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Joseph Gordon-Levitt explore la crise existentielle dans Mr. Corman

Publié le

par Marine Pérot

©AppleTV+

Bienvenue dans la tête d’un millennial au bord de la dépression.

La notion de crise ou même d’angoisse existentielle n’est pas quelque chose d’évident à mettre en scène à l’écran. Pourtant, c’est le défi que s’est lancé Joseph Gordon-Levitt avec Mr. Corman, diffusée sur Apple TV+ depuis le 6 août dernier. Créateur et acteur principal de la série, il se glisse dans la peau de Josh Corman, prof en primaire et trentenaire ordinaire qui, face à une lassitude profonde, commence à remettre sa vie en question. Josh n’a pas de raison de se plaindre ou d’être malheureux. Il l’admet lui-même, il mène une existence satisfaisante qui n’a pas de raison de lui causer du souci.

Néanmoins, ses frustrations et ses angoisses sont là, et Josh ne peut s’empêcher de se demander ce qui ne va pas chez lui. Plus on passe de temps dans sa tête et dans sa vie, plus on se rend compte que Josh est à la recherche de quelque chose qu’il n’arrive pas à articuler, et c’est cette quête de chamboulement qui aide la série à ne pas s’enliser dans une simple observation de l’état d’esprit de son personnage principal.

Combattre la monotonie de la vie

C’est en explorant le malaise de ce millennial à travers le prisme du surréalisme que Mr. Corman parvient à approfondir son sujet. Si, sur ses trois premiers épisodes, la série peut parfois filer le bourdon, c’est dans son exécution qu’elle trouve le moyen d’être surprenante. L’influence du cinéma indépendant et de réalisateurs comme Michel Gondry se fait ressentir. Avec des séquences surréalistes, Joseph Gordon-Levitt, également scénariste et réalisateur de plusieurs épisodes, démontre qu’il est un créateur ambitieux et imaginatif. Entre images kaléidoscopiques ou encore une séquence musicale sur décor en papier mâché, la série parvient à donner un souffle rafraîchissant à son sujet.

© AppleTV+

C’est cette créativité au sein d’une narration profondément ordinaire qui parvient à donner à Mr. Corman un côté captivant et à sortir son spectateur de la torpeur dans laquelle se trouve Josh.

Cependant, la série n’est pas sans défauts. Face à cet homme blanc, qui certes est conscient de ses privilèges mais ne les questionne pas plus que ça, on ne peut s’empêcher de se demander si tout ceci en vaut bien la peine. Josh, sans être une pourriture, est un personnage qui est difficile à apprécier tant son éternel tendance à se morfondre peut donner envie de lui donner une bonne claque sur le nez. Si tout ce que l’on gagne à passer du temps auprès de lui, c’est d’être renvoyé à nos propres angoisses, il y a de quoi vouloir éteindre la télévision ou passer à une série moins nombriliste.

En somme, Mr. Corman vaut le coup d’œil, mais ces trois premiers épisodes ont du mal à totalement convaincre. La série, qui se veut une dramédie, parvient effectivement à parsemer un peu d’humour çà et là, déborde de bonnes idées et a la capacité de développer un véritable propos. Reste à voir si le reste de la saison explorera la monotonie de la vie avec un peu plus de panache et apportera à son personnage central une véritable évolution.

Mr. Corman est actuellement disponible sur Apple TV.

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