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De The Rain à Kingdom, 5 séries où ça galère aussi face à une épidémie

Publié le

par Axel Savoye

© Netflix

On ne respectera jamais aussi bien les gestes barrières après les avoir vues.

#5. The Rain

Il n’y a pas beaucoup de personnes qui aiment la pluie mais, dans The Rain, tout le monde la déteste. Dans ce drame post-apocalyptique venu tout droit du Danemark, un virus mortel véhiculé par les nuages de pluie a décimé quasiment toute la population scandinave. Afin d’échapper aux averses mortelles, Simone et Rasmus s’abritent dans un bunker et y vivent plusieurs années. Ils finissent par en sortir pour la première fois au bout de six ans pour partir à la recherche de leur père, un scientifique qui a peut-être des réponses et un remède face au virus de la pluie. Anorak et parapluie sur le dos, les protagonistes prennent part à un périple à travers les ravissantes, mais ruisselantes, sylves scandinaves au milieu d’un Danemark presque désert.

Au lieu d’une horde de zombies ou de vampires, The Rain a choisi de mettre en scène une nature meurtrière et nous offre une prise de conscience sur les moyens dont elle dispose pour nous faire face à l’heure où le réchauffement climatique est encore un sujet de débat. De ses décors à couper le souffle au suspense parfaitement maîtrisé, The Rain émerveille et terrifie mais accuse des personnages trop stéréotypés et un scénario presque né de la dernière pluie.

Taux de positivité : 🦠🦠🦠

À voir sur Netflix.

#4. Épidémie

Quand un virus d’origine animale ressemblant à la grippe menace la population montréalaise, il revient au Dr Anne-Marie Leclerc, directrice du Laboratoire d’urgence sanitaire, de faire face à cette crise sanitaire alors qu’elle traverse en parallèle une crise personnelle. Des communautés itinérantes inuites aux habitants du centre-ville, Épidémie n’épargne personne et dresse l’itinéraire d’individus ne partageant rien en commun mais faisant face à la même menace.

La série québécoise étonne et détone par la justesse de son scénario, devenu troublant de réalisme lorsque le Covid-19 a commencé à faire parler de lui au même moment que la série. La façon dont le virus se propage, les pressions sur le système hospitalier et les enjeux sociaux derrière une crise sanitaire, les scénaristes ont ratissé large pour un résultat aussi inquiétant que la réalité. On regrettera cependant un début qui traîne en longueur et les aléas sentimentaux des protagonistes se greffant mal à l’intrigue. Malgré une première saison saluée par la critique, l’annonce d’une seconde saison se fait autant attendre que mon vaccin contre le Covid-19.

Taux de positivité : 🦠🦠🦠

À voir sur TVA+.

#3. The Hot Zone

Commandée par National Geographic, Hot Zone est au départ un article du New Yorker paru en 1992 puis un livre sorti en 1994 né de la plume de Richard Preston. La mini-série adaptée de ce livre revient sur une histoire vraie : la fois où le virus Ebola a failli se répandre aux États-Unis en 1989. Quand un virus dont il n’existe toujours aucun remède décime des singes ramenés du Zaïre et risque d’être libéré d’un laboratoire situé à 30 kilomètres de Washington, la biologiste Nancy Jaax fait appel à son mentor Wade Carter, un des premiers témoins des ravages d’Ebola en Afrique ostracisé par la communauté scientifique.

La production confiée à une équipe comprenant Kelly Souders et Ridley Scott parvient à faire de ce thriller sanitaire une réussite en termes de suspense. Hot Zone est une série anxiogène, angoissante, qui va nous rappeler à quel point les gestes barrières sont précieux en temps de pandémie. On est dans l’horreur, sans le gore. La formule fonctionne malgré les critiques de la communauté scientifique autour du livre de Richard Preston, qui lui ont reproché d’avoir misé sur le sensationnalisme plutôt que sur le réalisme dans son récit.

Taux de positivité : 🦠🦠🦠🦠

À voir sur Salto.

#2. The Walking Dead

La fiction d’horreur de Frank Darabont et Robert Kirkman qui devrait bientôt toucher à sa fin fait partie des séries les plus vues de l’histoire. The Walking Dead nous emmène sur les pas de Rick Grimes, shérif du comté de Kings qui sombre dans le coma pour se réveiller ensuite dans une Amérique profonde, ravagée par une épidémie qui a transformé les humains en morts-vivants. Fort de son charisme de shérif, Rick prend la tête d’un groupe de rescapés et les aide à faire face aux zombies mais aussi à d’autres humains bien plus cruels.

Acclamée par la critique qui voit là la série la plus terrifiante de l’histoire, The Walking Dead verse dans le gore à outrance sans parvenir à nous faire détourner nos yeux de la suite. En usant de la tension et des émotions fortes, la série titille constamment notre corde sensible et a su faire preuve d’intelligence en ne s’arrêtant pas à une simple opposition humains vs zombies. Même en pleine apocalypse, l’homme est un loup pour l’homme. The Walking Dead a su tirer le meilleur de cet adage.

Taux de positivité : 🦠🦠🦠🦠🦠

À voir sur Netflix, OCS et MyCanal.

#1. Kingdom

Pour sa première production sud-coréenne, Netflix a fait le pari audacieux de miser sur une énième série sur les zombies, un genre destiné à disparaître de nos écrans. Mais Kingdom a su redonner un second souffle à ces cadavres ambulants dans tous les sens du terme. Dans la Corée de la période Joseon, le roi est cloué au lit par une mystérieuse maladie et personne n’est autorisé à lui rendre visite. Pas même le prince héritier Lee Chang, qui va outrepasser l’interdiction et découvrir avec horreur que son père s’est changé en une créature noctambule avide de chair fraîche. Sur fond de grogne populaire et de guerre des trônes, une nouvelle épidémie s’apprête à ravager la Corée et Lee Chang doit mener l’enquête sur cette maladie.

En matière de thriller, on n’a jamais été déçu par les Coréens et ce nouveau bijou qu’est Kingdom est un autre exemple de leur savoir-faire. Mêlant avec ingéniosité la série d’horreur avec le sageuk (drame historique coréen se déroulant avant ou pendant la période Joseon), la série adaptée de la BD en ligne The Kingdom of the Gods de Kim Eun-hee épate autant les néophytes que les vétérans du genre. Plus qu’une histoire d’épidémie, on apprécie ce récit d’un royaume maudit qui mélange avec brio horreur et comique. Enfin, on applaudit la performance des acteurs, de Ju Ji-hoon dans la peau du prince héritier et de Bae Doona dans celle de la médecin Seo-bi.

Taux de positivité : 🦠🦠🦠🦠🦠

À voir sur Netflix.

Et aussi : See, Boca a Boca, 12 Monkeys, Survivors, Z Nation, The Strain, Fortitude, Pandémie.

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