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De Band of Brothers à Taboo, célébrons la magnificence de Tom Hardy

On souhaite un très bon anniversaire à Tommy, qui souffle ses 42 bougies en septembre.

Pour certains, auteur de cet article compris, il est l’élu, le Néo des acteurs hollywoodiens de notre époque. Avec sa gueule de forban sur laquelle est inscrit "antihéros" et son corps d’Apollon, Tom Hardy sublime chacune de ses apparitions grâce à un charisme à toute épreuve. Glaçant dans le Dark Knight de Nolan, enragé dans Mad Max, héroïque dans Dunkirk, étrange dans Venom, l’acteur britannique a toutefois fait de nombreuses infidélités au grand écran pour le bonheur des sériephiles. Alors qu’il fête ses 42 ans cette année, revenons sur cinq de ses rôles majeurs de la petite lucarne afin de célébrer sa grandeur et son élocution gutturale si singulière et attachante.

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#1. Band of Brothers, 2001

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Au grand dam des cinéphiles, Tom Hardy entrera par "la petite porte" en tant qu’acteur en intégrant le casting du mastodonte de HBO du début des années 2000, Band of Brothers. À cette époque, il est loin d’avoir son physique de videur de boîte et apparaît comme un frêle soldat dans la série (il ne mesure qu’un mètre soixante-quinze !). Ce premier rôle symbolise à merveille la trajectoire que prendra sa carrière, à savoir l’essence de la masculinité, la virilité sans concession et des apparitions souvent… dénudées. L’homme exploite déjà son corps avant l’heure, quitte à jouer une scène de sexe sulfureuse dès sa première performance en tant qu’acteur.

La même année, il commence déjà à être catégorisé en tant qu’acteur au jeu physique en rejoignant le casting solide de La Chute du faucon noir. À travers ces deux premiers choix de carrière, sous le signe de la masculinité et du militaire, il est intéressant de souligner que Tom Hardy va à l’encontre de son destin. En effet, il descend d’une longue lignée d’artistes peintres irlandais dont sa mère avait repris le flambeau. Mais le jeune Edward, de son premier prénom, préféra s’envoler vers le Drama Centre de Londres pour y apprendre les ficelles du métier de comédien. En somme, Tommy a toujours été un rebelle dans l’âme.

#2. Meadowlands, 2007

©️ Channel 4/Showtime

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Oubliée dans nos contrées, Meadowlands (Cape Wrath dans sa version britannique) était un thriller sans prétention diffusé en 2007 sur Channel 4 en Angleterre et Canal+ en France. À cette période, la carrière de Tom Hardy n’a pas encore explosé (il faudra attendre Bronson de Nicolas Winding Refn et un certain Inception), mais il multiplie les rôles au cinéma et à la télévision. C’est aussi pendant ce laps de temps qu’il commence à prendre du muscle pour ses rôles, qui requièrent de manière inattendue des attributs physiques imposants.

En incarnant Jack Donnelly, l’homme à tout faire de la ville de Meadowlands, Tom Hardy confirme son talent d’interprétation pour les personnages mystérieux à forte dualité intérieure. Jack cache un côté démoniaque de sa personnalité à ses voisins, lui qui a séquestré puis tué une femme pendant son adolescence. Rien de très réjouissant donc, mais Tom Hardy excelle dans ce rôle de bad boy capable de péter un câble à tout moment. Malgré l’annulation de la série au bout d’une saison, l’acteur se fera remarquer pour interpréter le gangster Handsome Bob dans le RocknRolla de Guy Ritchie.

#3. The Take, 2009

Alors qu’Hollywood découvre sa carrure colossale dans Bronson, Tom Hardy prend les rênes de la mini-série The Take en 2009. Fort comme un bœuf après avoir incarné le criminel Charles Bronson, qu’il a véritablement rencontré en prison avant de s’emparer du rôle, l’acteur surprend et confirme son succès. Après une dizaine d’années passées dans le milieu, Tom Hardy a pris de la bouteille et renvoie une certaine assurance qui le rend imposant et le propulse sur le devant de la scène. En revanche, difficile de lui enlever son étiquette de méchant endurci qu’il trimballe du haut de ses épaules saillantes.

