The Purge, la version série d’American Nightmare, est exactement ce à quoi on s’attendait

En prenant appui sur une franchise ciné florissante bien que peu inspirée, The Purge n’était pas partie pour être le chef-d’œuvre de l’année. Attention, spoilers.

© USA Network

De l’enthousiasme, puis du scepticisme. Voilà les émotions qu’on a ressenties à l’annonce de la sortie de The Purge, la déclinaison sérielle des films American Nightmare, du côté de la chaîne USA Network. Nous avons d’abord été contents, puisque trop peu nombreuses sont les fictions horrifiques sur le petit écran, et encore davantage celles qui n’ont pas recours à l’occulte et aux esprits malfaisants. Puis plus méfiants, car on a immédiatement eu du mal à visualiser comment le concept de l’univers pouvait s’étaler au format épisodique, semaine après semaine.

Pour celles et ceux qui ont survolé cette franchise ciné estampillée Blumhouse, chaque opus d’American Nightmare part du même postulat de base : aux États-Unis, pendant 12 heures consécutives chaque année, tous les crimes et délits sont rendus légaux dans le but de faire baisser le taux de criminalité du pays dans son ensemble. C’est ainsi que les citoyens prennent part à cette Purge, commettant des actes atroces afin de se libérer des pulsions malsaines qui les rongent. Une forme de thérapie alternative et peu conventionnelle, en somme.

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Dans la version sérielle, c’est exactement le même topo. D’une durée avoisinant les quarante minutes, le pilote sert d’exposition à cet univers, notamment pour les néophytes, en passant l’intégralité de l'épisode à détailler les événements pré-Purge. On suit alors plusieurs storylines parallèles, forcément inégales, et les personnages qui s’y rattachent.

Il y a d’abord Miguel, un ex-Marines déterminé à retrouver sa sœur, Penelope, impliquée dans une secte sordide. Jenna et Rick, invités à passer la soirée avec le gratin de l’élite soutenant le principe de la Purge qui risque de s’avérer plus tordu que prévu. Jane, employée dans une grosse firme financière, bloquée dans les locaux de son travail le soir de la Purge. Et enfin Joe, un mystérieux homme masqué et suréquipé dont le seul but est de venir en aide aux victimes sans défense de cette nuit de l’enfer interminable.

À l’image des longs-métrages qui l’ont précédée, The Purge comporte son lot de stéréotypes dont elle ne semble pas vouloir se débarrasser, à commencer par celui du héros valeureux qui sait manier les armes à feu sans souci et se débrouille largement au combat à mains nues. Ce cliché machiste, bien qu’ici incarné par le sympathique Gabriel Chavarria (East Los High), est redondant au possible, d’autant plus qu’il renforce une énième fois le stéréotype usé jusqu’à la moelle de la demoiselle en détresse.

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Néanmoins, on ne va pas se mentir, la franchise American Nightmare n’a jamais fait dans la finesse, et son pendant sériel compte suivre la même trajectoire. Après le visionnage des trois premiers chapitres, il est évident que la narration tient la route, à défaut d’apporter une once d’originalité. The Purge n’est ni plus ni moins qu’un fac-similé de chaque film de la saga horrifique, et la réalisation, trop convenue, n’aide pas à construire une véritable identité à cette série répétitive.

Si le format sériel est propice à un développement plus poussé de la psychologie des personnages, on attend encore que The Purge nous le prouve tant elle reste trop en surface à ce niveau-là. Un des rares aspects réjouissants reste peut-être son rythme, maîtrisé, à tel point que les épisodes se regardent facilement à la chaîne. Malgré tout, rien de nouveau sous le soleil : si vous avez aimé les multiples American Nightmare sur grand écran, vous tomberez facilement sous le charme de sa version petit écran. C’est déjà ça !

The Purge débarque aux États-Unis dès le 4 septembre et sera diffusée en US+24 en VO non sous-titrée sur Amazon Prime Video en France.