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De Sex Education à Genera+ion, 5 séries queer et engagées

Publié le

par Ana Corderot

Focus sur cinq séries qui prônent, d’une manière singulière, la libération des corps, des genres et des relations.

#1. Sex Education

Capture d’écran (© Netflix)

Création originale de Netflix, Sex Education a beaucoup fait parler d’elle, pour de bonnes raisons. En effet, la série de Laurie Nunn aborde avec finesse, humour et modernité les préoccupations de la jeunesse. On y suit une bande d’adolescent·e·s en pleine construction de leur identité et sexualité. Parfois en mal d’amour ou en manque de reconnaissance, ils apprennent, grâce aux conseils avisés du psychologue en herbe Otis, à découvrir ce qu'ils et elles aiment et désirent. 

À travers une représentation touchante et amusante de lycéen·ne·s en quête de sensations et de sentiments, Sex Education met à mal les tabous autour de la sexualité. Elle met en scène des amours naissants, gays, bi, lesbiens ou hétéros avec beaucoup de tendresse et de sensibilité. Elle arpente les chemins sinueux de leur vie sentimentale, sublime la découverte de leur corps et de leurs plaisirs sexuels, en prenant toujours soin, d’y apporter une touche d'humour. 

À voir sur : Netflix

#2. Pose

© FX

Création du maître Ryan Murphy, la grandiose Pose met en lumière des communautés encore trop mises en marge par notre société. Elle éclaire ici des personnages issus des ballrooms et de la scène queer dans le New York des années 1980. À cette époque, l’épidémie du sida commence à faire des ravages au sein de la communauté LGBTQ+, et les protagonistes doivent alors jongler entre les paillettes du voguing et l’horreur du virus.

Portée par de merveilleuses actrices transgenres, comme Mj Rodriguez (Blanca Evangelista) ou encore la solaire Indya Moore (Angel Evangelista), Pose donne une visibilité aux minorités transgenres, qui en ont terriblement besoin. Toute la beauté et la puissance de cette série résident dans sa manière de dépeindre des personnages singuliers, tels qu’ils sont et sans compromis. La volonté de s’extraire des cases est plus forte que tout, et passe par cette furieuse envie de vivre, d’aimer et de danser en totale liberté.

À voir sur : Canal+ 

#3. It’s a Sin

© Canal+/Channel4

Sublime création de Russell T Davies – créateur de la révolutionnaire Queer as folk ou de la récente Years and Years –, It’s a Sin prend place dans le Londres raciste et homophobe des années 1970 à 1980. Pourtant, une partie de sa population vit en totale harmonie avec les diversités et s’enivre dans des clubs underground. C'est le cas notamment du groupe d’ami·e·s que l'on suit durant la série. Malmené·e·s par les mœurs de l’époque, ils et elles vont devoir faire face au virus qui les décimera.

It’s a Sin est un portrait réaliste et émouvant d’une génération flamboyante dont les ailes ont été brûlées par le sida. La mini-série dépeint avec une grande bienveillance et beaucoup de sensibilité, des visages et des personnages issus du monde LGBTQ+, aussi courageux qu’époustouflants. Elle prouve que jamais plus il ne faudra culpabiliser de vivre pleinement en s’assumant. Exister, s’aimer, c’est réellement ça la clef.

À voir sur : Canal+

#4. Fluide

© Arte

Comme son nom l’indique, la nouvelle création d’Arte, Fluide, fait l’éloge de la fluidité au sein des relations, des genres et des émotions. Ici, il s’agit de se défaire de toutes les contraintes hétéronormées ou de toutes les injonctions que notre société peut imposer : à savoir sur ce que devrait signifier la féminité ou la masculinité. Car oui, un homme peut pleurer à chaudes larmes ; non, une femme n’est pas hystérique quand elle s’énerve, et bien d’autres encore.

Dans cette série de dix épisodes, conçus comme des vignettes du quotidien, on suit deux couples qui, par la force des choses, continuent de se chercher. Par exemple, un des personnages, Emma, pourtant en couple avec un homme qu’elle aime éperdument, désire une femme. De cette façon, la série explore et interroge les limites du polyamour. Elle nous montre aussi que nous ne sommes pas tous systématiquement constants et qu’il est normal d’aller vers des horizons que nous ne pensions pas découvrir. D'une certaine manière, la création Arte nous prouve que nous sommes tou·te·s fluides puisque nous évoluons constamment.

À voir sur : Arte

#5. Genera+ion

Capture d’écran (© HBOMax)

Miroir de la génération Z, la nouvelle série d’HBO Max nous montre avec sensibilité et poésie les préoccupations des jeunes d’aujourd’hui. La série suit une bande de lycéen·ne·s, dans un décor californien, en proie aux angoisses existentielles de leur âge. On fait, entre autres, la connaissance du superbe Chester (Justice Smith, vu dans The Get Down), personnage extravagant, qui n’a pas peur de transgresser les règles pour affirmer sa queerness, ou encore Martha (Haley Sanchez) et Nathan (Uly Schlesinger), qui ont du mal à avouer leur homosexualité ou bisexualité.

Dans Genera+ion, la représentation des communautés est plus qu’assumée, elle est cœur même de l’intrigue. Tout réside d’ailleurs dans son nom : le "+" renvoie à celui de LGBTQIA+. Véritable ode à la diversité et à l’acceptation de tous les corps, origines et acceptations confondues, ce n’est pas un hasard si la série compte parmi ses producteurs exécutifs Lena Dunham. Engagée dans la cause féministe, on se souvient de la manière, aussi pure que crue, qu’elle avait de montrer les personnages de Girls face à leur plus grand désarroi ou dans leur profonde intimité. De façon assez similaire, Genera+ion se conçoit comme une sorte de tableau contemporain du spleen adolescent. La violence de leurs maux peut sembler contraster avec la photographie de la série, aux teintes douces, poudrées et délicates. Pourtant, les deux se marient parfaitement et dévoilent, avec force, toutes les émotions des personnages.

À voir sur : HBO Max

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