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La réponse poétique (et un peu folle) du cocréateur de Sherlock aux critiques

Quand le Guardian a émis l'hypothèse que Sherlock était en train de se transformer en James Bond, le cocréateur a pris sa plus belle plume pour répondre aux critiques.

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Ce dimanche 1er janvier, Sherlock revenait pour une saison 4 après quinze ans d'attente (on exagère à peine, ça nous a semblé une éternité). La série cocréée par Steven Moffat et Mark Gatiss et inspirée du célèbre détective d'Arthur Conan Doyle, a mis la barre tellement haut jusqu'à présent (si l'on excepte la petite baisse de régime de la saison 3), que l'attente — dans tous les sens du terme — est forcément énorme pour cette nouvelle salve de trois épisodes. Et comme tout ce qui est rare est précieux, Sherlock est devenu le joyaux de la couronne de bien des sériephiles.

Le journal anglais The Guardian, qui s'est toujours montré plutôt bienveillant envers la série, a pourtant égratigné un tout petit peu le beau vernis. Rien de bien méchant, mais ce fut suffisant pour faire réagir Mark Gatiss. Et comme nous sommes chez nos voisins british, la politesse, l'élégance et la poésie skakespearienne sont de rigueur !

Dans un article intitulé "Sherlock is slowly and perversely morphing into Bond. This cannot stand" (ou, en français, "Sherlock est, doucement et de manière perverse, en train de se transformer en Bond. Ça ne peut pas durer"), un journaliste du site a commis le crime de lèse-majesté ultime : émettre l'hypothèse que, peut-être, Sherlock serait en train de devenir un ersatz de James Bond. Shocking !

L'auteur a en effet remarqué que, si le mantra de la série était jusqu'ici "Brainy is the new sexy", son célèbre détective semblait de plus en plus se muer en action hero. Ce à quoi Mark Gatiss a tenu à répondre, de la plus anglaise des façons : avec un poème, et en rimes. On a tenté de vous traduire cet échange épistolaire de haute volée (même si le mieux est encore d'apprécier la prouesse dans la langue de Shakespeare) :

Voici un critique, qui prétend, par un coup bas

Que Sherlock n'est pas un cerveau mais est devenu un double zéro

Qui dit que le garçon de Baker Street n'est pas un homme d'action,

Tout en ignorant les histoires qui auraient pu le conduire à le devenir.

 

On assiste à un combat de boxe dans le Cycliste Solitaire

Dans le Gloria-Scott et Le Signe des Quatre

Dans La Maison Vide aussi, on y fait mention de Mathews

Qui assomme le chien de Sherlock.

 

Pour ce qui est des arts martiaux, il y a aussi des indices

Dans la technique de lutte mal orthographiée que Doyle appelle baritsu,

En balançant Moriarty dans le torrent,

Est-ce que Sherlock trouve cette violence étrange et abjecte ?

 

En tirant sur les pygmées et les Chiens de l'enfer

Est-ce que Sherlock se complaît dans des amabilités toutes victoriennes ?

Quand les hommes de Gruner l'attrape, Sherlock est-il accommodant

Ou donne-t-il au Client Célèbre la monnaie de sa pièce ?

 

Il n'est pas utile de continuer d'épiloguer, en citant ces frissonnantes aventures,

Sur le permis de tuer du Serviteur Secret de sa Majesté

De Rathbone à Brett, jusqu'au dandy Cumberbatch

Avec ses poings Mr. Holmes a toujours été agile.

On n'en attendait pas moins de Mark Gatiss qui, en plus d'être le coshowrunner de sa version contemporaine télévisée et d'interpréter le frère de Sherlock, Mycroft à l'écran, est aussi et avant tout un fan absolu de l'œuvre de Conan Doyle, comme il le prouve dans sa missive. Lui qui a passé des heures, dans le train qui les conduisait de Londres à Cardiff sur le tournage de Doctor Who, à disserter sur Sherlock Holmes avec son complice Steven Moffat, avant d'avoir l'idée d'en faire une série, est prêt à tout pour défendre son héros. Même s'il préfère faire parler sa plume plutôt que ses poings, bien entendu.

Le deuxième épisode de la saison 4 de Sherlock sera diffusé ce dimanche soir sur BBC One, et en France, le season premiere, The Six Thatchers, est d'ores et déjà disponible sur FranceTV Pluzz.