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Never Have I Ever est la comédie ado feel good dont on avait besoin

Prévisible mais divertissante, la dernière série de Mindy Kaling est une bulle d'optimisme qui fait du bien au moral.

Révélée sous les traits de la très bavarde Kelly Kapoor dans The Office, Mindy Kaling s’est depuis fait un petit nom pour ses travaux derrière la caméra. Bien qu’elle ait hérité d’une certaine reconnaissance avec The Mindy Project dont elle était aussi la star, la principale intéressée s’est gentiment vautrée avec les séries qu’elle a cocréées par la suite : Champions et l’adaptation de Quatre mariages et un enterrement (laquelle ne nous avait pas tellement convaincus). Mais elle revient à la charge avec un nouveau projet, cette fois-ci en collaboration avec Netflix, et le résultat est nettement plus satisfaisant.

Librement inspirée des propres expériences de Mindy Kaling, Never Have I Ever se présente comme une comédie ado centrée sur Devi Vishwakumar, une étudiante de seconde qui se donne un objectif bien défini pour l’année scolaire à venir : pécho Paxton Hall-Yoshida, le joueur de basket populaire du lycée (forcément). Elle embrigade alors ses meilleures amies, Eleanor et Fabiola, deux nerds assumées comme elle, dans sa quête. Mais tout ne se passera évidemment pas comme prévu, surtout pas avec sa mère, très stricte et attachée aux traditions indiennes de leur famille, qui surveille ses moindres faits et gestes.

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Composée de seulement dix épisodes, cette série se situe dans la lignée de Booksmart, le long-métrage brillant d’Olivia Wilde, dans le sens où elle se focalise sur un archétype habituellement masculin (celui du nerd qui veut s'envoyer en l'air) pour le tourner à la sauce féminine. Clairement, ici, ça fonctionne. Les trois potes de Never Have I Ever ont beau arborer les caractéristiques du cliché qu’elles incarnent, elles deviennent vite beaucoup plus que ça.

Dès son premier volet, Never Have I Ever s’impose comme une échappatoire solaire face à la morosité des temps actuels. Fraîche et parsemée de répliques qui font mouche çà et là, son écriture nous positionne d’emblée dans une sorte de cocon bienveillant. Sa légèreté de surface est néanmoins trompeuse puisque la série se pare d’un sujet plutôt austère en filigrane, à savoir le deuil. Cela dit, la mort du père de Devi plane sur l’histoire au gré des épisodes sans jamais plomber l’atmosphère générale, prouvant qu’une thématique aussi pesante peut être traitée avec sérieux, mais aussi par le biais de l’humour.

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Dans sa tonalité générale, Never Have I Ever fait écho à d’autres comédies ado du même acabit, comme Awkward ou encore Faking It. Et si cette dernière faisait déjà des efforts en termes d’inclusivité, la série de Mindy Kaling et Lang Fisher place la barre encore plus haut avec une héroïne indienne donc, ce que l’on voit rarement sur le petit écran. Heureusement, les origines de Devi ne sont pas anecdotiques et sont bien ancrées dans le récit, en témoigne un quatrième épisode stellaire où le rapport complexe qu’elle entretient avec la culture hindoue est exploré.

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Mais au-delà de la diversité à l’écran qui détonne de ce qu’on peut voir habituellement dans le même genre, la série peine à être réellement innovante. La vie sentimentale de Devi, qui s’étale tout au long de sa saison en proposant un triangle amoureux ô combien familier, est cousue de fil blanc. En prime, les intrigues périphériques sont d’une prévisibilité plus ou moins équivalentes, donnant un arrière-goût de déjà-vu à la série qui persiste jusqu’au season finale, lui aussi terriblement attendu. On déplorera aussi le traitement accordé au seul personnage gros de Never Have I Ever, Eric, malheureusement dépeint comme un loser porté sur la nourriture – une vision peu nuancée assez décevante.

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Pour peu qu’on mette ces bémols de côté, le visionnage de Never Have I Ever s’avère des plus appréciables, en partie grâce à l’alchimie entre les différents membres du cast et au capital sympathie de Maitreyi Ramakrishnan dans la peau de Devi. Alors que l’état du monde actuel peut entraîner une certaine baisse de moral, la nouvelle série de Mindy Kaling est là pour nous redonner le sourire, voire carrément nous faire pouffer avec ses dialogues efficaces. Prévisible certes, mais grandement plaisante.

Par Florian Ques, publié le 28/04/2020