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Netflix est accusé de glamouriser la prostitution avec la série italienne Baby

Après 13 Reasons Why, les séries sur l’adolescence de Netflix continuent d’attiser la polémique.

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Ce vendredi 30 novembre, la plateforme américaine a mis en ligne une nouvelle série de son cru, intitulée Baby. On y suit la trajectoire de deux jeunes adolescentes issues des beaux quartiers de Rome, qui vont se laisser entraîner dans le monde de la prostitution par rébellion envers leurs familles trop parfaites (en surface) et par ennui.

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Créée par Antonio Le Fosse, Giacomo Mazzariol, Marco Raspanti, Romolo Re Salvador et Eleonora Trucchi, cette nouvelle série italienne est à peine sortie qu’elle est déjà dans le collimateur de l’organisation The National Center on Sexual Exploitation. Le groupe de pression américain explique qu’il s’agit de raconter la vie "d’un groupe d’adolescent·e·s qui va découvrir la prostitution, ce milieu servant à rendre glamour une histoire de passage à l’âge adulte". Il ajoute que dans la vraie vie, cette affaire qui a fait scandale en Italie a vu "la mère de l’un·e des adolescent·e·s arrêtée pour trafic sexuel". Et que les personnes impliquées avaient entre 14 et 15 ans.

"Alors qu’il s’est retrouvé au cœur du mouvement #MeToo [avec les accusations contre Kevin Spacey, ndlr], Netflix apparaît complètement sourd à la réalité de l’exploitation sexuelle, accuse Dawn Hawkins, la directrice exécutive du National Center on Sexual Exploitation.

Malgré le tollé suscité par les témoignages de victimes de trafic sexuel, les experts en la matière et les fournisseurs de services sociaux, Netflix encourage le trafic sexuel en proposant la diffusion en continu de Baby. Clairement, Netflix donne la priorité aux profits et non aux victimes de maltraitance. "

Dans un premier temps, le groupe avait envoyé une lettre à Netflix en janvier dernier, signée par 55 survivant·e·s de trafic sexuel, dans laquelle il exprimait son inquiétude envers cette série.

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Ce communiqué à charge est tout de même à prendre avec des pincettes, dans la mesure où nous ne savons pas si l’organisation a ne serait-ce que visionné la série dans son intégralité. Et puis, autrefois appelé Morality in Media, ce groupe de surveillance des médias appelle régulièrement à la censure de programmes dès qu’ils évoquent la prostitution ou la pornographie, sans forcément prendre en compte la façon dont elles sont représentées et traitées. Par exemple, NCOSE accuse aussi HBO de banaliser l’exploitation sexuelle, plaçant sur le même plan Game of Thrones et The Deuce, deux séries qui abordent ces thématiques liées au commerce du sexe de façon bien différente.

Le géant américain commence à être habitué aux polémiques concernant leurs séries ado : il a été accusé de glamouriser le suicide après 13 Reasons Why et d'encourager la grossophobie avec Insatiable

Par Marion Olité, publié le 30/11/2018

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