Quatre autres femmes accusent Robert Knepper de violences sexuelles

De nouveaux témoignages viennent incriminer l’acteur de Prison Break et iZombie.

© Fox

Le 5 octobre 2017, le mégaproducteur américain Harvey Weinstein s’est vu accuser par un nombre ahurissant de femmes, essentiellement issues du milieu du spectacle, de violences sexuelles. Depuis, voyant que même les plus puissants ne sont pas aussi intouchables qu’ils ne le paraissent, les langues se sont déliées à Hollywood et des voix s’élèvent pour dénoncer ce genre de comportements et mettre en cause les agresseurs présumés. Plus tôt en novembre, c’était au tour de Robert Knepper, bien connu des sériephiles pour son rôle de T-Bag dans Prison Break, d’être visé par une accusation d’agression sexuelle.

Dans son témoignage glaçant, la costumière Susan Bertram racontait comment l’acteur se serait jeté sur elle et lui aurait violemment agrippé l’entrejambe, avant qu’elle ne parvienne à s’enfuir. Dans la foulée, Knepper s’était exprimé, réfutant la véracité des propos à son encontre. Pourtant, ce 5 décembre 2017, non pas une, mais quatre autres femmes viennent l’accuser de comportements similaires. Les victimes présumées se sont toutes confiées de leur propre chef au Hollywood Reporter, qui a rapporté en détail les témoignages de chacune d’elles.

En 1983, Robin Saex Garbose était en charge des auditions pour la pièce de théâtre June Moon et distribuait des documents aux jeunes comédiens venus se présenter. Parmi ces derniers se trouvait Robert Knepper, alors tout juste âgé de 24 ans. Une fois son job effectué, Robin se serait retirée dans une pièce pour remplir de la paperasse. "Il est venu dans le bureau, m’a poussée contre le mur et a commencé à m’embrasser", affirme-t-elle. Les choses ne seraient pas allées plus loin, et la jeune femme n’en aurait parlé à personne. "Il s’est très mal comporté, mais qui aurait pensé à la notion de harcèlement sexuel ?, raconte Robin. Ça n’existait pas avant Anita Hill".

Le second témoignage remonte à 1989. La victime présumée, qui a tenu à garder l’anonymat du fait de la notoriété de son mari actuel, s’occupait d’une pièce de théâtre appelée Nebraska. Son job incluait d’aider les comédiens à s’installer. Elle aurait ainsi été amenée à retrouver Robert Knepper devant un immeuble avant de le conduire jusqu’à son logement de fonction. Une fois dans la chambre, l’acteur l’aurait poussée violemment contre la penderie tout en l’embrassant et touchant ses parties intimes. "J’étais vraiment écrasée contre le mur, déclare-t-elle. Sa langue était enfoncée dans ma gorge. Je ne savais pas quoi faire. C’était juste si surprenant. C’était choquant, vraiment. Je venais de rencontrer cette personne juste cinq minutes plus tôt".

© The CW

L’histoire suivante est celle d’Emma Julia Jacobs. À l’été 2010, cette dernière bossait en tant que costumière sur une production à Vancouver et logeait dans un hôtel du centre-ville. Rentrant tard, les bras chargés de sacs de course, elle aurait pris l’ascenseur, dans lequel se serait également trouvé Robert Knepper. Selon ses propos, celui-ci aurait engagé la conversation, lui faisant d’ailleurs remarquer qu’il l’aurait déjà repérée à la salle de sport et précisant qu’il aurait toujours été derrière elle, ce qui l’aurait mise mal à l’aise. Emma étant arrivée à son étage, il aurait fait du forcing pour être invité à rentrer dans sa chambre d’hôtel. Knepper l’aurait alors invitée à dîner à maintes reprises, jusqu’à ce qu’elle cède finalement suite à son insistance.

Leur rendez-vous se serait déroulé de façon très simple, même si l’acteur aurait posé beaucoup de questions personnelles. De retour à l’hôtel, Emma aurait tenté de le congédier, prétextant être épuisée. À peine entrée dans sa chambre, Knepper se serait jeté sur elle. Celle-ci aurait alors essayé de s’échapper, en vain. Son assaillant aurait déchiré son pantalon au niveau de l’entrejambe, faisant éclater sa fermeture éclair. La jeune femme aurait donc tenté de garder l’accès à son intimité fermé tout en se débattant.

Elle se serait alors mise en boule pour empêcher son assaillant de la pénétrer. Voyant qu’il ne parviendrait pas à ses fins, il aurait contraint sa victime à lui faire une fellation. Pendant tout ce temps, elle se serait concentrée sur le fait de garder ses jambes fermées. L’acteur se serait ensuite masturbé sur elle. Une fois terminé, il l’aurait complimentée sur ses prouesses, attestant qu’elle lui aurait fait du bien, et lui aurait lâché une phrase des plus déstabilisantes : "Soit t’es une perverse, soit il y a vraiment quelque chose qui cloche chez moi."

Enfin, c’est la réalisatrice et scénariste Christy Oldham qui partage son histoire. En 2013, suite à la projection d’un film dans lequel apparaissait le comédien, Christy se serait fait aborder par ce dernier, qui en aurait profité pour l’inviter à dîner. Durant le repas, Knepper aurait insisté sur son envie de créer un court-métrage dans lequel ils pourraient jouer tous les deux. Il aurait ensuite pris la main de son interlocutrice pour la placer directement sur son entrejambe, lui faisant sentir son sexe en érection. Elle ne se serait pas laissée faire, rétorquant que la sienne était plus grosse. Malheureusement, cela n’aurait pas mis un frein aux avances de l’acteur.

Après le repas, ils se seraient rendus à l’extérieur où le comédien se serait mis à rejouer une scène d’une de ses productions. Il l’aurait ensuite poussée contre un mur et aurait prononcé la phrase suivante : "Je te baiserais là tout de suite si seulement je n’étais pas marié". Elle aurait néanmoins réussi à le repousser avant de le laisser en plan. Selon The Hollywood Reporter, Christy Oldham est la victime présumée la plus détachée parmi les quatre femmes, assurant être habituée à ce genre de comportements abusifs. "Je pense que toutes les femmes traversent ça, mon histoire n’a absolument rien de spécial, raconte-t-elle. Si vous avez un pouls et un vagin, vous allez subir de genre de comportement de la part de personnes avec un pénis."

Au total, après ce nouvel article accablant, Robert Knepper fait l’objet de cinq accusations. L’acteur, prochainement à l’affiche de la saison 4 de iZombie sur la CW, s’était exprimé dans un communiqué pour clamer son innocence :

"Nous sommes arrivés à un point où des carrières durement méritées sont ruinées en se basant sur des accusations. Je dois réitérer le fait que ces accusations contre moi sont fausses. Nous avons perdu la présomption d’innocence, nous avons perdu la procédure officielle et nous avons perdu notre capacité à passer en revue les preuves, autorisant les médias à devenir à la fois juge et partie.

Jusqu’à ce que je puisse m’asseoir et discuter avec les femmes qui m’accusent, une discussion gérée par un médiateur impartial et pas par la presse, je n’ai rien de plus à dire à ce propos. Ma femme, ma famille et mes amis proches connaissent ma véritable nature et je suis reconnaissant de leur amour et leur soutien."

À l’heure actuelle, aucune poursuite judiciaire n’a été lancée à l’encontre de Robert Knepper.