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Love 101, le nouveau teen drama turc de Netflix à la croisée entre Skins et Glee

Il s'agit de la troisième série turque de la plateforme.

Pour sa troisième production originale turque, Netflix se fraye un chemin vers le succès et produit un teen drama à la croisée entre Skins et Glee, en plus consensuel.

Il fallait bien une petite polémique pour assurer son lancement. Un tweet (mensonger) annonce la présence d’un personnage gay dans la série et suscite la mise en garde du Haut Conseil de l’audiovisuel turc. Beaucoup de bruit pour rien, me direz-vous. Pas tout à fait, puisque cette sortie belliqueuse colle très bien aux thématiques de la série. Love 101 (Aşk 101, en version originale) nous renvoie, comme une claque, à la fin des années 1990, une période où l’éducation positive n’avait pas vraiment cours. Adultes et ados ne vivent alors que dans la confrontation.

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Ça commence dès le pilote, sans tergiversations. Cinq jeunes, plutôt bourgeois, font la loi dans leur lycée jusqu’au climax de la rébellion : un fight géant en plein concours d’élocution, accompagné d’un départ de feu sur scène. Pourtant, derrière ces personnages de durs à cuire se cachent de tendres petits chatons en mal d’amour. En huit épisodes d’une durée de 35 à 45 minutes, ils vont apprendre à faire copain-copain sans sortir les griffes.

Meriç Acemi n’en est pas à son premier job de scénariste. On retient notamment son travail sur Kiralik Aşk (Amour à louer), une comédie romantique plusieurs fois récompensée en Turquie. Avec Love 101, on retrouve encore cette inspiration très fleur bleue. Le flash forward, par exemple, censé réunir tous les personnages 20 ans après, est lourd et inutile. La scénariste réussit tout de même à quitter les clichés de la telenovela en s’attaquant à l’identité en questionnement au moment de l’adolescence. Ce fil rouge fonctionne bien, parce qu’il se décline en plusieurs dimensions.

Au sein de la cellule familiale, les images sont percutantes. Nos jeunes anti-héros luttent contre les schémas et les espoirs familiaux. Kerem, joueur fougueux de basket-ball cherche à s’affranchir de la violence patriarcale, mais il ne connaît pas d’autre solution que les coups pour s’en défaire. Eda, quant à elle, hésite entre un avenir tout tracé de femme au foyer et celui de designer graphique. Ici, la construction de l’individu au sein de la société invite à la contestation de l’autorité et on aime bien ça.

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Mais soyons honnêtes. La série est d’abord portée par les acteurs, qui ont chacun su développer des individualités fortes sans trop d’exagération. On ferme les yeux sur quelques haussements de ton pour faire monter la pression. Il faut saluer surtout l’interprétation du proviseur Necet, l’excellent Müfit Kayacan que l’on a découvert dans la série Bartu Ben. Son personnage se hisse à la hauteur de la puissance humoristique du principal Figgins dans Glee, avec un regard plus acerbe sur les étudiants, les "sheitan", comme il les appelle souvent. Ipek Filiz Yazici interprète également remarquablement bien Işik, la première de la classe au caractère tendre, entre drame et comédie.

À noter également une réalisation lisse et rythmée, signée Ahmet Katiksiz et Deniz Yorulmazer. On voyage à travers Istanbul, sur les rives du Bosphore, jusqu’à l’intérieur des foyers. C’est une jolie carte postale. On ne quitte d’ailleurs pas la série sans vouloir se commander böreks, ayrans et baklavas, en écoutant "Torn" de Natalie Imbruglia.

La première saison de Love 101 est disponible sur Netflix depuis le 24 avril.

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Par Willy Alliot Jacques, publié le 30/04/2020