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La saison 2 de Preacher démarre sur les chapeaux de roues

Le road trip de Jesse, Tulip et Cassidy pour trouver Dieu s’annonce sanglant, hilarant et terriblement jouissif. 

Il est conseillé d’avoir vu le season premiere de la saison 2 de Preacher avant de lire cette critique.

Que ce fut compliqué pour Seth Rogen, Evan Goldberg et Sam Catlin, les créateurs de Preacher, d’adapter le comics de Garth Ennis et Steve Dillon. Les trois scénaristes s’en sont sortis avec les honneurs en choisissant d’introduire cet univers trash et déjanté à l’aide d’une saison sous forme de prequel à l’histoire originale. Si on ne comprenait pas vraiment où ils voulaient en venir pendant la première moitié du chapitre initial, Jesse, Tulip et Cassidy font désormais route à travers les États-Unis pour retrouver Dieu et obtenir des réponses concernant Genesis.

Le season finale explosif de l’année dernière a tout bonnement supprimé 98 % des personnages de la série. Nos trois héros sont désormais esseulés et pourchassés par le Saint des tueurs, un cow-boy de l’enfer dont la seule raison d’être est d’éliminer le pasteur d’Annville. Dans cette course contre la mort, Jesse, Tulip et Cassidy vont rencontrer des personnages hauts en couleur et se frotter à de nouveaux adversaires plus glaçants que l’odieux Odin Quincannon. Cher(e)s fans de Preacher, n’ayez crainte, le premier épisode de cette nouvelle saison n’augure que de bonnes choses, dont des vannes décapantes et des scènes d’action survoltées.

La buddy série qu’on attendait

preacher

©️ AMC

Dès les premières minutes de "On the Road", on comprend que Preacher est enfin devenue la série qu’on attendait. Cassidy balance des inepties tordantes à propos de prépuces présents dans de la crème pour visage, Tulip tire la gueule et Jesse utilise son pouvoir pour faire tourner en bourrique des policiers. S’ensuit une scène de fusillade complètement dingue, qui vous procurera autant un fou rire que l’envie de vomir. Les membres volent, le sang gicle sur la carrosserie et les boyaux jonchent le sol alors que le Saint des tueurs tire à tout-va avec ses deux colts… avec 3 kilomètres de recul !

Au même moment, Cassidy, qui, rappelons-le, est un vampire et craint le soleil, fait tout et n’importe quoi pour se mettre à l’abri. Cette scène, aussi hilarante que haletante, est un pur concentré du meilleur que peut nous offrir Preacher : une messe joyeuse et bordélique mais intelligemment mise en scène et surtout contrôlée au niveau de l’écriture. Si les trois personnages respectent des archétypes bien définis, parfois clichés, le trio détonne comme jamais et leur symbiose est palpable.

En fin de compte, on oublie rapidement les petits défauts d’écriture (déjà présents en première saison) pour se laisser embarquer dans leur road trip. L’action s’enchaîne à une vitesse folle, pour mieux explorer le passé de Jesse au cours des temps morts. C’est l’occasion de laisser s’exprimer Dominic Cooper qui, malgré son rôle principal, se faisait souvent voler l’affiche par l’excentricité de Joseph Gilgun et la badasserie de Ruth Negga. S’il ne transcende pas, ce pasteur et fumeur invétéré au sombre passé devient intrigant, voire carrément touchant lorsqu’il confie ses états d’âme à Cassidy.

sainttueurs

©️ AMC

Bien entendu, les créateurs du show ne manquent pas de mettre en scène quelques séquences pulp et torrides entre Jesse et Tulip. Mais même dans ces moments-là, ils nous gâtent d’une musique rock’n’roll délectable et d’une scène surréaliste où la tueuse à gages demande au prêtre de retourner un hôtel avant de prendre du bon temps. En réalité, Preacher n’a jamais été aussi désopilante, gore et divertissante. Et si la saison 2 continue de suivre cette cadence effrénée, on tient probablement le hit sériel de l’été.

Derrière cette messe noire faite de tripes, de vannes potaches et de rednecks énervés, on aperçoit même un début de réflexion sur les notions d’endoctrinement et d’autorité. Pour la première fois, Jesse utilise son pouvoir divin non pas pour faire le bien, mais seulement pour le plaisir de voir un flic s’asperger les testicules de gaz lacrymogène et faire la grimace. Une attitude troublant profondément Tulip, qui dénonce "une invasion mentale" de l’esprit. Ou comment critiquer subtilement le bourrage de crâne opéré par les hautes instances de notre société actuelle.

Seth Rogen, Evan Goldberg et Sam Catlin se permettent même de clore cet épisode inaugural sur un cliffhanger que The Walking Dead n’aurait pas renié. Avec la solidification de ce trio d’anthologie, la mise en place d’un portrait décalé de l’Amérique profonde et l’emploi de l’humour noir à tire-larigot, Preacher se présente désormais comme une buddy série sauvage et barrée et l’une des œuvres immanquables de cette période estivale. Alors profitons-en à fond avant qu’un autre trio composé de créatures cracheuses de feu ne vienne leur voler la vedette en juillet.

En France, la saison 2 de Preacher est diffusée sur OCS Choc en US+24.