Pour sa saison 4, iZombie se réinvente tout en gardant le cap

Pour une série sur des morts-vivants, iZombie conserve toujours autant son caractère réconfortant. Attention spoilers sur l’épisode 1 de la saison 4 !

© The CW

Les zombies sont sortis du placard depuis que le secret de leur existence a été éventé, et, en fin de saison 3, un sacré paquet d’humains se faisait contaminer par de faux vaccins. On pourrait s’attendre au chaos le plus total. Après tout, c’est ce que toutes les autres œuvres de fiction sur les zombies nous ont appris : l’apocalypse est proche. Mais pas iZombie. La série rebat les cartes, propose un nouvel ordre mondial, sans pour autant perturber son train-train rassurant ou perdre l’humour et la légèreté qui ont fait son succès.

Un nouvel ordre mondial

Les enjeux sont plus grands, la ville de Seattle est divisée en deux, mais rien ou presque ne perturbe nos héros. Résultat, ce season premiere donne le ton : iZombie chamboule tout, sans pour autant sacrifier son identité au passage. Liv (Rose McIver) et Clive (Malcolm Goodwin) reprennent donc les enquêtes, composant avec ce nouvel état de fait : les zombies peuvent désormais être des suspects ou des victimes comme les autres.

Par ce biais, on entraperçoit quelques-unes des conséquences de la construction du mur. Ici, on découvre que la victime, un méga fan de l’équipe des Seahawks de Seattle, a perdu son job avec la quarantaine, l’obligeant à accepter un boulot qu’il détestait (emballer de la bouillie de cervelle pour Fillmore Graves), au service de gens qu’il détestait tout autant (les zombies désormais approvisionnés en gelée pour leur éviter de tuer).

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L’érection d’un mur n’est plus un symbole à prendre à la légère depuis l’élection de Trump et ses promesses de campagne, mais l’on comprend aussi, avec ce fan de football, que sa haine viscérale des zombies est née de la certitude qu’ils ne sont pas comme lui, qu’ils sont là pour les envahir, et qu’il a perdu son travail par leur faute. Le parallèle avec les électeurs de Trump, persuadés que les Mexicains viennent voler leurs emplois et dont la bigoterie fermement enracinée les pousse à rejeter tout ce qui n’est pas comme eux (soit blancs pour la plupart, chrétiens et hétérosexuels), est vite fait.

Le nouveau régime en place est tenu d’une main de fer par Fillmore-Graves qui, comme dans n’importe quel État totalitaire, est à la fois le poison et l’antidote. Ils sont chargés de maintenir l’ordre après un chaos qu’ils ont contribué à provoquer, avec un petit coup de pouce de Vaughn Du Clark, le PDG de Max Rager – oh trois fois rien, il a juste créé le virus par pure cupidité et soif de pouvoir. Ils ne font pas de quartier, et se montrent d’une extrême sévérité envers les zombies qui s’en prendraient aux humains. Une guillotine avec une enclume en lieu et place de la lame est présentée à la vue de tous pour faire un exemple. Ça ne rigole pas chez Fillmore Graves, à l’instar de son PDG impassible, Chase Graves (Jason Dohring).

Libérée, délivrée ?

L’autre grand changement de ce début de saison 4, c’est que les zombies peuvent donc vivre au grand jour, sans se cacher (bien que certain·e·s continuent de donner le change en se teignant les cheveux et en mettant du fond de teint, ou une certaine idée de l’intégration). Par le passé, Liv a parfois craint que son secret ne soit révélé. C’était même un des gros enjeux de la saison 1. Mais depuis, ses proches ont découvert sa "condition", les uns après les autres, et les conséquences n’ont été que de courte durée. Le basculement instauré par la révélation zombie n’aura donc que peu d’effets sur le quotidien de Liv et de son entourage.

Major (Robert Buckley), qui bosse toujours pour Fillmore-Graves, revient lui aussi à ses premières amours : aider les jeunes (mort-vivants cette fois) qui se retrouvent à la rue parce que leurs parents les ont foutus dehors. Bref, la société est toujours aussi pourrie pour les plus vulnérables et les minorités. Les plus chanceux ou les moins scrupuleux, eux, prospèrent.

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C’est le cas de Blaine, toujours guidé par son instinct de survie, et qui survivrait à plus ou moins n’importe quoi. Et s’il peut se faire un peu de pognon au passage, c’est tout bénef. La saison dernière, son ascension avait été sérieusement entravée par son père (le très problématique Robert Knepper, accusé de violences sexuelles par quatre femmes, vient gâcher le plaisir). Ce dernier, dont le nouveau rôle de "prophète" est un peu spoilé dès le générique, promet d’ores et déjà un arc assez intense.

Ravi (Rahul Kohli) aussi a droit à sa carte "du changement, oui, mais pas trop !". Il est maintenant un zombie, mais le traitement sur lequel il travaille fait que sa "faim" ne se manifeste que durant quelques jours par mois. Ce qui offre à Liv l’occasion de blaguer : "Huh, I see it’s your time of the month !". On ne boude pas notre plaisir face à cette analogie entre les règles et la condition de Ravi. Et puis, l’idée que le désopilant et attachant médecin légiste se mette à traverser les mêmes tourments que Liv fonctionne déjà. Le Ravi nudiste était une belle trouvaille.

Pour ce début de saison 4, iZombie continue de jongler habilement entre deux genres qu’elle maîtrise : l’enquête de la semaine, qui réserve chaque fois des surprises et de belles notes d’humour à chaque nouvelle personnalité de Liv, et le fil rouge qui lui permet de se réinventer sans jamais chavirer. Un mélange toujours réjouissant et une saison 4 qui s’annonce aussi appétissante que les précédentes.

En France, iZombie est diffusée sur France 4, et les deux premières saisons sont disponibles sur Netflix.