En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Zombie Walk : portraits de morts-vivants

Konbini s'est rendu à la zombie walk qui se déroulait samedi 12 octobre à Paris. Après la procession macabre qui a vu des centaines de personnes costumées s'ébattre en bavant comme dans un bon vieux Romero, nous avons rencontré quelques zombies afin de mieux comprendre ce peuple si particulier.

zombie walk

Quand Breaking Bad rencontre The Walking Dead (Crédit Image : Théo Chapuis)

Qu'on la nomme "zombie pride" ou "zombie walk", la manifestation la plus morte-vivante de l'année s'est tenue ce samedi après-midi à Paris. Composée de plusieurs centaines de fans de l'univers zombie, la horde de participants maquillés a claudiqué, toutes plaies dehors, de la Place de la République à la Place des Vosges. Konbini a rencontré quelques-uns de ces spécimens à l'issue de leur déambulation pour établir une typologie du zombie.

On est d'abord frappé par la diversité des manifestants. Pour commencer, le zombie n'a pas d'âge : Si de nombreux adolescents sont présents, on relève aussi de nombreux adultes, quelques familles avec landaus et tétines ensanglantés.

Le père zombie, un must (Crédit Image : Théo Chapuis)

À peine plus vieux, on retrouve six morts-vivants très excités. Myriam, Naëlle, Léa, Roméo, Théophile et Gabriel sont de jeunes adolescents. Fans de "l'esprit zombie", ils ont déjà tourné quelques courts-métrages entre eux avec cette thématique pour sujet.

Des "free hugs" ensanglantés

Leurs pancartes "Free Hugs" témoignent d'elles-mêmes : s'ils sont venus à cette zombie walk pour la première fois, l'idée de se retrouver dans une communauté de mordus de l'univers des zombies qui marchent, "c'est génial !".

Originaires des Hauts-de-Seine, ils se sont grimés en morts dans le RER. Ils nous livrent la recette de leur maquillage :

Des sparadraps, de la grenadine, du miel et du Nesquik pour la texture. Ça prend une demi-heure à faire par personne. Et goûtez, c'est bon en plus !

Le zombie est aussi gastronome.

Génération scarifiée (Crédit Image : Théo Chapuis)

Après la dégustation, on se dirige vers Solène et Nathan, pour qui c'est la première zombie walk. Échappée du 91, la jeune zombie en herbe est en train de nettoyer le faux sang qui recouvre ses avant-bras, assise dans le gazon de la Place des Vosges.

Le maquillage c'est très sympa. Mais à l'issue de quelques heures, c'est désagréable quand on n'a pas l'habitude. "Ça compresse la peau, ça finit par être un peu désagréable. Je préfère l'enlever avant de rentrer, puisque la marche est terminée".

Solène nettoie son faux sang qui "compresse la peau" (Crédit Image : Théo Chapuis)

Un poilu de la Grande Guerre et une Alice sous acide

Aussi antinomique que cela puisse paraître, le zombie est donc aussi un être délicat. À la suite de notre étude scientifique parmi les zombies présents (et les dizaines de photographes venus shooter pour le travail et pour le plaisir), on rencontre Étienne, en pleine discussion avec deux jeunes filles impressionnées par son déguisement. Habitué de l'événement - c'est sa quatrième "ou cinquième" participation, le vétéran parisien est ici plus connu sous le pseudonyme de "Shaarghot".

Il fait sensation avec son déguisement de poilu zombie sorti des entrailles de la Grande Guerre : casque Adrian réglementaire, manteau kaki troué et drapeau tricolore écharpé pour un maquillage au visage extrêmement travaillé.

Là, c'est à peu près 2h30 de travail de maquillage. Mais je ne suis pas très satisfait, j'avais fait mieux l'an passé.

Un zombie poilu au rapport. (Crédit Image : Théo Chapuis)

La manifestation prenant de l'ampleur année après année, Shaarghot a aujourd'hui de la concurrence. Seuls ou en équipes, les morts-vivants rivalisent d'ingéniosité quant à leurs costumes. Zombie "historique", zombie rockabilly, zombie pompier, zombie "infirmière sexy" (hein ?), zombie "hache dans le crâne" : les morts qui marchent ont du style.

