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Il faut qu’on parle de cette scène de FPS hallucinante dans Preacher

Parce que ça défonce autant qu’un dragon.

Quand tu passes en mode zombie. (©️ AMC)

La saison sérielle estivale nous a livré cette année une poignée de thrillers comme The Sinner et Mr. Mercedes, de jolies surprises comme The Bold Type. Vient ensuite l’incontournable Game of Thrones, qui pulvérise des records à chaque nouvel épisode. Enfin, il y a Preacher. La série de Seth Rogen, Evan Goldberg et Sam Catlin mérite d’être traitée hors du marasme sériel ambiant tant elle s’est améliorée en une saison. C’est même très certainement l’un des plus gros kifs de cet été.

Si Preacher prend son temps depuis quelques épisodes pour approfondir les relations entre les membres de la famille dysfonctionnelle que forment Jesse, Tulip et Cassidy ou en revenant sur les origines du vampire irlandais, l’épisode "Puzzle Piece" a servi d’électrochoc. En cause, une scène hallucinante tournée dans le noir en vue à la première personne, qui prouve encore une fois l’incroyable inventivité de sa mise en scène. 

Les réalisateurs de Preacher semblent bénéficier d'une liberté totale pour proposer des scènes cultes où ils trimballent leur caméra de toutes les manières imaginables. On pense au combat en plan-séquence de Jesse contre les Hommes en blanc quatre épisodes auparavant, à cette caméra qui passe par des trous de souris façon David Fincher ou encore à l’utilisation des slow motions, intelligemment exploités pour témoigner du grotesque d’une séquence comme c’était le cas dans le season premiere avec l’attaque du Saint des tueurs.

Un véritable FPS horrifique

Paranormal Cassivity. (©️ AMC)

Dans "Puzzle Piece", le trio de scénaristes s’est de nouveau retroussé les manches pour faire preuve d’originalité. Il a pu compter cette fois sur Michael Dowse, réalisateur de l’épisode, qui a pourtant à son actif des comédies romantiques anecdotiques telles Et (beaucoup) plus si affinités. Mais dans le cas de Preacher, l'équipe a eu la brillante idée de flanquer une caméra d'amateur sur la tête d’un acteur et de chorégraphier une scène d’action, qui donne d’ailleurs la fausse impression d’être tournée en plan-séquence. Il faut dire que le montage est nerveux, ultrarythmé et profondément immersif.

Michael Dowse joue également avec les codes des films de genre et en particulier du found footage, ce procédé vériste démocratisé par le cinéma d’horreur ces dernières années avec Le Projet Blair Witch puis la franchise Paranormal Activity. Tout d'abord parce que la scène de Preacher est entièrement tournée dans le noir, ce qui rajoute du cachet à la séquence, et ensuite parce que des éléments hors champ viennent subitement se jeter sur la caméra pour surprendre le spectateur façon "jump scare". Et quand le réalisateur exploite cette mise en scène avec le vampire Cassidy, sonorisée de grognements et de claquements de dents, c’est d’autant plus kiffant.

Bien entendu, l’aspect "POV" de la mise en scène évoque irrémédiablement le monde du jeu vidéo. On pense notamment aux FPS type Call of Duty lorsque le personnage portant la caméra brandit son arme devant lui. Le côté cinématique de jeu vidéo est encore renforcé quand on voit le combat final entre le sbire d’Herr Starr et Jesse, qui se conclut sur une transition super fluide pour revenir à une caméra au poing. Difficile ne pas tarir d’éloges devant cette scène d’action aussi drôle que violente, aussi sombre qu’immersive et qui s’inscrit à merveille dans l’univers complètement barré et décomplexé de Preacher.

En France, la série est diffusée sur le bouquet OCS.