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My Name, la nouvelle pépite sud-coréenne de Netflix

Publié le

par Nathanaël Bentura

Ⓒ Netflix

En huit épisodes, ce polar musclé nous immerge au sein de la pègre coréenne, sa violence et ses costumes de luxe.

Yoo Ji-Woo vient d’avoir 17 ans mais il n’y a rien à fêter. La lycéenne est harcelée par ses camarades et suivie par la police où qu’elle aille. La raison : son père est un gangster en cavale, un ponte de la pègre locale. Lorsque ce dernier est tué sous les yeux de sa fille, c’en est trop. Ji-Woo décide de tout quitter pour rejoindre Dongcheon, le gang de son père, et retrouver son meurtrier, mais Choi Mu-Jin, le chef de la pègre, a d’autres projets pour la fille de son plus proche ami : lui faire intégrer les forces de polices et infiltrer la brigade des stups. Ce serait peut-être le meilleur moyen pour Ji-Woo d’accomplir sa quête car l’arme qui a tué son père appartient à la police.

Castagne et plan-séquence

Ⓒ Netflix

C’est donc une histoire de vengeance, sur fond de trafic de drogue et de guerre des gangs. Rien de très original à première vue et pourtant, My Name se révèle être d’une efficacité redoutable. La série de Kim Jin-min assume l’influence des canons du film noir sud-coréen, de Park Chan-wook (Oldboy) à Kim Jee-woon (J’ai rencontré le Diable) en passant par Na Hong-jin (The Chaser, The Murderer). Le cinéma sud-coréen est connu pour ses thrillers d’action musclés. My Name ne déroge pas à la règle et déploie une maîtrise impressionnante dans les chorégraphies et la mise en scène de ses affrontements. Au couteau, à la matraque ou à mains nues, le spectateur ressent chaque coup porté comme dévastateur et ne peut s’empêcher de frissonner tant ils semblent réalistes et palpables. Ces scènes, véritable atout de la série, sont d’une fluidité et d’une inventivité remarquables, limitant les coupes et osant parfois le plan-séquence pour souligner la qualité des chorégraphies.

Ji-Woo, la protagoniste interprétée par Han So-hee, se retrouve plongée dans ces milieux très masculins et virils, la pègre et la police, et doit travailler deux fois plus pour s’y affirmer. Elle le fait d’abord à la force de ses poings puis en faisant preuve d’une loyauté sans faille envers Choi Mu-Jin. Cela crée de fortes tensions, notamment lorsque la police s’attaque à Dongcheon. Ji-Woo doit mener l’affrontement avec ses collègues mais aussi défendre son gang tout en évitant de mettre sa couverture en péril. La pression qui gagne tous les personnages est communicative et finit par se transmettre au spectateur lui-même. Tout cela se suit avec grand plaisir tant le scénario est finement ciselé.

L’intrigue de My Name est riche de sous-intrigues qui laissent parfois la vengeance initiale de côté, mais le but de la série n’est pas seulement de montrer le parcours initiatique de Ji-Woo. Celui-ci est par ailleurs éclipsé assez rapidement pour laisser la guerre des gangs – véritable enjeu du milieu de saison – se déployer. Celle-ci concerne Dongcheon et un nouveau parrain, dont le destin est lié à celui de Ji-Woo. Cette partie, certes moins intéressante, permet de faire éclore un personnage aussi cruel que charismatique et crée une belle transition vers une fin de saison riche en rebondissements.

La première saison de My Name est disponible en intégralité sur Netflix.

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