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Mozart in the Jungle, saison 3 : la symphonie du chaos amoureux

Mozart in the Jungle revient toujours aussi flamboyante, légère et passionnelle, dans une saison 3 où l'amour et la musique sont le centre de l'univers.

La musique dans tous ses états

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© Amazon/OCS City

On retrouve les membres du New York Symphony Orchestra là où on les avait laissés en saison 2. Le groupe, démantelé à cause des problèmes financiers de la direction, s'est dispersé. Ils ont été remplacés par un spectacle plus contemporain, un ballet de bulles à grand renforts d'effets de lumière et de musique électro, qui fait salle comble. Le temple de la musique classique a trahi ses meilleurs artisans. Cette saison 3, composée de dix épisodes de 30 minutes, nous conte l'éclatement avant la réunification, ou comment du chaos le plus total peut renaître la vie.

Toujours selon un tempo erratique, qui se perd parfois, fait des pauses, puis s'emballe à nouveau, Mozart in the Jungle aime le tintamarre et célèbre le désordre. Son propre maestro, Rodrigo, est un électron libre, incapable de rentrer dans le rang. Et durant ces dix épisodes, il continue d'expérimenter, de repousser les limites, de faire se percuter le classique et l'incongru. Gael García Bernal est toujours aussi parfait dans cette incarnation du maître dont la folie douce et l'immaturité n'étonnent plus personne. On lui pardonne toutes ses extravagances tant il est solaire et inspirant. L'ego trip continue en saison 3 où le prodige est visité par les fantômes de plus grands génies que lui.

À travers lui, la série nous exhorte à lâcher prise. Après le concert improvisé dans un terrain désaffecté, le voici qui apporte la musique à des prisonniers de Rikers Island. Un moment de grâce suspendu dans un "bottle episode" filmé à la manière d'un faux docu. On le retrouve aussi à Venise, où il a pour mission de diriger La Fiamma, une cantatrice de légende qui n'a pas chanté depuis quelques années. Il sera son mentor, son maître, son amant bien sûr, mais sa proie aussi. Le temps de leur courte mais intense relation, c'est toute la palette de couleurs de la dramaturgie classique qui défile : la comedia del arte, la tragédie grecque, le vaudeville...

Rodrigo et les femmes

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© Amazon/OCS City

À son grand regret, Rodrigo ne peut pas maîtriser les sentiments qu'il suscite chez les femmes comme il conduit son orchestre. Le maestro a toujours l'outrecuidance de croire qu'il les libère, qu'il les aide à se révéler. En réalité, comme s'en rendra compte Hailey à la fin de la saison, elles sont sans doute bien mieux à distance de son orbite. Rodrigo est un agent agitateur : il crée le tumulte sur son passage mais ses bénéfices ne sont perceptibles que lorsque l'on arrive enfin à s'en passer.

Mozart in the Jungle a cette particularité de prendre des figures stéréotypées (le génie, la diva, la fille ordinaire...) et, avec toute l'excentricité qu'on lui connaît, d'en faire des créatures mythologiques. Elle flirte par moments avec le grotesque pour le transformer en grands moments de dramaturgie. La diva capricieuse, incarnée avec force et fragilité par Monica Bellucci, devient la muse d'une tragédie. Cliché de la femme italienne, incandescente en amour, généreuse en cuisine, elle a souvent une arme à la main, signe de sa passion dévorante et destructrice. Elle est la femme fatale. Un paradoxe, puisque lorsqu'elle consomme cet amour, elle perd sa voix (et donc sa raison d'être). Pour elle, l'orgasme est vraiment "une petite mort".

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© Amazon/OCS City

Et puis il y a la "girl next door" qu'est Hailey (Lola Kirke), l'héroïne d'une aventure initiatique amoureuse et spirituelle. Toujours hautboïste, elle rêve désormais de conduire son propre orchestre. Elle se fait appeler maestra, mais le titre plus qu'honorifique à ce stade masque un manque d'expérience et d'autorité qui la fera douter de ses capacités.

L'un des rares reproches que l'on puisse faire à cette saison 3, c'est la transformation radicale de la jeune femme depuis les débuts de la série. Et sa seule relation avec Rodrigo ne saurait expliquer ce changement. On a, devant nous, plus du tout le même personnage, quand les autres ont plutôt bénéficié d'une évolution fluide. À la fin, comme dans une comédie romantique qui cocherait toutes les cases du cahier des charges, elle couche avec le maestro. Mais les deux semblent pourtant déjà regretter cette relation atrocement conventionnelle. L'ennui étant le pire ennemi de l'art, la suite promet sûrement de grands éclats de voix. Après tout, Mozart in the Jungle n'aime pas les silences.

La saison 3 de Mozart in the Jungle, initialement proposée par Amazon, est disponible en France sur OCS City.