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Transparent : Jeffrey Tambor fait face à une deuxième accusation de harcèlement sexuel

La libération de la parole féminine à Hollywood conduit à de douloureuses révélations.

Jeffrey Tambor. (©️ Amazon)

Alors que les séries adolescentes Les frères Scott et Gossip Girl ont été entachées par des témoignages glaçants de femmes expliquant avoir été victimes de harcèlement (pour le showrunner Mark Schwahn) et d’agressions sexuels allant jusqu’au viol (pour l’acteur Ed Westwick), d’autres séries défendant des valeurs féministes se retrouvent dans l’œil du cyclone et ça fait très mal.

Ainsi, Matt Weiner, le créateur de l’acclamée Mad Men, est accusé de harcèlement sexuel par une de ses scénaristes (oui, vous avez bien lu) et le créateur de Louie, Louis C.K., a reconnu s’être masturbé devant de jeunes comédiennes de stand-up. L’impunité semble régner partout, même au cœur des productions les plus progressistes, et c’est terrifiant.

La série Transparent, produite par Amazon, qui a participé à une meilleure représentation des personnes transgenres, se retrouve, elle aussi, pointée du doigt. Son acteur principal, Jeffrey Tambor, est accusé de harcèlement sexuel par deux femmes transgenres. Dans un premier témoignage posté sur Facebook, Van Barnes, une ancienne assistante de l’acteur, expliquait qu’il la draguait lourdement, lui faisait des commentaires obscènes, la touchait et a fini par menacer de la poursuivre en justice si elle parlait. Puis c’est l’actrice transgenre Trace Lysette qui a pris la parole, accusant elle aussi Tambor de harcèlement sexuel dans un communiqué sur Twitter.

Son témoignage est accablant : "Jeffrey m’a fait de nombreux commentaires déplacés et avances sexuelles, mais une fois, c’est devenu physique", explique-t-elle. Ce jour-là, elle porte un pyjama pour les besoins du tournage de Transparent. Après l’avoir vue se préparer avec une collègue et avoir fait des commentaires déplacés la sexualisant, l’acteur se serait approché de Trace Lysette, alors adossée à un mur.

"Il s’est approché très près de moi, a posé ses pieds nus sur les miens donc je ne pouvais pas bouger. Il a pressé son corps contre le mien, et a commencé rapidement à faire des mouvements discrets d’avant en arrière. J’ai senti son pénis sur ma hanche, à travers son pyjama très fin, et je l’ai repoussé. J’ai levé les yeux au ciel en souriant. J’avais un travail à faire et je devais le faire avec Jeffrey, la tête d’affiche de la série."

L’actrice a alors placé ce souvenir dans un coin de sa tête : "Compartimenter a toujours fait partie de mon kit de survie, bien avant ma venue à Hollywood. C’est nul de l’admettre à haute voix – et je ne dis pas que ça justifie ce que j’ai subi –, mais étant donné mon parcours personnel dans la vie, j’étais habituée à être traitée comme un objet sexuel par les hommes – il se trouve juste que celui-ci était célèbre."

Trace Lisette (à gauche), Jeffrey Tambor et Alexandra Billings dans Transparent. (©️ Amazon)

Dans la suite de son témoignage, Trace Lysette insiste sur tout ce que la série Transparent lui a apporté à elle, et à la communauté transgenre. Elle appelle les scénaristes non pas à arrêter la production, mais à poursuivre le show en se concentrant sur les autres personnages transgenres secondaires. C’est une possibilité à laquelle réfléchit actuellement Amazon et qui, effectivement, aurait le mérite de ne pas faire annuler une série brillamment écrite, qui a donné une voix à une minorité jusqu’ici ignorée ou très mal représentée.

Mais ne vaudrait-il pas mieux créer une nouvelle série qui mette en scène des personnes transgenres en tête d’affiche plutôt que de tenter de "réparer" un show qui a valu deux Emmys et un Golden Globe à un homme cis désormais accusé de harcèlement sexuel par deux femmes transgenres ? C’est un dilemme pour Amazon.

Jill Soloway, la créatrice de Transparent qui venait cette année d’annoncer son départ en tant que showrunneuse, a réagi de son côté auprès de Vulture au moment de la première accusation : "Tout ce qui pourrait diminuer le niveau de respect, de sécurité et d’inclusion sur notre lieu de travail est totalement antithétique à nos principes. Nous coopérons à l’enquête en cours sur ce sujet."

De son côté, Jeffrey Tambor a nié la première accusation et a de nouveau pris la parole jeudi 16 novembre en publiant un communiqué relayé par ET. "Je suis profondément désolé si un de mes comportements a été interprété par une personne qui s’est sentie sexuellement agressée. La vérité est que, malgré tous mes défauts, je ne suis pas un prédateur et l’idée que quelqu’un puisse me voir comme cela est plus angoissant que je ne peux l’exprimer", a-t-il écrit.