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En saison 2, Scream Queens devient un joyeux bordel complètement dispensable

Si les Chanel ont délaissé leur sororité pour les couloirs d'un hôpital miraculeux, elles en ont aussi profité pour abandonner toute cohérence.

© Fox

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21 décembre 2016. Heure du décès : à l'instant. Cause ? Binge-watching intensif de la seconde saison de Scream Queens. Après seulement dix épisodes (thank God), le calvaire prend fin. Dix épisodes où les meurtres s'enchaînent presque autant que les questions existentielles qui nous ont traversé l'esprit : que sommes-nous en train de regarder ? Cette série a-t-elle autant de sens que la carrière musicale de Cindy Sander ? Et, encore et surtout, va-t-on pouvoir récupérer ces heures de visionnage perdues ? Fort à parier que non, malheureusement.

Pour remettre les choses dans leur contexte, il est nécessaire de préciser que la saison inaugurale de Scream Queens était convenable. Géniale par moments, relativement médiocre par d'autres, mais néanmoins convenable dans son ensemble. Les Chanel et leur entourage déglingué collectionnaient les références pop culture et les piques bien senties. Des rires nerveux et du fun sans concession : voilà ce qui nous était promis à chaque épisode inédit. Pour sa nouvelle année, la série faussement anthologique de Ryan Murphy nous aura bien calmés.

Exit le Red Devil qui terrorisait le campus de la Wallace University, le Green Meanie et son costume (qu'on jurerait acheté à la Foir'fouille) sont à l'honneur pour cette saison 2. Si l'identité du premier grand méchant nous a été dévoilée assez tard lors de la première saison, celle de son successeur tout vert a été dévoilée plusieurs épisodes avant le dénouement. Autant dire que le season finale venu, la tension était loin d'être à son comble. Mais c'est un détail, nous diraient les fans les plus aguerris de Scream Queens. On ne regarde pas la série pour son intrigue, mais pour ses personnages déjantés.

© Fox

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Pas faux. Seulement, développer des protagonistes fun et complètement barrés n'est pas obligatoirement dissociable d'une histoire aboutie et sensée. La frontière entre tonalité absurde et scénario ridicule est très mince. Scream Queens l'a franchie sans trop d'efforts. Le gros point noir de cette saison a été de reléguer sur le banc de touche les personnages les plus efficaces pour accorder davantage d'importance à ceux qui avaient moins d'intérêt, ainsi qu'en introduire de nouveaux à la pertinence discutable.

Prendre la décision de dégommer Chad Radwell et de faire disparaître Denise Hemphill pour la majeure partie de la saison, il fallait oser. Les deux étant des fan favorites, se débarrasser d'eux est un choix plus que douteux. Leur absence manque cruellement au show puisqu'ils délivraient les meilleurs répliques de la saison 1. À leur place, Ryan Murphy nous étouffe avec des "cas de la semaine" peu développés et une flopée de nouvelles Chanel dénuées d'intérêt.

Au rayon des rares points positifs, Emma Roberts et Jamie Lee Curtis s'en tirent avec les honneurs dans leurs interprétations respectives de la queen Chanel Oberlin et Dean Munsch. Grâce à des scènes décapantes (le traditionnel Chanel-o-ween ci-dessus) et des répliques qui font mouche ("I feel like I have been given the greatest second chance since they cast Mickey Rourke in The Wrestler"), les deux parviennent à éclipser beaucoup trop facilement les nouveaux venus, notamment John Stamos et Taylor Lautner.

Oui, le fameux Jacob dans la saga vampirique Twilight. Et croyez-le ou non, ce n'est peut-être pas lui qui remporte la palme du pire acteur dans Scream Queens. Pour ça, il vaut mieux se tourner vers l'interprète d'Hester, plus irritante que la saison précédente. Le tout-puissant Ryan Murphy (American Horror Story, American Crime Story) semble avoir la fâcheuse manie de caster les mêmes visages dans plusieurs de ses productions. Or, dans le cas présent, il aurait mieux fait de laisser son obsession pour Lea Michele aux vestiaires.

Au bout du compte, Scream Queens déçoit et horripile plus qu'elle ne fait rire, la faute à des intrigues poussées et à un casting secondaire trop large et inutile. Le côté slasher parodique qui nous avait tant séduits est laissé aux oubliettes pour nous offrir à sa place une pâle copie de la saison 1. Comme ce fut le cas avec ses autres œuvres sérielles (Glee et la méconnue Popular), Ryan Murphy prouve qu'il n'est pas le plus doué pour maintenir un niveau de qualité sur la durée. Too bad.