Skam Austin, le remake américain qui n’est pas (exactement) un copier-coller

Contrairement aux adaptations européennes, cette nouvelle déclinaison du Skam norvégien essaie de se distancier du contenu original, sans toujours y parvenir.

 

Si le phénomène Skam vous est passé sous le nez, c’est probablement que vous avez vécu dans une grotte ces deux dernières années. Ou, peut-être, que vous n’êtes pas de gros fans de Twitter, Tumblr ou encore Instagram. Depuis 2016, cette série scandinave s’est incrustée sur les réseaux sociaux, emportant dans son sillage les ados du monde entier. Avec ce genre de succès, un remake étranger n’est jamais très loin. Dans le cas de Skam, c’est une flopée d’adaptations qui ont bourgeonné, et toutes viennent de sortir ces derniers mois.

Dans la foulée de Skam France, des versions italienne (Skam Italia) et allemande (Druck) ont débarqué. Ces remakes sont essentiellement des fac-similés du hit norvégien, au détail près que les comédiens rentrent davantage dans les critères de beauté occidentaux. Au-delà de ça, les scènes paraissent copiées-collées et le développement des personnages est repris en tout point. En définitive, si vous avez maté l’original, vous avez vu tous ces remakes qui ne laissent que peu de place à l’innovation.

C’est alors que se pointe Skam Austin, énième déclinaison de la franchise, braquant cette fois-ci sa caméra sur la jeunesse de la métropole texane. À l’image de la première saison de Skam focalisée sur Eva, ce pendant états-unien nous entraîne dans la vie de Megan, une brune introvertie qui n’a pas énormément d’amis au début de la série. Ça vous dit quelque chose ? Oui, on ne va pas se leurrer, ce remake reprend la même trame que le show scandinave dont il s’inspire. Néanmoins, on décèle une volonté de proposer un semblant de nouveauté çà et là.

Tout d’abord, il est nécessaire de préciser que Skam Austin est la seule adaptation de Skam qui peut se targuer d’avoir Julie Andem, créatrice de la série originale, aux commandes. Scénariste, réalisatrice, productrice… elle est sur tous les fronts. C’est peut-être grâce à son bon vouloir (après tout, Skam est son bébé à elle) que l’adaptation américaine se permet quelques écarts. Un exemple ? Le personnage d’Isak, grand favori des fans, n’a pas d’équivalent exact et semble ici divisé en deux personnages différents, en l’occurrence Tyler et Shay.

De plus, les interactions ne sont pas reproduites à l’identique : Julie Andem s’accorde plus de liberté, modifiant d’ailleurs plusieurs situations afin de les adapter à la société américaine. Le traditionnel russefeiring, élément clé de Skam et de la culture nordique, est alors tout logiquement remplacé par une équipe de danse, qui servira ici de prétexte pour rallier les cinq filles et les pousser à devenir amies.

D’autre part, la différence, notable mais pas nécessairement flagrante, entre Skam et sa déclinaison made in USA reste la place accordée à la ville. Pour les zéros de la géo, Austin est la capitale de l’État du Texas, localisé dans la zone sud du pays. Le choix de cette ville proche de la frontière mexicaine comme arrière-plan n’est pas anodin, il permet d’évoquer le climat politique actuel à travers la mixité culturelle du casting et certaines répliques. Mieux encore, la ville en elle-même est davantage mise en exergue, avec une multiplicité de plans sur les rues et bâtiments, contribuant à établir une atmosphère particulière.

Malgré tout, Skam Austin reste une copie camouflée du Skam qu’on a pu adorer. Le visionnage des premiers épisodes de ce remake américain s’avère plaisant grâce à la réalisation toujours aussi intimiste et naturaliste de Julie Andem. Quant à ceux qui étaient mordus de la BO du hit scandinave, ils ne devraient pas être déçus par celle de Skam Austin, avec des morceaux de Rag’n’Bone Man ou encore Tove Lo utilisés en fond sonore. Ce n’est pas un raté, loin de là, mais cette nouvelle série pour ados souffre de la comparaison avec l’original, en dépit de ses quelques efforts pour se différencier. À suivre, mais pas forcément avec assiduité.

Skam Austin est diffusée chaque semaine sur Facebook Watch, plateforme de VOD qui n’est pas encore disponible en France.