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The 100, saison 7 : pourquoi la mort de ce personnage ne passe pas

Publié le

par Delphine Rivet

© The CW

Attention, si vous n'avez pas vu l'épisode 13 de la saison 7, spoilers droit devant !

En sept saisons, et ce dès les tout premiers épisodes, The 100 a connu des morts choquantes. Ce n’est pas le fait de se débarrasser brutalement d’un personnage qui, selon nous, est le plus dommageable – après tout, la série a toujours obéi à cette règle selon laquelle personne n’est en sécurité et c’est même l’une de ses qualités –, mais celui de le faire de façon aussi bâclée. Dernier avertissement, si vous n’êtes pas à jour et n’avez pas encore vu l’épisode de la semaine dernière, ce qui suit contient des spoilers !

Remettons d’abord les choses dans leur contexte : dans l’épisode 13, diffusé le 9 septembre dernier sur The CW, Clarke, tentant de s’enfuir à travers le portail, réalise que Bellamy est en possession du carnet de Madi. Notre héroïne, qui ferait n’importe quoi pour protéger sa fille adoptive, le menace avec une arme. Bellamy refuse de lui rendre, arguant que l’avenir de l’humanité en dépend, et elle lui tire une balle en plein cœur. Voyant les gardes rappliquer, Clarke décide de sauter sans récupérer le carnet.

Si, symboliquement, la mort de Bellamy n’a pas le même impact que celle de Lexa, elles ont toutefois un point commun : dans les deux cas, il fallait écrire la sortie de leurs personnages pour libérer l’actrice ou l’acteur qui les incarnaient. Après avoir passé plus de six ans dans la peau du héros, Bob Morley souhaitait prendre ses distances avec la série pour se consacrer à d’autres projets. Les scénaristes n’ont donc eu d’autre choix que d’exaucer son vœu, même s’il ne lui restait que trois épisodes avant la fin. Le showrunner, Jason Rothenberg, s’est exprimé à ce sujet sur son compte Twitter dès le lendemain de la diffusion :

"Durant sept saisons, 'The 100' a exploré ce que l’humanité avait de plus sombre quand sa survie était en jeu, et le coût de ces actes sur l’âme de nos héros et héroïnes. Nous savions que la mort de Bellamy devait toucher au cœur de ce qu’est la série : la survie. Qui êtes-vous prêt·e à protéger ? Qui êtes-vous prêt·e à sacrifier ? Sa mort est bouleversante, mais sa vie et son amour infini pour les siens perdureront et continueront d’affecter ce qui suit, jusqu’aux derniers instants de la série. Nous remercions Bob pour son merveilleux travail durant ces longues années et lui souhaitons le meilleur dans ses futurs projets."

Un hommage qui n’a évidemment pas satisfait les fans, et leur mécontentement va bien au-delà du ship Bellarke, qui imaginait Bellamy et Clarke finir ensemble. Le fait qu’il soit tué par sa meilleure amie (d’autres diraient son âme sœur, mais c’est un débat auquel on s’est déjà frotté), est un choix parfaitement valide. C’est de la tragédie à l’état pur et cela rejoint totalement l’approche de la série sur la survie et les terribles sacrifices que l’on est prêt·e à concéder.

On se souvient du terrible choix de Clarke, dans l’épisode 8 de la saison 2, "Spacewalker", lorsqu’elle a dû tuer Finn, son premier amour, pour sauver son peuple suite à un deal passé avec Lexa et les Grounders. Un épisode magnifiquement orchestré dont la violence du dilemme a laissé des traces, encore aujourd’hui, dans le cœur des fans.

La différence avec la mort de Bellamy, c’est que le sacrifice de Finn a bénéficié d’une écriture maîtrisée, méticuleuse, et la scène a été particulièrement bien amenée et justifiée. Nous sommes à des années-lumière du traitement de Bellamy, porté disparu (et présumé mort) une bonne partie de la saison.

Il y a longtemps que The 100 a perdu la flamme, et on ne parle pas de l’implant cybernétique qui passe de Heda en Heda. Répétitive, poussive, la série croule depuis quelque temps déjà sous une avalanche d’intrigues, aux enjeux tous plus complexes et brouillons les uns que les autres, et qui précipitent tout, même les scènes d’émotion. Elle ne prend plus le temps, nous noie sous des allers-retours indigestes et, il faut bien le reconnaître, n’a plus grand-chose à nous dire.

© The CW

Bref, ses belles années sont derrière elle et il est temps qu’elle se termine. Si tout cela n’excuse pas que l’on supprime l’un des personnages principaux aussi maladroitement, la mort bâclée de Bellamy en est pourtant une conséquence directe. On a davantage l’impression qu’elle se libère d’un poids plutôt que de nous laisser au bord des larmes et un nœud à l’estomac. C’est d’autant plus difficile à justifier que Clarke a tué Bellamy parce qu’elle ne voulait pas laisser le carnet de Madi entre les mains des Disciples et, après lui avoir tiré dessus, elle part finalement sans le récupérer.

L’autre choix que l’on ne s’explique pas, c’est qu’elle a visé le cœur. À cette distance, elle aurait pu lui tirer dans une jambe, un bras, une épaule, bref, n’importe quelle zone non létale qui aurait permis de l’immobiliser sans le tuer à coup sûr. Bellamy et Clarke ont déjà eu des différends et se sont déjà retrouvés dans des camps opposés, mais l’affection qu’ils se portent et les épreuves qu’ils ont traversées ensemble ont toujours primé. Le seul désir de protéger Madi (ce qu’elle échoue d’ailleurs à faire puisqu’elle n’emporte finalement pas le carnet) ne saurait justifier un tel acte. Il n’aura pas non plus eu le droit de dire au revoir à sa sœur, Octavia, ou à sa petite amie, Echo, qui l’ont longtemps cru mort quand il était en exil.

À nouveau, on nous prive de la charge émotionnelle qui nous était due, tout va très (trop) vite. Et ce sacrifice qui, on n’en doute pas une seconde, aura des répercussions sur la suite, ne hantera Clarke que pour trois petits épisodes. On se console en se disant que, pour que la fin de The 100 soit en accord avec l’esprit de la série, notre héroïne n’aura pas droit à son happy ending. On espère simplement que, si Clarke doit mourir, marquant ainsi la fin d’un cycle et une forme de justice karmique après tous ses crimes (on rappelle qu’elle a, entre autres, commis un génocide à Mount Weather avec l’aide de Bellamy), elle aura droit à davantage d’attention de la part des scénaristes que son ami de toujours. 

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