Nox, un thriller efficace et captivant dans les catacombes parisiennes

Polar sombre et sinueux, la dernière production de Canal+ envoie Nathalie Baye explorer les sous-sols de la capitale pour retrouver la trace de Maïwenn.

© Canal+

Historiquement, la fiction française a pris la fâcheuse habitude de se montrer frileuse, se cantonnant aux mêmes formules ressassées pour chaque nouvelle série proposée. Mais, ces dernières années, on prend plaisir à remarquer des prises de risque çà et là, rendues possibles notamment grâce à l’influence des Américains comme des Scandinaves. C’est dans cette lignée que s’inscrit Nox, mini-série à suspense de Canal+ et thriller opaque qui mérite votre attention.

Alors qu’elle était en planque avec son collègue Raphaël dans les égouts parisiens, Julie Suzini, une flic bornée et intrépide, se sépare de lui pendant quelques minutes. Des minutes qui se transforment en heures, puis en jours, tandis qu’elle s’est évaporée sans laisser de traces. Très vite, des éléments suspicieux poussent les gens à croire que Julie a fui le pays.

Sa mère, Catherine, une ancienne de la police, n’y croit pas et se lance dans une quête effrénée pour lever le voile sur ce qu’il est arrivé à sa fille disparue. C’est ainsi que, épaulée par l’ex-partenaire de Julie, elle va se retrouver à sillonner les catacombes de Paris, découvrant ainsi une facette bien plus noire et glauque de la ville lumière qu’elle semblait si bien connaître.

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Alors oui, une énième affaire de disparition. Comme si la télévision avait encore besoin de ça en 2018, pas vrai ? Pourtant, sans que l’on puisse vraiment se l’expliquer, Nox se distingue des autres séries du même acabit, essentiellement grâce à un fil rouge maîtrisé. Pour n’avoir visionné que les deux premiers épisodes, diffusés dès ce lundi 12 mars, il faut avouer que le scénario tient la route et réussit à instiller suffisamment de mystère pour captiver.

En nous entraînant dans une virée infernale et étouffante à travers les sous-sols parisiens, Nox marque de gros points, prouvant qu’elle sait faire usage du patrimoine français pour en faire une partie intégrante de son storytelling. Cette descente aux enfers est impeccablement menée par une Nathalie Baye à la hauteur de son personnage, une héroïne parfois rustre, souvent antipathique, mais toujours rudement attachante. En somme, un rôle qu’on a trop souvent eu l’habitude de voir accordé à des hommes, et le changement est ici appréciable.

Mais Nox joue subtilement sur deux tableaux : en plus d’être un slow burner ingénieux et atmosphérique, la dernière série de Canal+ est un drame relationnel, centré autour du lien complexe et tendu entre une mère et sa fille (ici incarnée par Maïwenn, très juste). Dans les catacombes étourdissantes de Nox, les zones d’ombre sont plurielles et on crève d’envie de les éclaircir, de savoir ce qui se trame dans ces souterrains où toute la misère du monde semble se concentrer. Le suspense est là, il n’y a plus qu’à espérer que les téléspectateurs le seront aussi.