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On a classé les dix meilleures séries de super-héros

Publié le

par Adrien Delage

Ⓒ E4/HBO/Netflix/Amazon

Les années 2000 ont été marquées par une résurgence des productions super-héroïques, avec des séries de grande qualité.

#1. Watchmen

Ⓒ HBO

Peu importe leur genre, les séries ont toujours agi comme un miroir de la société. Mais avec sa version de Watchmen, œuvre mythique d’Alan Moore et Dave Gibbons, Damon Lindelof a carrément anticipé les manifestations antiracistes massives qui ont explosé aux États-Unis suite au meurtre de George Floyd.

Il faut dire que son adaptation est d’une puissance narrative et émotive sans précédent sur le petit écran, qui a non seulement rétabli la vérité sur une période de l’Histoire (le massacre de Tulsa), mais a aussi élevé une héroïne noire au rang de figure populaire et révolutionnaire. Prions désormais pour que Regina King et son immense talent remportent l’Emmy Award de la Meilleure actrice lors de la prochaine cérémonie.

Watchmen est une œuvre transcendante et pédagogique qui restera dans les annales du petit écran. Damon Lindelof a produit un chef-d’œuvre qui atteint son état de grâce avec l’épisode 6, origin story du Hooded Justice, qui est en réalité un pamphlet métaphorique à l’encontre du racisme systémique omniprésent dans l’Amérique de Donald Trump. Le showrunner retrouve toute sa puissance narrative et émotionnelle atteinte parfois dans Lost et The Leftovers, avec en plus un message fort adressé à la sphère politique.

À voir chez nous sur OCS à la demande.

#2. Daredevil

Ⓒ Netflix

Première série de l’univers (annulé) Marvel sur Netflix, Daredevil a frappé fort et pris à contre-pied le MCU de Kevin Feige. Portée par un Charlie Cox de gala, la série de Drew Goddard renouvelait le genre avec son atmosphère brute et réaliste, ses combats ô combien spectaculaires et son traitement street level de la justice. Daredevil a fait beaucoup de bien aux fans de Marvel, épuisés par la bien-pensance des productions très familiales de la Maison des Idées, tout en jouant sur les codes du polar et du film noir.

Pour avoir une bonne série ou film du genre, il faut un bon méchant. En trois saisons, Daredevil a aligné à chaque fois un vilain convaincant voire mémorable pour s’opposer à Matt Murdock. Évidemment, on gardera à jamais en tête le terrifiant et mélancolique Wilson Fisk, incarné avec une classe monstre par Vincent D’Onofrio.

À voir chez nous sur Netflix.

#3. Legion

Ⓒ FX

La plongée vertigineuse dans le cerveau aux multiples personnalités de David Haller fut une expérience sensorielle et visuelle tout bonnement exceptionnelle. Sous la houlette de Noah Hawley (Fargo), le personnage de Légion, issu des mutants de Marvel, est devenu source d’expérimentations lynchiennes pour le showrunner.

À travers une mise en scène ultra-créative (épisode musical, en noir et blanc, animé, voire tout à la fois) et une introspection viscérale de la maladie mentale, Legion a bouleversé les codes narratifs des super-héros, notamment sur l’aspect souvent très redondant des origin stories. On se demande encore si la série appartient véritablement au genre, et ne serait pas plutôt une sorte d’ovni aussi ésotérique que fascinant.

À voir chez nous sur MyCanal.

#4. Misfits

Ⓒ E4

Série britannique culte pour les millennials, Misfits est avant tout un teen drama et une comédie noire. Mais elle embrasse aussi le genre du super-héros avec les pouvoirs surnaturels de nos protagonistes et les responsabilités qui en découlent. La recette intemporelle et brute de décoffrage de Misfits (dialogues crus, BO rock, plans caméra au poing, décors ternes) en fait un incontournable de l’époque, malgré des season finales décevantes et l’immense regret suite au départ de Robert "Nathan" Sheehan.

Le show a fasciné autant qu’il a diverti à travers ses super-pouvoirs déjantés (comportement canin, invocation de tatouages, lactokinésie…) et ses histoires d’amour émouvantes. Par ailleurs, les Misfits furent les premiers à transgresser la loi Godwin dans un épisode mémorable de la saison 3, ou encore à mettre en scène un suicide public avec la folie de Nathan. La bande des TIG n’était certainement pas la plus responsable, mais elle restera en revanche la plus irrévérencieuse.

À voir chez nous sur MyCanal.

#5. The Boys

Ⓒ Amazon

Le style incisif et anticonformiste de l’auteur Garth Ennis (Preacher, The Punisher) est arrivé comme un coup de poing en pleine tronche en 2019. Avec The Boys, adaptation de son œuvre controversée éponyme, les sériephiles ont découvert une proposition trash et cinglante, qui ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de parodier l’Amérique de Trump. Avec ses méchants psychopathes et ses antihéros politiquement incorrects, la série multiplie les séquences tarantinesques et extravagantes, sans jamais ralentir la cadence.

The Boys est un défouloir à regarder autant pour la folie meurtrière des Seven que pour réfléchir à la notion de pouvoir dans les hautes instances. Car entre deux vannes salaces et gerbes de sang de cétacés, elle dénonce vivement la corruption du star-system, la culture du viol, le patriarcat et la politique américaine. Une œuvre cynique et faussement bourrine, qui bouscule les codes poussiéreux des super-héros.

