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Les Revenants : une deuxième saison fantastique

Près de trois ans après leurs débuts tonitruants, Les Revenants ont enfin droit à une deuxième saison qui débute ce lundi 28 septembre sur Canal+. Fabrice Gobert a-t-il réussi à raccrocher les wagons et à conserver intacte l'atmosphère si intense de la série ?

©Canal+

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La première saison se terminait par un gros plan sur le ventre d'Adèle, qui attendait un "bébé revenant". Six mois plus tard, cette nouvelle saison reprend sur cet arc narratif dès la première scène, en forme de clin d'œil à la saga Alien. Elle annonce aussi un ton plus fantastique assumé. Le showrunner Fabrice Gobert n'oublie pas pour autant de soigner une ambiance glaçante, mystérieuse, empreinte d'une tristesse sans fond, qui a fait le succès de sa série. De nouvelles personnes décédées reviennent à la vie. Chacun réagit différemment face à cet événement extraordinaire. Et les protagonistes de la saison 1 reviennent (presque) au complet.

Le temps du retour

Pour nous accompagner à nouveau dans cette histoire, les scénaristes ont également imaginé un nouveau guide en la personne de Richard Berg. Incarné par Laurent Lucas, cet expert informatique chargé de comprendre comment l'inondation a pu (de nouveau) avoir lieu, possède des motivations plus personnelles. À ses côtés, le spectateur redécouvre les lieux phares de la série : le Lake Pub, le refuge de La Main Tendue, l'American Diner. L'artifice est certes décelable, mais il fonctionne bien et s'avère assez indispensable pour nous replonger dans un univers forcément un peu vague dans nos esprits.

Fabrice Gobert ne le cache pas : il a connu des difficultés à écrire cette saison 2. Si l'attente peut paraître assez intolérable pour un fan habitué à retrouver ses séries chaque année, il faut bien reconnaître après le visionnage des six premiers épisodes (sur huit) que ce temps de gestation inhabituel n'a pas été pris en vain. Chaque scène, chaque dialogue semble avoir été minutieusement travaillé. Le directeur de la photographie, Patrick Blossier, déjà à l'œuvre en saison 1, restitue à nouveau l'atmosphère dépressive et fascinante des Revenants à travers des plans oniriques incroyables, comme celui du cerf blessé qui descend les marches d'une place du village dans le premier épisode. Parmi ses inspirations visuelles, Fabrice Gobert cite volontiers les lithographies mystiques de Gustave Doré.

La partition musicale, toujours aussi sublime, est de nouveau assurée par Mogwai, qui ajoute des thèmes inédits à ceux de la première saison. Les nouvelles compositions s'intègrent tellement bien à l'univers qu'il faut vraiment se concentrer et tendre l'oreille pour les distinguer des autres.

Vers la fin

©Canal+

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Aux côtés des héros de la saison 1 – Victor, Julie, Camille et les autres – ces nouveaux épisodes font aussi place à d'autres revenants. Vêtus de noir, ils avancent en masse, ne parlent quasiment jamais et semblent avoir perdu toute conscience. Simon et les revenants vont-ils finir comme eux ? C'est l'une des nombreuses questions posées dans cette saison 2, qui gère avec intelligence toute la mythologie autour de ces zombies français. Une explication intéressante est apportée au fait que Victor (Swann Nambotin) ait grandi. Les arcs narratifs construits autour des différents personnages – de Lucy aux amants maudits Simon & Adèle, en passant par la famille Séguret – restent tous cohérents.

À travers les histoires personnelles d'une dizaine de protagonistes, les scénaristes abordent avec toujours autant de délicatesse des thèmes aussi intimes et universels que l'amour, le deuil, la mort, la foi. En parallèle, la storyline fantastique se déroule avec son lot de rebondissements et de révélations très "lostiennes" (de nombreux flashbacks centrés sur un personnage à chaque fois) qui tiennent en haleine. Chaque épisode a cette faculté assez incroyable de poser autant de questions qu'il ne donne de réponses.

Il faut accepter dès maintenant que certains mystères le resteront. La question à 10 millions de dollars – "Pourquoi sont-ils revenus ?" – n'aura probablement pas de réponse frontale. L'effet Lost, dont la fin a divisé les fans, guette Les Revenants. Selon Fabrice Gobert, le grand final de cette saison 2 (que nous n'avons pas encore vu) constitue "la fin d'une phase". Il n'est d'ailleurs pas certain de rempiler sur une saison 3. Pour une série qui a relancé le genre fantastique en France et constitue une superbe vitrine du savoir-faire français à l'international (un remake en vue aux États-Unis, un carton lors de sa diffusion en Angleterre), s'arrêter à deux saisons paraît un peu fou. Mais les voies des Revenants sont impénétrables.