AccueilCritique

En saison 3, Cobra Kai est un kick de nostalgie toujours plus exaltant

Publié le

par Adrien Delage

Ⓒ Netflix

L'affrontement intemporel entre Johnny Lawrence et Daniel LaRusso continue de briller par sa sincérité d'écriture.

Saga culte des années 1980, ranimée (sans grande réussite) une première fois en 2010 avec Jackie Chan, la suite de Karaté Kid est désormais une série Netflix. Cobra Kai est pourtant née en 2018 en toute discrétion sur YouTube premium, avant d’exploser l’année dernière grâce à son rachat par la plateforme de streaming. Depuis, les aventures de Johnny Lawrence, Daniel LaRusso et leurs élèves respectifs passionnent des millions d’abonnés à travers ses thèmes forts et générationnels : la nostalgie, l’héritage et la quête de rédemption.

Dans cette troisième saison, marquée par la blessure de Miguel, Johnny et Daniel abandonnent leur dojo pour faire face aux conséquences de leurs enseignements. Cobra Kai tombe entre les mains du terrible Kreese, pendant que son ancien élève tente de se racheter auprès de Robbie et son fils spirituel, Miguel. De son côté, Daniel doit faire face au traumatisme de Samantha, chamboulée depuis son affrontement violent avec Tory, tandis que sa concession est mise à mal par un concurrent sans foi ni loi. Pour affronter cette situation, Daniel va embrasser son passé, et celui de M. Miyagi, tandis que John devra à jamais faire une croix dessus pour empêcher son sensei de détruire tout ce qu’il a bâti.

La grue contre le serpent

Ⓒ Netflix

La saison 3 de Cobra Kai est marquée par une idée géniale et ô combien attendue par les fans : l’union entre Johnny et Daniel. Après s’être affrontés toute la saga et pendant les deux premières saisons, les rivaux décident de s’allier temporairement pour résoudre leurs problèmes et venir en aide à Miguel et Robbie. William Zabka et Ralph Macchio, leurs interprètes, possèdent une alchimie palpable à l’écran, bien aidée par une virée rock’n’roll dans les quartiers chauds de Los Angeles. Leur complicité met clairement en avant les deux qualités principales de la série, à savoir son humour attendrissant et ses doses d’émotions bien jaugées.

Évidemment, le spin-off se concentre avant tout sur la trajectoire de Johnny Lawrence, dont le KO technique ouvrait Cobra Kai dès son premier épisode. Loser attachant et boomer hilarant, le sensei de Miguel entre cette fois dans une partie bien plus émouvante de sa vie. Johnny débute une quête de rédemption afin de trouver en lui un rôle qu’il n’avait jamais vraiment tenu : celui du père, à la fois pour son fils Robbie et pour ses élèves de karaté. Bouleversant à plusieurs reprises, William Zabka insuffle à son personnage une forme de naïveté et de sincérité qui pardonne à la série ses intrigues souvent cheesy voire clichées, et nous permet de suivre un antihéros aussi drôle que touchant.

La seconde force de cette troisième saison s’appuie sur la nostalgie de la saga pour les fans. C’est le moteur de la série depuis ses débuts, mais les scénaristes plongent davantage dans les opus de 1986 et 1989 pour réveiller les peurs et les désirs de nos héros. Ainsi, on assiste au retour de Kumiko, Chozen et même au passé de Kreese dans des flash-back sur la guerre du Vietnam, afin de mieux saisir l’univers Karaté Kid dans son intégralité. Là encore, l’écriture parfaitement équilibrée de Cobra Kai, entre nostalgie et bienveillance, nous convainc que ce spin-off est pavé de bonnes intentions, et s’affirme comme un divertissement intelligent et plein d’amour pour ses personnages.

Ce kick de nostalgie couplé à une narration feel good font de Cobra Kai une œuvre encore plus réjouissante et attachante que l’originale. Elle repose sur une base simple – la dualité entre les deux hommes et leurs dojos respectifs – qui contamine ensuite leurs élèves, mais sans jamais trahir son concept de zénitude. Cobra Kai est une série qui nous fait du bien, adepte du lâcher-prise et d’émotions honnêtes de la part de ses créateurs et de ses acteurs épris pour une saga qui se bonifie avec le temps. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour que son passage sur Netflix ne ternisse pas ses bons sentiments, l’œuvre de niche étant déjà devenue un show populaire, et donc potentiellement sensible à la facilité scénaristique.

Les trois premières saisons de Cobra Kai sont disponibles en intégralité sur Netflix.

À voir aussi sur biiinge :