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La nouvelle héroïne de Doctor Who fait face à des attaques sexistes des tabloïds anglais

Aucun de ses douze prédécesseurs n’a bien sûr eu droit à ce genre de slutshaming et d’attaques sexistes.

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L’annonce a déjà fait grand bruit ce dimanche soir, après la finale hommes de Wimbledon. Le prochain Doctor, qui prendra la place de Peter Capaldi dans la prochaine saison de Doctor Who, sera donc incarné par une femme. Son nom : Jodie Whittaker. L’actrice, que l’on a vue notamment dans Broadchurch, a à peine eu le temps de savourer que déjà, certains fans manifestaient leur mécontentement, emballé dans une bonne grosse dose de sexisme. Mais s’il est facile de discréditer les male tears sur Twitter, ceux qui ont la palme du mauvais goût, ce sont les journalistes de tabloïds anglais.

Deux en particulier, Sun et Mail Online (dont on refuse de relayer les papiers ici), qui n’ont pas hésité à publier des images de Jodie Whittaker nue. En faisant cela, ils objectifient non seulement l’actrice, l’offrant en pâture à leur lectorat libidineux, mais ils font aussi du slutshaming, permettant à chacun de la juger pour cette "indécence avérée". En réalité, d’indécence, il n’y en a pas. Pourquoi une femme devrait-elle avoir honte de montrer son corps ?

Les photos en question sont des captures de films dans lesquels elle a joué, parfois topless, parfois nue. Et vous savez combien de ses prédécesseurs masculins ont eu droit à ce même traitement à l’époque de leur régénération ? Aucun. Étonnant, non ? Mail Online, cherchant sûrement à se protéger de tout "favoritisme", a aussi publié des photos dénudées des Doctors les plus récents, Christopher Eccleston, David Tennant et Matt Smith.

Voilà qui doit lui faire une belle jambe, à Jodie Whittaker ! Car la véritable "attraction" de cette double page, c’est bien elle, et pas ces messieurs qui sont juste là pour faire semblant de donner le change. L’intention derrière cette publication est plus abjecte encore, car elle vise à "salir" l’image bien proprette d’un héros de fiction, une véritable institution outre-Manche.

Des mentalités bloquées dans le passé

En offrant ces images au jugement de tout un chacun, les tabloïds donnent le feu vert pour assimiler les femmes qui ont l’audace de se montrer nues à des objets de désir pour les uns, et des créatures sexuelles, donc peu recommandables, pour d’autres. Au cas où on se poserait la question : la misogynie ambiante se porte bien, merci pour elle.

On croit rêver quand l’actrice doit elle-même répondre aux attaques de fans mécontents en disant : "Don’t be scared of my gender", soit "n’ayez pas peur de mon genre". Car c’est bien cela qui apparaît en sous-texte de toutes ces manifestations sexistes : une peur viscérale d’accorder la moindre place à une femme. S’attaquer aux corps des femmes, tenter de les salir, faire du slutshaming, sont des moyens de domination vieux comme le monde.

Pour une série aussi ancienne que Doctor Who, il est douloureux de constater que pour grand nombre de ses fans, les mentalités sont restées bloquées dans le passé. Mais heureusement, les protestations face aux comportements sexistes qui se sont abattus sur Jodie Whittaker sont vives. Les vrais Whovians savent qu’un nouveau Doctor, qu’il soit joué par un homme ou une femme, incarne toujours un moment spécial, où la série reprend son souffle avant de nous emmener aux confins du temps et de l’espace.

Si chaque incarnation connaît son lot de "pour" et de "contre", certains n’y allant pas avec le dos de la cuillère, aucun n’avait jamais eu à faire face à de tels torrents de sexisme. On souhaite donc bien du courage à son interprète qui, on en est sûr, fera honneur à la longue lignée de Doctors qui l’a précédée.