À voir chez nous sur Amazon Prime Video.

#6. Doom Patrol

Ⓒ HBO Max

Dans la veine de Titans et The Umbrella Academy, Doom Patrol convoque une équipe de marginaux rassemblés au sein d’une famille dysfonctionnelle. Mais la série possède un petit truc en plus, qui se dévoile à travers ses aventures métafictives, ses personnages ultra-touchants et sa bienveillance contagieuse.

Doom Patrol parle des difficultés à surmonter des situations de handicap et de maladie mentale avec une certaine tendresse, sans pour autant oublier les rencontres musclées de super-héros. Remplacez juste les bad guys par une rue donnant des orgasmes (oui, littéralement), des insectes géants et un homme omniscient qui a perdu l’usage de son corps. Sans conteste la série de super-héros la plus feel good et authentique de la décennie.

À voir chez nous sur Syfy.

#7. The Umbrella Academy

Ⓒ Netflix

L’adaptation des comics de Gerard Way et Gabriel Bá s’inscrit dans une nouvelle lignée de séries super-héroïques, définies par une famille dysfonctionnelle au cœur de son intrigue. Celle de The Umbrella Academy, aussi déjantée qu’émouvante, a pris de court les abonnés de Netflix en 2017 et reste aujourd’hui encore l’une des créations originales les plus vues et appréciées de la plateforme.

Le show de Steve Blackman plaît pour ses références pop, ses situations cocasses et ses têtes d’affiche populaires (le plaisir de retrouver Robert Sheehan dans un rôle lunaire n’a pas de prix). La série cartonne aussi pour sa dramaturgie familiale, entre amour, déchirement et bis repetita. Le charme de The Umbrella Academy ne durera sûrement pas éternellement mais c’est pour le moment un plaisir jubilatoire qui se binge-watche à nul autre pareil.

À voir chez nous sur Netflix.

#8. Heroes

Ⓒ NBC

Si Heroes a souffert du syndrome Prison Break dès sa deuxième saison, la série de Tim Kring a marqué les esprits de toute une génération. Croisant le genre du super-héros avec la chronique familiale et une pincée de thriller conspirationniste, Heroes fut pendant un temps le rendez-vous hebdomadaire de nombreux sériephiles. Si le show n’a jamais pu jouer la carte du spectaculaire avec son budget restreint, il pouvait compter sur le charisme de ses acteurs (Milo Ventimiglia et Zachary "Sylar" Quinto) et des personnages très attachants, le téléporteur Hiro Nakamura en tête. 

En dépit d’un cast majoritairement blanc, Heroes défendait des valeurs progressistes et était en avance sur son temps. À l’heure des Jack Bauer et autre Gregory House, la série chorale mettait en avant une distribution internationale, profitant de ses protagonistes racisés pour voyager dans le monde entier. Une idée reprise des années plus tard dans une certaine œuvre queer et inclusive signée par les sœurs Wachowski. De là à dire qu’Heroes a permis de diversifier le genre du super-héros, il n’y a qu’un pas.

À voir chez nous sur Amazon Prime Video.

#9. Legends of Tomorrow

Ⓒ The CW

Les puristes nous reprocheront de ne pas avoir mentionné Arrow, pilier du Berlantiverse dont l’impact sur la production super-héroïque du petit écran est indéniable, mais on lui a préféré un de ses spin-off. En cause, une série qui partait très mal et s’annonçait comme le vide-ordures de l’Arrowverse, à comprendre le show dérivé dans lequel défileraient tous les personnages secondaires de cet univers, en attendant leur retour potentiel dans The Flash et consorts.

Avec beaucoup de créativité et de second degré, les seconds couteaux de Legends of Tomorrow se font finalement imposés comme l’équipe la plus authentique de la franchise. Sara Lance et ses camarades ont conscience de leur amateurisme et ne se prennent plus du tout au sérieux depuis la saison 2. La petite bande de voyageurs spatio-temporels n’hésite pas à outrepasser le quatrième mur, à multiplier les affrontements loufoques et à nous faire croire qu’une peluche trognonne est la plus grande menace de l’univers. Un plaisir coupable qui n’en est plus un et se dévore comme un bonbon acidulé couleur Beebo.

À voir chez nous sur Netflix et MYTF1.

#10. Titans

Ⓒ HBO Max

Adapter l’univers du Chevalier noir en série n’a jamais été chose aisée. Gotham s’y est employée avec plus ou moins de réussite mais sans capitaliser sur la panoplie de justiciers à l’effigie de la chauve-souris. A contrario, Titans a choisi Dick Grayson, alias le premier Robin, pour mener sa jeune équipe de super-héros contre les forces du mal. Cette adaptation des comics Teen Titans, longtemps fantasmée par les lecteurs de DC Comics, a finalement vu le jour sous la houlette de Geoff Johns et Greg Berlanti, mais dans un style complètement opposé à celui de l’Arrowverse.

Exit les combats aseptisés et les intrigues trop soapesques dans cette mouture profondément sombre et violente. Les Titans de HBO Max foncent dans le tas, quitte à briser moult crânes et os en chemin. Parfois cheap, pas très bien incarnée et gratuite dans ses effets de véhémence, la série reste toutefois une proposition Rated R efficace et solide dans sa narration, avec un respect évident pour la mythologie de Batman et ses jeunes héritiers.

À voir chez nous sur Netflix.

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