Alice au pays des horreurs. (Crédit Image : Théo Chapuis)

Après Heisenberg et Jesse Pinkman de Breaking Bad et Alice au Pays des Merveilles, on rencontre un autre personnage de la pop culture revenu parmi les vivants : Michael Jackson. Quoi de plus naturel pour celui qui a consacré un clip vidéo entier à l'univers zombie ? Fan de la musique du King of Pop autant que des morts-vivants, Mickaël (ça ne s'invente pas) a participé, lui aussi, à sa première zombie walk.

Parfaitement à l'aise dans son personnage, il hurle à travers son masque pour coller à son rôle de loup-garou. La procession, selon sa grosse voix, "C'ÉTAIT MORTEL !". Poli, quoiqu'un peu bruyant, lorsqu'on lui demande s'il préfère les zombies ou bien Mickael Jackson, Mickaël rugit qu'il aime bien "LES DEUX !".

Parce que les fans de zombies n'écoutent pas tous du metal ou de l'electro-indus. (Crédit Image : Théo Chapuis)

Épicuriens, délicats, mélomanes, les zombies ont aussi le sens de l'humour. Entre les bandes d'amis grimés de bric et de broc qui s'esclaffent de leurs propres maquillages, on découvre un zombie affairé à chanter une chanson, accompagné de sa guitare sèche. Et quoi de mieux que le classique "Zombie" des Cranberries pour égayer la Place des Vosges ?

Livia ? Enceinte d'une poupée-monstre

Un grand classique de l'humour : le clown. Pas de raison que les morts qui marchent parmi les vivants n'aient pas envie de les distraire un peu entre deux raids à la recherche de chair fraîche. C'est la mission que se sont confiés Livia et ses amis, grimés en clowns, pitres parmi les pitres dans cette procession haute en couleurs (beaucoup de nuances de rouge, d'ailleurs).

Livia est "artiste burlesque" au quotidien, c'est dire si le déguisement lui est familier. Son costume laisse dépasser l'accouchement d'une poupée ensanglantée au niveau de son bas-ventre. À l'aise dans son déguisement, elle raconte :

Pour la plupart, nous sommes comédiens et c'est notre première zombie walk. On a souhaité apporter un aspect carnaval à la manifestation, tout en collant évidemment à l'esprit zombie, qu'on aime beaucoup. Personnellement, je referai une zombie walk avec plaisir !

Humour zombie. (Crédit Image : Théo Chapuis)

Aux côtés des zombies, les "survivants"

On s'y attendait un peu : parmi les zombies, morts-vivants et autres créatures sanguinolentes se trouvent quelques personnages, maquillés eux aussi, mais pas en maccabées. Eux, ce sont les "survivants", derniers remparts d'une humanité vouée à lutter au quotidien contre l'invasion.

Armés d'une arme à feu, d'un simple marteau ou encore... d'un décapsuleur. Parce que dans un monde où les zombies sont au sommet de la chaîne alimentaire, on se défend comme on peut.

Ils vous font rire aujourd'hui ? Ils vous sauveront peut-être la mise demain. (Crédit Image : Théo Chapuis)

Ash fait partie de ces héros qui ont décidé de participer à cete édition de la zombie walk. Radieuse avec ses cheveux blancs ornés de lunettes d'aviateur, la jeune fille au look de personnage de Mad Max nous montre son pistolet, qu'elle a customisé avec soin :

Tu vois les encoches ? C'est le nombre de zombies abattus.

Ash et son pistolet où elle a coché ses cibles abattues. (Crédit Image : Théo Chapuis)

Plus impressionnant encore est le costume d'Albin, 26 ans, grand gaillard chevelu parfaitement à l'aise dans son rôle de survivant... mais gêné par son masque à gaz qu'il peine à enlever avant de nous parler :

Jouer le survivant dans une zombie walk, c'est ce qui m'intéresse le plus. On donne un autre niveau d'interaction à la manifestation : il faut réchapper aux zombies, les titiller avec des petits raids puis on se laisse finalement attraper. On fait aussi le show pour qu'il y ait de la victime, quoi.

Alors qu'on quitte la Place des Vosges, quelques circaciens grimés jonglent avec des bolas enflammées parmi la foule. La musique que crache la sono, dubstep et indus, habille la manifestation de ses sons foutraques et mécaniques.

Pendant ce temps-là, le soleil se couche doucement sur la statue bienveillante de Louis XIII, plus habitué aux promeneurs dominicaux qui passent sous son cheval. Quelque chose nous dit que le vieux monarque déchu n'a pas détesté cela : après tout, n'était-ce pas traditionnel de clamer "Le roi est mort, vive le roi" ?

Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.