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Shameless, saison 8 : l’heure de la rédemption a-t-elle enfin sonné pour les Gallagher ?

La fratrie de Shameless semble avoir grandi, mais pour combien de temps ?

© Showtime

Après un an passé loin de nos écrans, la famille la plus dysfonctionnelle (et, on ne va pas se mentir, la plus déglinguée) du monde des séries fait son retour. Oui, vous l’aurez pigé, on parle bien de Fiona, Lip, Ian et toute la smala des Gallagher, étrangement calmes dans un season premiere à la hauteur de nos espérances. Car s’il y a bien un plan sur lequel Shameless excelle immanquablement, c’est la qualité constante de son storytelling, même avec huit saisons au compteur.

Pour ce nouveau tour de piste, peu de temps semble s’être écoulé depuis le décès tragique de Monica, la matriarche indigne du clan. Sans surprise, Frank part dans un énième délire en voulant purifier son esprit après s’être initié au bouddhisme. Tandis que Fiona s’efforce de gérer le diner tout en retapant l’immeuble qu’elle a racheté, Lip continue sur la voie de la sobriété et bosse dans un garage automobile.

Ian, quant à lui, tente de recoller les morceaux avec Trevor après son escapade foireuse (mais passionnée) avec Mickey. De son côté, Debbie s’investit au max pour bien s’occuper de Franny. Carl est toujours autant à fond dans son trip militaire et, enfin, Liam grandit et est confronté au racisme dans sa nouvelle école de bourges. N’oublions pas Kev et Veronica qui sont forcément remontés contre Svetlana et se montrent déterminés à la faire payer.

© Showtime

En définitive, du grand Shameless, avec un nombre incalculable d’intrigues périphériques qui s’entrecroisent encore et encore. Pour notre plus grand plaisir, et c’est aussi ça qui contribue à la pertinence du show, certaines de ces histoires abordent des thématiques sociétales intéressantes et contemporaines. On pense tout de go à la vengeance de Veronica qui balance Svetlana aux services d’immigration afin qu’elle soit renvoyée dans son pays d’origine. Un acte dépeint avec légèreté dans la série, qui montre que cette dernière vit avec son temps, pour le meilleur ou pour le pire.

Plus exactement, cette intrigue secondaire n’est que le reflet de l’Amérique de Trump où la chasse aux sans-papiers est reine, et n’aurait sans doute pas vu le jour autrement. Dans cette même perspective, Kevin s’embarque dans une storyline peu réjouissante alors qu’une tumeur au sein le menace. D’une part, c’est un pari risqué mais appréciable d’accorder une histoire d’une telle envergure émotionnelle à un personnage habituellement employé à des fins humoristiques. D’autre part, cela permettra à Shameless de critiquer la couverture sociale en vigueur aux States.

© Showtime

En prime, Shameless se frotte au racisme grâce au nouveau Liam, incarné pour cette salve d’épisodes par un jeune comédien un brin plus âgé. Le personnage fait son entrée dans une école pour gosses friqués et blancs, sans exception. Il doit très vite faire face à la fausse bienveillance et au pharisaïsme du corps enseignant, qui pavane Liam devant de potentiels donateurs pour montrer qu’ils font preuve de diversité. De la discrimination positive ? Presque, oui. Fidèle à elle-même, la série de Showtime montre qu’elle n’a pas froid aux yeux.

Dans l’ensemble, un vent de changement souffle sur la fratrie Gallagher. Frank s’engage à faire une tournée d’excuses à toutes les personnes à qui il a pu causer du tort, Lip utilise ses économies pour payer ses dettes, Fiona abandonne les rencontres Tinder sans lendemain et se reprend en main… Tous veulent se remettre sur le droit chemin. Le hic, c’est qu’on retrouve encore et toujours la formule cyclique de Shameless. Les choses vont bien puis finissent par s’écrouler, avant que tout ne rentre dans l’ordre et ainsi de suite.

Le coup de la rédemption, on nous l’a fait à maintes reprises. Pourtant, à chaque fois, on a envie d’y croire, parce que les Gallagher ont beau être criblés de défauts, on ne peut s’empêcher de les aimer inconditionnellement et de vouloir leur bonheur (sauf Frank, qui devrait mourir dans d’atroces souffrances). Fiona, Lip et tous les autres ont une fâcheuse tendance à s’auto-saboter dès qu’ils s’approchent un tout petit peu trop près de l’épanouissement personnel. Dis, Shameless, et si tu laissais enfin une chance aux Gallagher de se racheter une bonne fois pour toutes ?

La saison 8 de Shameless est diffusée depuis le 5 novembre sur Showtime aux Etats-Unis.