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South Park joue les pacificateurs entre Donald Trump et la Corée du Nord dans "Put It Down"

"Put it down, Mr. President".

©️ Comedy Central

En manque d’inspiration tant la réalité rattrapait la fiction par moments, Trey Parker et Matt Stone avaient décidé de ne plus lyncher Trump dans leur bébé South Park. Dans cette 21e saison qui se focalise à nouveau sur des gamins faisant des conneries de leur âge, les deux créateurs de la série continuent pourtant de prendre la parole pour émettre des critiques à l’encontre du gouvernement américain. Après avoir troué le cul des suprémacistes blancs dans le season premiere, en réponse aux manifestations houleuses de Charlottesville, ils ont profité des récentes tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord pour alarmer le peuple sur l’inactivité de leur leader.

"Put It Down" était à la fois le titre et le message du deuxième épisode de ce nouveau chapitre. À travers l’anxiété du personnage de Tweek, Trey Parker et Matt Stone ont mis l’emphase sur la paranoïa des Américains, sur lesquels pèse mine de rien chaque jour la menace d’une bombe nucléaire nord-coréenne. Cette épée de Damoclès est aiguisée par les tweets acerbes de Donald Trump, qui se contente de provoquer Kim Jong-un sans véritablement prendre de décisions ou tenter d’apaiser les tensions. Car le véritable objet du mal dans l’épisode de South Park, c’est le téléphone portable et sa présence omnipotente dans nos vies.

Tweek vs. Tweet

©️ Comedy Central

Dans "Put It Down", le cellulaire apparaît comme le dénominateur commun des morts de l’épisode. L’humour satirique de la série est employé pour critiquer notre société qui passe la majeure partie de ses journées devant un écran, alimentant les théories et autres complots les plus farfelus jusqu’à créer une panique totale. Ce fut le cas pour des inepties telle que l’annonce de la fin du monde en 2012, qui eut parfois des conséquences tragiques. Si la menace nucléaire est réelle entre Trump et le leader nord-coréen, Trey Parker et Matt Stone s’interrogent sur les distractions du quotidien comme le téléphone portable, qui nous coupe de la réalité des faits.

Cette addiction nous entraîne dans un cercle vicieux d’anxiété, symbolisé par le personnage de Tweek, qui se croit attaqué de toute part et pris personnellement pour cible par les forces militaires de Kim Jong-un. Raillant en toile de fond les technologies abrutissantes de la Silicon Valley, érigée dans le discours du show comme une entité faite pour nous détourner des véritables problèmes de notre société, South Park appelle à la réaction des citoyens et à des tentatives d’apaisement représentées naïvement par les cupcakes de Tweek. Surtout lorsque les tweets agressifs du porte-parole du pays ne font rien pour apaiser les tensions.

Comme toujours, les adultes de la série animée ne servent qu’à envenimer la situation, mise en parallèle avec les conducteurs distraits par leur portable. Violente et sans concession, South Park nous rappelle, avec le sang des marmots écrasés par les voitures et son humour noir, que l’éducation joue un rôle capital dans l’évolution de l’enfant. Ainsi, c’est en lisant les tweets de Donald Trump que les parents mettent en danger la vie d’autrui sur la route, montrant le mauvais exemple à la nouvelle génération. Un prétexte dont se sert l’égocentrique Cartman pour faire, lui, son cinéma autour de son propre suicide.

Au fond, l’épisode témoigne du culte de la personnalité et de l’aura perverse, mais paradoxalement fascinante, que dégage le chef de la Maison-Blanche. La morale de Trey Parker et Matt Stone est simple, efficace et évite finalement de blâmer telle ou telle minorité : prenez du recul. Parodiant la performance du rappeur Logic lors des MTV Video Music Awards 2017, le duo fait chanter à son couple gay phare un message de paix qui se veut viral et qui, ironiquement, passera probablement par le "bouche-à-oreille" des téléphones portables. Mais tant que les internautes s’en serviront pour défendre la paix et stopper la stigmatisation d’un royaume ermite, ils auront une raison de rester bloqués devant leur écran H-24.