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Spinning Out, ou quand Kaya Scodelario se met au patinage artistique

L'ex-star de Skins enfile son plus beau justaucorps pailleté dans une série ado qui, elle, scintille un peu moins.

Qui dit nouvelle année, dit aussi nouveaux teen dramas du côté de Netflix. On n’y peut rien, le géant du streaming semble bien déterminé à happer son cœur de cible avec des productions calibrées pour les adolescents et jeunes adultes. Preuve à l’appui avec Spinning Out, une série ado un peu particulière, dans le sens où elle nous ouvre les portes d’un univers peu connu et surtout peu montré en fiction : celui du patinage artistique.

Créée par la scénariste Samantha Stratton (Mr. Mercedes entre autres), qui est elle-même une ancienne pro du patin, Spinning Out braque ses caméras sur Kat Baker, incarnée par la seule et unique Kaya Scodelario, dont les sériephiles se souviennent pour son rôle phare dans Skins. À l’aube de la vingtaine, alors qu’elle est encore traumatisée après une chute grave, Kat se voit proposer une opportunité en or : booster sa carrière, alors au point mort, en tentant le patinage en couple. Mais pour ça, elle va devoir faire équipe avec Justin, un fils à papa pas très fiable.

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Dans les faits, la trame de Spinning Out est bien plus étendue que ça. En plus de devoir s’entraîner pour ce nouveau type de compétition, notre héroïne tourmentée doit composer avec une mère bipolaire en proie à des épisodes maniaques, des soucis d’argent, des garçons qui la courtisent, des rivalités aussi bien sur la glace qu’en dehors et, comme si ça ne suffisait pas, des problèmes d’automutilation qui seraient directement en lien avec le trouble bipolaire dont elle souffre également. Oui, quand on additionne le tout, ça fait un peu, beaucoup pour une personne.

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Et pourtant, c’est bien grâce à cette accumulation d’intrigues et de sous-intrigues qu’on ne s’ennuie pas. Sur les sept épisodes visionnés (sur dix au total), Spinning Out témoigne d’une narration rythmée, à défaut d’être toujours originale. Pour celles et ceux qui espéraient tomber sur un Black Swan du patinage artistique, c’est loupé. Bien que la série s’autorise des dérapages un peu sombres çà et là (notamment vis-à-vis des violences que s’inflige le personnage de Kat), elle reste un peu trop en surface et prévisible dans son ensemble, se muant trop souvent en soap intergénérationnel bas de gamme.

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Les enjeux professionnels ont beau occuper une place prépondérante au fil des épisodes, Spinning Out a tout de même une fâcheuse tendance à se focaliser sur des aspects triviaux, comme le trope bien connu du triangle amoureux dont la série aurait pu volontiers se passer. À bien des moments, la série en évoque une autre, Make It or Break It, soit une série ado des années 2010 qui narrait les émois de jeunes gymnastes de haut niveau. La recette est peu ou prou identique, si ce n’est que la série Netflix se permet un langage un peu plus fleuri et d’aller plus loin en termes d’intrigues matures.

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Bluffante en écorchée vive dans Skins, Kaya Scodelario ne signe pas ici la performance de sa vie. Elle se débrouille avec les moyens du bord, soit des dialogues pas toujours très fins et des développements narratifs qui laissent un goût amer de déjà-vu. Face à elle, January Jones, impeccable dans Mad Men, n’est pas non plus au summum de sa forme et peine à émouvoir dans des scènes qui, pourtant, ne demandent qu’à arracher quelques larmes. Mais son personnage, celui de Carol, la mère bipolaire de Kat, est autrement plus intéressant, et mérite qu’on s’y attarde.

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Bien que Spinning Out ait tout d’une série ado, ce ne sont pas ses teenagers qui intéressent le plus. Un peu comme Newport Beach avait pu le faire en son temps, le show traite les parents et adultes avec un discernement bienvenu. En plus de Carol, d’autres personnages parviennent alors à briller et offrir un peu d’originalité à une œuvre reposant en partie sur des stéréotypes : on pense à Mandy, une future mère rattrapée par une erreur de jeunesse, ou encore Dasha, la coach de Kat, elle aussi troublée par un passé tumultueux.

Pour peu qu’on fasse preuve de clémence, Spinning Out est un divertissement efficace, aidé par un récit cadencé et des personnages globalement sympathiques. Mais, au fond, on ne peut s’empêcher de se demander à quoi aurait ressemblé la série si elle s’était montrée plus audacieuse, que ce soit dans son scénario ou dans sa photographie. Ni bonne, ni (trop) mauvaise, Spinning Out est à l’image d’une grande partie du catalogue original Netflix depuis quelque temps : ça s’oublie presque aussi vite que ça se regarde.

La première saison de Spinning Out est disponible en intégralité sur Netflix.

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Par Florian Ques, publié le 07/01/2020