n’est plus à ça près !) dans l’épisode 5 intitulé "Boy Wonder". Cet enfant prodige du titre, c’est Michael Langdon (Cody Fern), qui suscite la convoitise des sorciers comme des sorcières, mais pas pour les mêmes raisons. Celui dont on sait désormais qu’il est l’Antéchrist (pour rappel, c’est le fils de Tate Langdon, de Murder House) fait montre de capacités extraordinaires. Le clan des sorciers, qui se plaint de la domination de leurs homologues féminines depuis des siècles (oh, l’ironie), aimerait bien se le mettre dans la poche pour renverser l’ordre établi.

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"Les hommes ne sont simplement pas les égaux des femmes en ce qui concerne la magie", nous dit Cordelia qui, quant à elle, le soupçonne d’être son successeur. Jamais le rang de Suprême n’avait été tenu par un homme, et elle aimerait en avoir le cœur net. Secrètement, elle veut voir l’étendue de ses pouvoirs. Elle a eu une vision de l’apocalypse : au milieu des décombres de sa demeure de la Nouvelle-Orléans, qui hébergeait et formait de jeunes sorcières, un homme au visage pâle se tenait là, contemplant l’Apocalypse en riant. Après lui avoir fait passer le test des Seven Wonders, visant à révéler la nouvelle Suprême, elle en est convaincue, Michael est celui qui provoquera la fin du monde.

"Encore et encore, l’histoire nous a montré que l’orgueil des hommes ne connaît aucune limite. N’avons-nous rien appris d’Attila le Hun ? D’Hérode le Grand ? De Mark Zuckerberg ? Les hommes font d’horribles leaders", avertit Myrtle (Frances Conroy).

Mais Cordelia, résignée, doit bien se rendre à l’évidence. Son règne touche à sa fin, et Langdon est le prochain Suprême. En l’annonçant, elle s’écroule et se met à saigner du nez. Une scène évidemment très symbolique qui montre qu’au moment où un homme détrône une femme, celle-ci se soumet et verse son sang. Ce que nous disent Falchuk et Murphy (OK, avec des gros sabots), c’est que dans le monde de la sorcellerie, tout allait relativement bien jusqu’à ce que les hommes veuillent reprendre le pouvoir, humiliés par la supériorité des femmes, et provoquent l’Apocalypse. Rien que ça. Mais les sorcières ont peut-être trouvé une arme secrète en la personne de Mallory. Pour contrer les plans de Langdon, elles vont d’abord devoir retourner aux origines du Mal : la Murder House. To be continued !