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Vidéo : la philo selon Mr. Robot, où tout n’est qu’aliénation

Une vidéo qui devrait en réconcilier certain·e·s avec la philo ! Attention, spoilers !

Puisque la saison 3 sera lancée ce soir aux États-Unis, c’est l’occasion d’approfondir certaines notions et principes philosophiques qui servent de pilier à Mr. Robot. Pas de panique, il n’y a rien de rébarbatif dans cette vidéo qui vous fera oublier les cours interminables de Mme Granjus en première L. Si seulement Mr. Robot avait pu être au programme du bac…

L’équipe de Wisecrack a encore frappé ! Après avoir crucifié le mythe du gentil geek dans The Big Bang Theory, le collectif – qui rassemble des universitaires, des comédien·ne·s, des réalisateurs/rices et artistes en tous genres – s’attaque à un sacré morceau : les nombreuses manifestations de l’aliénation dans Mr. Robot. On le sait, la série propose une critique du capitalisme. Mais en grattant un petit peu, et c’est justement ce qu’on fait les esprits brillants de Wisecrack, le show expose des partis pris plus radicaux encore.

Mr. Robot convoque les philosophes Ludwig Feuerbach et Karl Marx et leurs théories sur l’aliénation religieuse et le fétichisme de la marchandise. Car comme le conclut cette vidéo riche en enseignements, "Mr. Robot n’est pas seulement une série sur des gens qui n’arrivent pas à se connecter entre eux, c’est aussi une série sur les mécanismes qui créent cette solitude". Pas de panique, on vous explique tout !

Ni dieu ni maître ?

La façon la plus évidente avec laquelle Mr. Robot marque cet isolement, c’est d’abord à travers sa mise en scène. Les personnages sont souvent filmés seuls, même quand ils partagent une scène avec quelqu’un d’autre, que ce soit par le truchement d’un objectif grand angle ou par un cadrage pour le moins déstabilisant qui les place sur les bords de l’écran. Comme l’évoque la vidéo, cette aliénation peut se jouer à différents niveaux (et tous se manifestent dans Mr. Robot) : aliénation par rapport aux gens, au monde, ou à soi-même. Dans ce dernier cas, on devient un étranger à sa propre personne. Une dissociation que connaît bien notre héros, Elliot, qui n’arrive à se connecter ni avec sa famille, ni avec ses amis, ni avec la réalité.

Mais comme l’explique Wisecracker, l’isolement d’Elliot a en fait tout à voir avec… Dieu. Pour le philosophe Ludwig Feuerbach, le premier générateur d’aliénation, c’était Dieu. Selon lui, l’humain a inventé la figure de Dieu et lui a attribué toute une flopée d’idéaux (d’amour, de justice, de sagesse…). Mais le créateur a fini par oublier qu’il avait créé cet être en tous points supérieur. Résultat, au lieu de se souvenir que l’humanité avait créé Dieu à son image, cette dernière a commencé à croire que c’est Dieu, qui l’avait créée à Son image. L’être humain est alors devenu étranger à ses propres idéaux. Dans Mr. Robot, la théorie se vérifie : Elliot a créé Mr. Robot, mais a oublié, et il laisse désormais ce dernier contrôler sa vie.

"Mr. Robot est devenu mon Dieu"

© Peter Kramer/USA Network

Pour Elliot, si cet alter ego semble être un danger pour sa santé mentale, c’est aussi, inconsciemment, un bon moyen de nier toute responsabilité face à ses actes. Mr. Robot parle et agit en son nom, il est son médium. Il n’est plus le maître de son propre destin. Il sort un peu la tête de l’eau quand il réalise enfin qu’il a créé son propre dieu : "I am Mr. Robot".

Mr. Robot multiplie les références au cinéma "engagé". De Fight Club à V pour Vendetta, en passant par They Live, de John Carpenter (Invasion Los Angeles en français) ou encore American Psycho (à travers le personnage de Tyrell Wellick), la série cherche à nous dire que le consumérisme isole les êtres humains du monde qui les entoure, et d’eux-mêmes. Ils ont érigé en dieu l’argent, et plus largement, le capitalisme. Pour Elliot, c’est seulement en détruisant le consumérisme que l’être humain pourra remettre les compteurs à zéro, et donc, être libre.