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Orange Is The New Black S4

Orange Is the New Black : une saison 4 en forme de retour aux sources

Orange Is the New Black, valeur sûre de Netflix, revient ce vendredi 14 juin dans une saison 4 plus sombre, où nos détenues préférées ont à faire à une sérieuse surpopulation carcérale. [Attention, cette critique dévoile quelques éléments de l'intrigue de cette saison.]

On avait quitté Piper, Crazy Eyes et les autres en pleine évasion de Litchfield. Découvrant un trou dans les grillages de la prison, les filles couraient comme une seule femme vers un lac attenant, savourant pendant quelques instants un mirage de liberté.

La saison 4 reprend au même moment, et contrairement à ce que l'on aurait pu croire, nos héroïnes ne seront pas sévèrement réprimandées. Tout d'abord parce que cela aurait obligé Caputo et MCC, la compagnie privée qui gère désormais Litchfield, à admettre leur incompétence. Mais aussi car les gestionnaires débordés accueillent le même jour pas moins de 100 nouvelles détenues.

La science du rire

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© JoJo/Whilden/Netflix

Cette arrivée de sang frais permet à la showrunneuse Jenji Kohan de créer de nouvelles tensions dramatiques tout en n'oubliant pas de faire avancer nos personnages favoris. Certaines scènes avec les "newbies", que les anciennes tentent d'intimider d'une manière ou d'une autre, font écho à celles de la première saison. On mesure le chemin parcouru par Piper, passé de petit oiseau terrifié à chef d'entreprise illégale et plutôt sûre d'elle.

Son trafic de culottes sales était sans doute la meilleure trouvaille comique de la saison 3. Kohan conserve les moments de pure comédie qui font tout le charme du show. Ils sont bien souvent assurés par l'excellente Danielle Brooks, aka Taystee, qui se dégote un nouveau job en or, celui d'assistante de Caputo.

Cette saison ne manque pas de punchlines pop (vous entendrez notamment parler d'El Chapo et de Game of Thrones) et de scènes aussi drôles que gênantes. On n'oubliera pas de sitôt la version trash de la scène d'orgasme dans la rom com culte Quand Harry rencontre Sally, rejouée ici entre Morello (Yael Stone, toujours géniale en anti-héroïne fleur bleue) et son nouveau mari.

L'arrivée de la star culinaire Judy King (une Martha Stewart fictive, incarnée par l'excellente Blair Brown) permet aussi de créer des scènes comiques, à l'effet garanti, avec les autres détenues, notamment avec sa plus grande fan, Poussey (Samira Wiley), mais pas seulement. Son pouvoir de fascination à l'extérieur comme à l'intérieur nous offre un petit aperçu des inégalités de traitement auxquelles sont confrontées les prisonnières. Dans un retournement de situation bien vu, c'est elle qui oblige un des gardiens à lui dispenser des services sexuels. Tout est question de pouvoir et de connexion.

QHS

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© JoJo/Whilden/Netflix

Tout n'est pas rose à Litchfield, on l'avait un peu oublié après une saison 3 où les curseurs comiques ont été poussés à fond, sans réel enjeu dramatique. Jenji Kohan a visiblement eu envie de remettre les mains dans le cambouis, et de disséquer davantage les dysfonctionnements du système pénitentiaire américain. Pour cela, il était temps de remettre ses héroïnes à l'épreuve.

Ainsi, plusieurs storylines des saisons précédentes refont surface. La série explore les conséquences du viol subi par Pennsatucky. Dans une scène dure et nécessaire, elle s'explique avec son agresseur, un gardien qui n'avait même pas conscience de son crime.

Ces nouveaux épisodes pointent du doigt le problème de la surpopulation carcérale et ses conséquences : nerfs à vif, rivalités exacerbées, manque de travail et d'objectifs pour tout le monde, trafics et suffocation à tous les étages. Les conditions de vie des détenues se retrouvent vraiment au cœur des intrigues. Avec cette idée paradoxale que la justice, qui a été rendue, n'existe plus une fois franchie l'enceinte de la prison.

Cette saison 4 s'ouvre également sur le quartier de haute sécurité de la prison, plus ou moins décrit comme un enfer dans lequel il ne faut surtout pas tomber. Les conditions de détention y sont bien plus dures que dans l'aile en sécurité minimum. C'est là qu'on retrouve Sophia Burset (Laverne Cox), isolée pour "sa propre sécurité" après avoir été attaquée dans son salon de coiffure en fin de saison 3. D'autres revenantes nous font traverser cet univers carrément irrespirable où règnent intimidation et corruption.

Le manque d'air est finalement le sentiment dominant – une volonté de Jenji Kohan – de cette première partie de la saison 4 que nous avons pu visionner. Le délicat équilibre entre comédie et drame y est particulièrement bien maîtrisé. Plus que jamais, Orange Is the New Black vous fera passer du rire aux larmes.