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Et si les échanges musclés entre Steve et Billy dans Stranger Things étaient crypto-gays ?

C’est en effet ce que certains fans ont cru percevoir, entre les lignes, lors de la saison 2, et leur interprétation est loin d’être sans fondement.

© Netflix

En deux saisons, Stranger Things a coché toutes les cases pour devenir un blockbuster. La nostalgie marche à plein régime, le suspense nous tient en haleine et cette bande de gamins aventuriers ne cesse de nous attendrir. Et surtout, surtout, pour être aimée de tous et toutes, la série se garde bien d’émettre la moindre observation politique ou sociale. Sauf qu’en ne voulant froisser personne, elle se réfugie (inconsciemment ou non) dans une norme. Et il s’avère que cette norme, c’est d’être blanc et hétérosexuel.

Mais en saison 2, il suffisait de savoir lire entre les lignes pour deviner une très (trop ?) légère prise de position sur ces deux sujets, avec plus ou moins de résultat. Le jeune Lucas, par exemple, n’était plus le seul personnage noir de la série puisque sa petite sœur, Erica, faisait une entrée fracassante dans nos cœurs. La question du racisme n’est toutefois pas abordée, mais seulement effleurée, notamment à travers le personnage de Billy que l’on soupçonne de s’en prendre à Lucas à cause de sa couleur de peau. L’acteur a toutefois démenti cette théorie.

Gayer Things

Mais ce qui nous occupe aujourd’hui, c’est plutôt le sous-texte crypto-gay de certaines scènes de cette saison 2. Comme quelques internautes l’ont remarqué, les scènes de confrontation entre Steve et Billy, le nouveau bad boy attitré qui fait tourner les têtes au lycée, sont teintées d’une certaine dose de tension sexuelle. Y aurait-il un homoérotisme caché dans Stranger Things ? La question est tout sauf incongrue si l’on se repasse les scènes qu’ils partagent et l’attitude tellement agressive de Billy que c’en devient suspect. Le jeune homme s’inscrit en effet dans un certain archétype, l’adonis, aussi séduisant pour les femmes hétérosexuelles que pour les hommes gays.

Alors qu’il se regarde amoureusement dans sa glace, Billy se coiffe, se laque, accessoirise sa tenue, s’envoie un clin d’œil… Une séquence qui rappelle celle de Saturday Night Fever durant laquelle John Travolta s’adonne au même rituel. Il arbore, à la manière d’un George Michael des années 1990, un look qui possède à la fois des caractéristiques, sinon genrées, du moins connotées queer, et une attitude qui tombe dans les stéréotypes de la masculinité toxique. Sauf qu’ici, le père, violent, bigot et clairement homophobe de l’ado déboule et le plaque contre le mur en lui disant : "Tu te mates dans le miroir comme une tapette au lieu de surveiller ta sœur". S’il s’avérait être gay, il représenterait alors tout ce que son père déteste.

On en vient à penser que dans un foyer aussi sectaire et qui n’a pour modèle masculin qu’un père aussi intolérant, un jeune homme comme Billy, s’il venait à découvrir son homosexualité, serait d’abord tenté de la refouler, d’apprendre à haïr ceux qui lui font ressentir ces choses et d’adopter la même violence que son paternel. Et c’est précisément ce qu’il fait, quand il croise Steve, dans un mélange de rage et de flirt. Il éprouve comme un besoin viscéral de prouver sa virilité.

Et comment prouve-t-on sa virilité quand on est un homme ? Dans la bagarre et le sport. Plus ça sent la sueur et les vestiaires, mieux c’est. Donc le nouveau caïd provoque son rival, Steve. Mais tente-t-il de le détruire ou de le séduire ? Si la littérature romantique nous a bien appris quelque chose c’est que, souvent, la frontière entre les deux est poreuse.

Les deux premières saisons de Stranger Things sont disponibles sur Netflix.