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Uzo Aduba : "On va comprendre d'où vient Crazy Eyes dans la saison 4 d'Orange Is the New Black"

L'iconique "Crazy Eyes" est de retour dans la saison 4 d'Orange Is the New Black sur Netflix. Est-elle si "crazy" que ça, d'ailleurs ? Pour en avoir le cœur net, on a discuté avec son interprète, Uzo Aduba. 

©Netflix

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Biiinge | Dans la première saison, Crazy Eyes est vraiment la "weirdo" de service. Puis elle évolue au fil des saisons, et devient vraiment Suzanne. L’avez-vous ressenti ainsi ?

Uzo Aduba | Ce que j’adore avec l’écriture de Jenji [Kohan, la showrunneuse, ndlr], c’est que l’on fait des pas en avant puis en arrière, et qu’en fait, elle nous fait réaliser que les gens sont tout simplement compliqués. Ils ne sont pas unidimensionnels, et cela vaut pour Suzanne.

Au début, oui, on se dit que Suzanne est complètement folle, et puis finalement, ce qu’elle fait a peut-être un sens, en fait. Et elle est même pertinente parfois. Dans cette quatrième saison, elle est plus réfléchie, au début. Elle a presque les pieds sur terre. Mais à mesure que la saison progresse, vous assisterez à quelques complications qui font de Suzanne ce qu’elle est. Les gens vont comprendre d’où elle vient, comment elle en est arrivée là.

On découvre aussi en saison 3, puis dans cette saison 4, qu’il y a des gens plus fous que "Crazy Eyes", comme Lolly (Lori Petty) !

Oui, et on peut se demander si c’est Crazy Eyes ou nous qui sommes fous ? La série pose la question de la folie. Je pense d’ailleurs que dans cette saison, vous allez vraiment apprendre ce que signifie la folie, et à quel point on peut devenir momentanément fou entre ces barreaux.

En fait, dans n’importe quel épisode de la série, l’un des personnages peut se révéler être le plus fou de tous. Souvenez-vous, en saison 1, quand Piper se défoule sur Pennsatucky, ou Vee en saison 2.

"J’allais arrêter d’être actrice le jour où j’ai eu le rôle de Crazy Eyes"

Comment avez-vous trouvé ce personnage au tout début, avec tous ses tics et ses expressions corporelles ?

Je savais qu’elle devait prendre de la place ! J’avais une image dans ma tête d’une femme adulte avec des manières d’enfants. Parce qu’elle fait tellement jeune et en même temps, elle dégage une telle intensité. Au niveau de la gestuelle, j’ai aussi su rapidement qu’elle serait très physique. Rien de ce qu’elle ressent ou de ce qu’elle dit n’est petit. Tout devait être exagéré.

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© Netflix

Vous avez été couverte de prix ces deux dernières années : Emmys, Screen Actor Guilds Awards, Critic’s Choice Television Award… Comment avez-vous vécu ces moments ?

À l’époque, je m’étais sentie un peu submergée par tout ça. Tout ce que j’avais pu ressentir sur le tournage me revenait et se transformait en un torrent de larmes [rires]. J’étais vraiment très reconnaissante et heureuse.

Je pensais vraiment ce que j’ai dit à ce moment-là : Jenji m’a sauvé la vie. J’allais arrêter d’être actrice le jour où j’ai eu le rôle de "Crazy Eyes". J’étais évidemment bouleversée d’avoir pris cette décision. J’avais l’impression d’abandonner mes rêves, mon enfance et tout ce que j’aimais. Je ne sais vraiment pas ce qu’aurait été ma vie si je n’avais pas reçu ce coup de téléphone. Alors quand je reçois des prix maintenant, je me sens tellement reconnaissante ! Je n’aurais jamais osé rêver tout ce qu’il m’arrive.

"Suzanne est tellement hors des sentiers battus que je ne sais même pas si on peut la mettre dans une case !"

Hollywood a tendance à mettre les acteurs et actrices dans des cases. Avez-vous une quelconque appréhension de vous retrouver dans la case "weirdo" ?

Je pense que ça peut complètement arriver, mais après Orange Is the New Black, j’ai eu un rôle important dans The Wiz sur NBC, et j’ai joué Glinda, la gentille sorcière. Et je devais être la plus belle femme d’Oz.

On n’avait jamais vu des femmes jouer de telles partitions avant Orange Is the New Black. Cela nous a permis, à toutes, de montrer l’étendue de notre travail. Et puis le personnage de Suzanne est tellement hors des sentiers battus que je ne sais même pas si on peut la mettre dans une case ! Jusqu’ici, en tout cas, on ne m’a jamais redemandé de jouer quelqu’un d’un peu fou. Pas encore [rires].

Votre prochain film, American Pastoral [adaptation du roman éponyme de Philip Roth, ndlr], est dirigé par Ewan McGregor. Quel type de réalisateur est-il ?

Il est incroyable ! C’est un excellent directeur d’acteurs, qui sait comment nous parler. Il est intelligent et sait communiquer ses besoins. Ce n’est pas seulement des indications techniques. Il s’agit d’accompagner nos performances, de nous donner des conseils qui peuvent nous servir sur le film, mais aussi pour plus tard.

En fait, je n’ai pas eu l’impression que c’était son premier film. Il travaille sur les plateaux depuis tant d’années qu’il est comme un poisson dans l’eau.