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The Walking Dead, saison 8 : pour le meilleur, mais surtout pour le pire

L’heure est au bilan pour la saison 8 en dents de scie de la série zombiesque, qui devra se secouer l’année prochaine pour ne pas se décomposer davantage. Attention, spoilers.

© AMC

Regarder The Walking Dead sur le long terme, c’est signer dans les grandes lignes un contrat de mariage. C’est s’attendre chaque année à de belles surprises, de terribles rebondissements, des trahisons, de la violence et avoir parfois le sentiment de tourner en rond. Comme une relation amoureuse, la série zombiesque se consomme avec ses hauts et ses bas, quitte à atteindre le point de non-retour et laisser quelques passionnés sur le carreau. Et même avec une saison 8 en dents de scie, voire en fin de vie diront les plus pessimistes, il y a encore de l’espoir pour cette union mort-vivante.

Comme chaque année, The Walking Dead a créé des débats, principalement marqués par la haine. Avec des audiences en perte de vitesse, un budget sur le déclin et des personnages adorés qu’on souhaite désormais lapider sur la place publique (oui, c’est toi que je pointe du doigt, Daryl), le show le plus puissant du câble américain a perdu de sa superbe. Certains des fans les plus fidèles avaient commencé à lâcher prise dès la saison 7 et son introduction d’une violence inouïe, si bien que l’arrivée de Negan a brutalisé la série autant que les visages de feu Glenn et Abraham.

La guerre entre Rick et Negan est enfin terminée et s’est résolue dans les règles de l’art. Les scénaristes ont pioché allègrement dans la boîte à outils des séries pour redonner un peu de vigueur à la saison 8. Deux twists majeurs sont venus bouleverser le season finale, évitant judicieusement le cliffhanger mortel qui a causé tant de tort à la fan base par le passé : le changement de camp d’Eugene à la dernière minute et le choix de Rick d’épargner Negan.

Vers le nouveau monde

© AMC

Si ces choix ont fortement consterné une partie des spectateurs, ils témoignent enfin d’une certaine cohérence dans le scénario. Toute la saison 8 était découpée entre deux aspects opposés d’une vision de l’avenir, la miséricorde et la rage évoqués dans les titres respectifs du premier et du dernier épisode ("Mercy" et "Wrath"). Le sacrifice de Carl, chamboulement majeur de cette saison, n’aura pas été vain pour son père (et les spectateurs malgré leur soif de sang), prêt à prendre le risque de laisser Negan en vie pour rebâtir une civilisation loin de toute violence. Quant à Eugene le mal-aimé, il aura su se racheter après avoir régurgité (littéralement) sa fidélité sur ses camarades d’Alexandria.

De surcroît, la mansuétude du shérif nous a gâtés d’un joli moment de poésie, comme The Walking Dead sait si bien les faire, en disséquant les états d’âme de ses personnages avant les cadavres de ses zombies. Sur une mélodie mélancolique toujours pianotée par Bear McCreary, Rick a retrouvé le chemin de la raison ; paradoxalement, ce revirement pose les bases des conflits à venir en saison 9 : une guerre civile entre ses suiveurs et ceux de Maggie, trahie et effondrée de n’avoir pu venger son bien-aimé. Prévisible ? Peut-être, mais ce twist a le mérite de relever les enjeux et de poser les bonnes questions sur la tolérance et la reconstruction d’une civilisation.

Cette fin de saison ressemble à s’y méprendre à un series finale. Sans le passage "cliffhangeresque" dans le bureau de Maggie, où elle commence à conspirer avec Daryl et Jesus, ou encore les mystères qui entourent l’hélicoptère, tout indique que The Walking Dead aurait pu s’arrêter maintenant. Une fin symbolique où Rick marcherait au côté de sa fille vers un avenir prometteur, libéré de la violence des hommes et l’horreur des zombies, à l’écoute des paroles de sagesse de Carl.

Mais la série (et ses patrons) aime forcer le trait quitte à y perdre son âme, évoluant sous le joug de la rude concurrence télévisuelle de notre décennie et des investissements publicitaires. Une perversion qui n’est finalement pas sans rappeler la morsure d’un rôdeur appelé "business" et entrave ce qui forge la légende d’une œuvre : son caractère éphémère.

Fin de la néga(n)tivité

"Le nouveau monde" dont parle Rick à la fin de l’épisode "Wrath" est la version méta des promesses de Scott M. Gimple : une toute nouvelle série en saison 9. Si à ce stade, on ignore encore la signification de ces belles paroles, on espère que The Walking Dead ne deviendra jamais Les Feux de l’amour zombiesques de la télévision. Car les courbes entre l’enthousiasme et l’âge de son public ont tendance à s’inverser, à mesure que les questionnements sans fin des personnages participent à la décomposition de son propos, prenant le risque d’une "auto-zombification" métaphorique de la série.

Notre amour pour The Walking Dead et ses survivants ne cesse de décliner. Après tout, c’est le risque pris par AMC en proposant une union de longue durée. Mais aujourd’hui, avec la fin de la saison 8, il y a une chance de la voir renaître. De croire pour une fois les promesses de Scott M. Gimple, ennemi public numéro un des fans de la série, pour son travail depuis le départ de Glen Mazzara.

Avec la fin de l’ère Gimple, et l’avènement d’Angela Kang (première femme à prendre les rênes de TWD en tant que showrunneuse), c’est désormais à vous de juger si votre "miséricorde l’emporte sur [votre] colère" à l’égard de cette œuvre et de ses héros présents dans votre vie depuis huit longues années.

En France, la saison 8 de The Walking Dead est diffusée en US+24 sur OCS Choc.