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Que vaut Call My Agent Bollywood, le remake indien de Dix Pour Cent ?

Publié le

par Nathanaël Bentura

©Netflix

Sortie fin octobre sur Netflix, Call My Agent Bollywood transpose l’intrigue de Dix Pour Cent au cœur de Bombay, en Inde. 

La série française la plus vue dans le monde fait des émules ! Alors qu’elle vient de recevoir le prix de la meilleure comédie aux International Emmy Awards, l’œuvre de Fanny Herrero a fait et fera l’objet de nombreux remakes : anglais, sud-coréen, chinois, canadien, italien, espagnol (oui, la liste est longue !). Et en attendant toutes ces nouvelles séries, la troisième déclinaison étrangère de Dix pour Cent a été mise en ligne sur Netflix le 29 octobre dernier. Après la version québécoise en 2019 et la turque en 2020, il s’agit de l’indienne, nommée Call My Agent Bollywood

Composée de six épisodes, l’intrigue reste la même. On y suit le quotidien de quatre agents d’acteurs au sein de ART (au lieu de notre ASK dans la version française), leur agence, dont le propriétaire vient de mourir et qui subit un contrôle fiscal au pire moment. Entre les coulisses de l’agence, son avenir houleux, les coups-bas entre collègues, des vies personnelles sacrifiées et la gestion des stars qui enchaînent les crises, le travail d’agent est loin d’être une partie de plaisir. Le résultat, sans être catastrophique, ne peut empêcher de décevoir et d’inquiéter quant au nombre astronomique de shows estampillés Call My Agent, prévus à travers le monde. 

Copie conforme

©Netflix

Si vous avez déjà vu la première saison de Dix Pour Cent, Call My Agent Bollywood ne sera pas une priorité pour vous. Les six épisodes reprennent point par point les péripéties de la série originelle, que ce soit du côté des agents ou des stars, qui, là encore, s’invitent le temps d’un épisode et tiennent leur propre rôle. Hormis le décor, ce remake indien ne dévie pas d’un iota de son modèle français. On retrouve sans surprises les quatre agents : Monty, le businessman, cruel et sans limites ; Amal, la grande gueule lesbienne ; Meher, le gaffeur attachant et Treasa, l’agente senior qui ne se sépare jamais de son chien, ainsi que leurs assistant·e·s. Notamment une, Nia, la fille cachée de Monty. 

Là où on aurait pu s’attendre a une version décomplexée, folklorique et haute-en-couleurs (à l’image du cinéma bollywoodien), Call My Agent Bollywood n’est qu’une pâle copie qui n’atteint jamais les sommets de son prédécesseur, une transposition plus qu’une véritable adaptation. Mal jouée et parfois mal mise en scène, cette première saison fait l’effet d’un ratage, produite à la va-vite pour profiter du succès encore vif de Dix Pour Cent. De plus, les guests de cette saison, stars de Bollywood, restent plutôt méconnus en France et ailleurs. Leur participation est donc destinée à régaler surtout les fans de productions indiennes. 

L’intrigue de cette version aurait gagné à partir sur de nouvelles bases, avec d’autres personnages, et d’autres situations, plus adaptées à l’industrie indienne et tout ce qui fait son sel : l’exubérance. Or, celle-ci est à peine esquissée lors des deux derniers épisodes. Clairement pas suffisant pour un public qui acclame les stars de Dix Pour Cent depuis 2015, et qui les a vu partir à la conquête du monde entier. 

La saison 1 de Call My Agent Bollywood est disponible en intégralité sur Netflix. 

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