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Rebelote pour The Take, où il joue un sociopathe avide de devenir un baron du crime à sa sortie de prison. Pas franchement très bavard dans ses différents rôles, c’est vraiment à ce moment-là qu’il commence à remettre au goût du jour le gimmick du "mumble acting" qui lui vaudra parfois quelques critiques dans les années 2010. Norman Reedus, Kit Harington ou encore Henry Cavill lui doivent beaucoup et prouvent son influence sur une nouvelle génération d’acteurs amateurs des grognements et du jeu taiseux. À l’époque de The Take, il sera d’ailleurs acclamé par la critique pour avoir transcendé un archétype du bandit revanchard, maintes fois exploité dans les séries criminelles.

#4. Peaky Blinders, 2014-2017

Impossible de ne pas citer Peaky Blinders dans le parcours sériel de l’acteur, œuvre pionnière qui a lancé la tendance de ces productions dramatiques où la lumière s’est littéralement éteinte afin de souligner la noirceur de ses thématiques. Dans cette reconstitution du Londres des années 1920, Tom Hardy incarne une véritable enflure en la personne d’Alfie Solomons, le leader juif et impitoyable d’un gang de Camden Town. Mais cette fois, l’acteur n’est pas seulement la parodie d’une brute épaisse. Si Alfie Solomons est solide comme un roc, il est surtout défini comme un personnage imprévisible, calculateur et donc particulièrement intelligent.

Malgré ses brèves apparitions (dix épisodes en quatre saisons), Tom Hardy crève à chaque fois l’écran dans Peaky Blinders. Il faut reconnaître également que Steven Knight et ses scénaristes lui offrent des répliques pleines de jurons que l’acteur se délecte de déblatérer. Ce coup de foudre entre Tom Hardy et le créateur de Peaky Blinders va même prendre vie dans le nouveau projet foncièrement noir de l’acteur, qui finira de l’asseoir sur le trône du "mumble acting".

#5. Taboo, 2017-

En 2017 a été diffusée ce qui est probablement la série la plus opaque (littéralement) depuis la saison 1 de True Detective. Taboo est la quintessence du jeu physique de Tom Hardy et de l’univers qui entoure ses partitions ténébreuses. C’est son œuvre, celle qui symbolise les différents pans de sa carrière : des plans extrêmement froids et assombris (mais magnifiés par les douces éclaircies du chef opérateur Mark Patten), une histoire qui plante son décor dans une Angleterre en putréfaction, avec un antihéros bestial, virulent, ignorant le concept de la douche et en quête d’une vengeance sanglante. Le tout est saupoudré d’histoires d’amour incestueuses et de séances glauques de vaudou que pourrait envier Ryan Murphy. Et comme d’habitude, l’acteur se retrouve régulièrement à poil pour le plaisir des yeux.

Au milieu du sang et de la boue, Tom Hardy reste incroyablement sexy et, paradoxalement, brille de mille feux lorsque la lumière s’éteint. Il se complaît dans cette noirceur, envoûte à chacun de ses pas lourds quand il s’approche du cadre de la caméra et électrise l’atmosphère lorsqu’il commence à aligner plus de trois mots. Il faut aimer ce style dark, parfois over the top et d’une certaine manière égocentrique (le surnom officieux de la série est le "Tom Hardy show") pour apprécier le voyage dans le temps que propose Taboo, mais personne n’osera vous dire qu’il en est ressorti indemne.

©️ FX/BBC

Pour certains, Tom Hardy n’est rien qu’un acteur monolithique de plus. Mais pour ceux qui ont la bravoure de pénétrer son univers rembruni, c’est un pur génie du charisme corporel. Que ce soit quand il plisse ses yeux de corneille, grogne comme un Balrog en colère et se meut à la manière d’un homme de 120 ans, il parvient à nous séduire. Un charme brut qui représente autant sa force que sa faiblesse, mais qui continue de fasciner et de le rendre si magnétique à l’écran. Alors encore bon anniversaire Tommy, en entrant dans la quarantaine, ton charisme n’a pas pris une ride.

Par Adrien Delage, publié le 15/09/2017

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