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Katy Keene : le spin-off de Riverdale est trop sirupeux pour son bien

L'univers des Archie Comics s'étend davantage avec une deuxième série dérivée explorant un New York digne des contes de fées.

Que les super-héros de l’écurie Marvel tremblent ! Le MCU, c’est démodé. L’heure est venue de célébrer le RCU, soit le Riverdale Cinematic Universe (un terme totalement inventé, on l’avoue). Année après année, l’univers d’Archie Comics prend ses aises et se décline, spin-off à l’appui. On a eu Les Nouvelles Aventures de Sabrina, première série dérivée à tendance horrifique qui continue son bout de chemin chez Netflix. Depuis peu, on peut se ruer sur Katy Keene, deuxième proposition de la CW qui se place, à bien des égards, aux antipodes de la série mère.

Croisée dans un récent épisode de Riverdale et vendue comme une amie de Veronica, Katy Keene est une prodige de la mode qui tente de percer à la Big Apple. Bien qu’elle bosse dans une galerie prestigieuse de la métropole, elle est faite pour autre chose : concevoir des vêtements. À ses côtés pour la soutenir : K.O, son boyfriend passionné de boxe, Jorge, son colocataire danseur avec Broadway dans le viseur, et enfin Pepper, une it girl au carnet d’adresses bien rempli. Dès le pilote, une nouvelle personne vient s’ajouter à ce petit groupe : Josie McCoy, l’ex-Pussycat venue dans l’espoir de propulser sa carrière musicale fissa. C’est ainsi que le lien avec Riverdale est solidifié.

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Mais au-delà du pont que représente le personnage de Josie entre les deux séries, Riverdale et Katy Keene n’ont pas grand-chose à voir l’une avec l’autre. La première dissemblance notable est, forcément, la tonalité. Avec son dynamisme inspirant, Katy Keene se présente comme une fiction ayant fait de l’optimisme son credo : Katy est une héroïne pétulante à souhait, que rien n’arrête, à l’instar de ses potes qui jouent de stratagèmes pour arriver à leurs fins. Le message global est clair, bien que très simpliste : ne baisse jamais les bras. Alors que du côté de Riverdale, on mise sur une atmosphère thriller quasi permanente, on opte plutôt ici pour un teen show édulcoré au possible.

Cohérence oblige, cette légèreté ambiante se répercute sur l’esthétique de ce pilote. Exit l’éclairage clair-obscur et le côté tamisé qui prédominent chez Riverdale, son spin-off préfère donner dans des couleurs vives et une luminosité qui l’est presque tout autant. Le point de convergence entre les deux séries, c’est leur réalisation, minutieuse et soignée comme jamais pour une petite série de network, en particulier la CW.

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Maintenant, en tant que série indépendante, Katy Keene fonctionne-t-elle ? En vérité, tout dépend de votre degré de cynisme. On est rarement tombés sur une série aussi volontairement naïve, laissant croire que tout problème peut être réglé avec facilité. L’exemple parfait ? Dans le pilote, Josie se rend à Washington Square et pousse la chansonnette avec une sans-abri. La foule s’amasse en deux-deux, la jeune femme s’éclate. Puis, alors qu’elle s’apprête à partir, Josie se fait accoster par un homme ô combien charmant… qui s’avère bosser pour une maison de disques. Quel plot twist imprévisible ! On se croirait dans un monde façon Macron, où il suffit de traverser la rue pour dénicher un job. C’est magique.

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Magique pour certains, mièvre pour d’autres. Katy Keene se donne des airs de conte de fées tant les problèmes de ses personnages n’en sont pas et leurs pseudo-résolutions sont d’une improbabilité sans nom. Pour peu qu’on soit d’un naturel blasé et/ou allergique à tout ce qui est un peu trop mielleux, le seul visionnage de ce spin-off peut créer un ulcère. Impossible de ne pas lever les yeux au ciel à plusieurs reprises face à ce premier épisode vraiment poussif, on vous met au défi.

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Malgré tout ça, si l’on a envie de s’évader de notre réalité morose de 2020, il faut bien reconnaître que Katy Keene s’impose comme une œuvre bienveillante, aux intentions louables, soignée et doucement engagée (le personnage de Jorge se mue en drag-queen de temps à autre et est déterminé à faire bouger les lignes du genre). Lucy Hale, ex-menteuse de Pretty Little Liars, est comme un poisson dans l’eau dans une série qu’on jurerait faite sur mesure pour elle. On pourrait souhaiter que ce spin-off devienne moins gnangnan avec le temps et s’ancre davantage dans la réalité, mais ce serait lui enlever son côté pittoresque qui, une fois le choc initial passé, finit par séduire.

Katy Keene est diffusée sur la CW outre-Atlantique depuis le 6 février 2020, et reste inédite en France.

Par Florian Ques, publié le 11/02/2020