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Malaterra, un presque copier-coller de Broadchurch délocalisé en Corse

France 2 lance ce soir la diffusion de Malaterra, version française du succès anglais Broadchurch. A la réplique près. 

Vu le succès d'audience de Broadchurch lors de sa diffusion en février 2014 sur France 2 (une moyenne de 6.4 millions de téléspectateurs), voir débarquer un remake français neuf mois plus tard n'est pas surprenant. Le voir diffusé sur la même chaîne un peu plus. Exit donc la petite ville anglaise côtière du comté de Dorset. Comme son nom l'indique, le village concerné est désormais corse, et se nomme Malaterra.

La vie s'écoule paisiblement au sein de la communauté où tout le monde se connait jusqu'au drame, le corps du petit Nathan Viviani retrouvé sur la plage dans le premier épisode. Bouleversée, l'adjudant-chef Karine Marchetti (Constance Dollé) doit faire équipe avec un nouveau boss qui vient de débarquer sur l'Ile de beauté, le déroutant capitaine Thomas Rotman (Simon Abkarian). De leurs côtés, les parents Viviani (Louise Monot et Nicolas Duvauchelle) tentent de rester unis face à cette tragédie qui va révéler bien des secrets...

MALATERRA

Louise Monot incarne Elisabeth Viviani, la maman de Nathan. (©Angela Rossi / Shine France / FTV)

L'exercice du remake est toujours délicat. Selon le résultat, on lui reprochera de ne pas avoir pris assez de liberté par rapport à l'oeuvre originale, ou au contraire d'avoir dénaturé son esprit. Dans le cas de Malaterra, c'est la première remarque qui s'impose.

Si, comme moi, vous avez regardé récemment Broadchurch avant de vous attaquer à sa version française, vous réaliserez que l'adaptation est d'une extrême fidélité : les scènes et les dialogues sont repris au mot près et très souvent dans le même ordre. Ici et là, un changement a été fait sur un personnage secondaire plus félin (Béatrice Dalle), ou qui change de sexe (le kiosquier soupçonné de pédophilie devient une kiosquière).

Le jeu des 7 erreurs

Il y a de quoi se livrer au jeu des sept erreurs. Dans cette version, la flic Karine Marchetti est veuve tandis qu'elle vit en couples dans le show original. Dans les deux cas, elle élève un enfant (l'élément vraiment important). Ces menus changements apparaissent plutôt anecdotiques, comme si les scénaristes (Stéphane Kaminka, Yann Le Nivet, Nathalie Hertzberg et Akima Seghir) avaient tenté d'apposer discrètement leur patte, trop discrètement. La petite soeur corse prend sa liberté beaucoup trop tard, en fin de saison, pour dévoiler un(e) tueur(se) différent(e) de la série anglaise.

MALATERRA

© Angela ROSSI / Shine France / FTV

Heureusement que les auteurs ont fait ce choix crucial, tant France 2 risque d'avoir du mal à fédérer ses téléspectateurs avec une histoire aussi similaire à celle que la chaîne leur a déjà servi voilà quelques mois. Elle compte peut-être sur la curiosité du public pour les somptueux paysages corses, filmés par Jean-Xavier de Lestrade (3 X Manon, La disparition) et Laurent Herbiet. L'ambiance à la fois triste et ensoleillée s'avère différente de celle, grise et surréaliste, de Broadchurch. Et la série a le bon goût d'éviter les poncifs sur les Corses.

Aussi bien du côté des parents que des flics, le casting est réussi. Louise Monot et Nicolas Duvauchelle composent un couple désespéré parfaitement crédible - peut-être un poil trop démonstratifs dans leur douleur mais tout du moins juste - tandis que le duo formé par Constance Dollé et Simon Abkarian fonctionne plutôt pas mal. Mais aussi bon soit-il, Abkarian ne fait pas oublier la performance de David Tennant qui bouffait littéralement l'écran.

Reste donc une série de très bonne facture, à regarder si vous n'avez pas vu Broadchurch récemment, ou si vous avez une mémoire de poisson rouge. Si Malaterra se voit reconduite pour une saison 2, il faudra impérativement qu'elle prenne plus clairement ses distances avec l'écrasant grand frère anglais.

Note : 2,5 / 5