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On est enfin de retour à Twin Peaks dans la septième partie de la saison 3

Le septième épisode, diffusé dimanche 18 juin sur Showtime, bascule cette saison 3 passionnante dans une nouvelle dynamique, nous replongeant encore davantage dans le monde sibyllin de Twin Peaks. Et ce n’est pas pour nous déplaire. Attention, spoilers.

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© Showtime

Après un season premiere réussi, la troisième saison de Twin Peaks avance à petits pas, accompagnant le spectateur par la main dans ce nouveau chapitre obscur et déroutant. Dans un rythme lent et suave, toujours bercé par la musique d’Angelo Badalamenti, les épisodes se suivent mais ne se ressemblent pas, nous laissant souvent sur notre faim. Quelques personnages cultes de la série font leur apparition et l’intrigue nous perd au gré des va-et-vient entre ses différents points d’ancrage. Mais, au vu du septième épisode, il semblerait que notre voyage lynchien nous ramène enfin à Twin Peaks.

Comme dans un long rêve (vingt-cinq ans tout de même), les personnages de la série semblent enfin sortir de leur état léthargique. Quelques Easter eggs qui raviront les fans de la première heure ont été distillés dans cet épisode, nous permettant de recoller les morceaux avec les deux premières saisons de Twin Peaks et le film Fire Walk With Me. Après quelques épisodes savoureux mais un peu éloignés de notre chère forêt, cette septième partie se présente comme un point de bascule annonçant une suite palpitante, la patte de David Lynch étant toujours aussi patente.

Une replongée onirique sous l’égide de Laura Palmer

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© Showtime

Là où les personnages se rejoignent enfin, c’est dans la compréhension de la dichotomie entre le bien et le mal, propre au style lynchien, représentée en la personne de Dale Cooper. Son double maléfique, ou doppelgänger, une entité supposément possédée par Bob, croupit en prison dans le Dakota du Sud et va être confronté à celle qui connaît le mieux Cooper, j’ai nommé Diane. La fameuse assistante de Dale, toujours nommée via son dictaphone mais jamais dévoilée, nous apparaît enfin. C’est Laura Dern, muse lynchienne, qui lui prête ses traits. Et, si elle ne manque pas de caractère, balançant à qui veut l’entendre qu’elle l’emmerde, Diane garde un souvenir amer de sa dernière rencontre avec Cooper, vingt-cinq ans auparavant. En se confrontant au bad Cooper, elle réalise avec effroi la supercherie et sa réaction : "Who are you?" nous ramène à celle de Laura Palmer, dans le film Fire Walk With Me, quand elle découvre, une nuit où Bob vient dans sa chambre, que c’est son père qui la viole.

Malgré plusieurs localisations, l’esprit de Twin Peaks reprend enfin le dessus grâce à de nombreuses connexions, nous rattachant indéniablement à l’histoire tragique de Laura Palmer. Les personnages commencent, dans cet épisode, à comprendre certaines choses grâce, notamment, aux coups de fils donnés au shérif Truman et au médecin, aux pages déchirées du journal de Laura retrouvées, à la clé de la chambre 315 de l’hôtel ou encore au nain qui tente de tuer Dougie Jones. Même Dale, qui a usurpé l’identité de cet employé dans une compagnie d’assurances – dont on ne sait pas encore s’il était son frère jumeau ou une entité disparate – est confronté à des objets iconiques : le badge, les dossiers et le café, parfaite panoplie de l’agent spécial du FBI qui enquêtait sur le meurtre de la jeune femme.

Enfin, on comprend bien que la nouvelle génération de Twin Peaks suit les traces des jeunes d’il y a vingt-cinq ans, à l’image du jeune couple rebelle, survolté sous cocaïne. La sombre forêt attire avec toujours autant de magnétisme ses habitants dans les ténèbres et fait ressortir leur noirceur. Par ailleurs, on apprend que le bar de la famille Renault n’a pas arrêté son trafic de jeunes lycéennes prostituées, dans lequel Laura Palmer était tombée. Finissant dans la Black Lodge, les limbes de la ville, elle plane toujours sur Twin Peaks, attirant les autres comme des aimants dans cet endroit où on parle à l’envers. Cette particularité est mise en avant quand Gordon voit, dans les empreintes digitales de Dale inversées, une projection symétrique de ses deux côtés psychiques.

Les bourdonnements bruts et bruits stridents utilisés depuis quelques épisodes s’amplifient alors, augurant une certaine accélération – à prendre avec des pincettes, on est chez Lynch – et un bouleversement au niveau de l’intrigue. Quand l’agent Gordon siffle du Rammstein devant un tableau représentant un tourbillon de fumées, cela promet des rebondissements et une suite explosive. Néanmoins, le mystère ne peut être totalement balayé et le brouillard entourant nos héros ne va pas se désépaissir de sitôt. En témoigne le son cristallin entendu par Benjamin Horne dans son bureau, au Grand North Hotel, nous rappelant que les murs ont des oreilles, au propre comme au figuré, et que nous ne sommes pas près de tout comprendre.

Grâce à quelques éléments faisant le lien avec le passé, David Lynch replonge enfin dans l’univers originel de Twin Peaks et rompt avec son rythme de croisière. Ce septième épisode présage d’une future confrontation entre Dale Cooper, aidé par "le bras" de la Black Lodge, dans un style à la Eraserhead, et son doppelgänger. Ce dernier, faisant chanter le directeur de la prison, avec un moyen de pression mystérieux, réussit à s’enfuir du pénitencier, fonçant en voiture dans l’obscurité. Si on sait que l’une des deux identités doit mourir dans le monde réel, l’issue de ce combat spirituel est incertaine. David Lynch n’a pas fini de brouiller les pistes, à l’image du fantôme creepy à l’hôpital ou de l’habitant entrant en panique dans le Double R Diner pour demander si quelqu’un a vu Bing. Mais attendez… Qui est Bing ?!

La huitième partie de la saison 3 de Twin Peaks sera diffusée le dimanche 25 juin 2017 sur Showtime.