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Unbelievable : l'histoire vraie qui a inspiré la série Netflix

L'art imite la vie.

C’est la série la plus importante de la rentrée. Sortie sur Netflix le 13 septembre dernier, Unbelievable raconte une affaire de viols en série auxquels la police n’a pas cru au début. Créée par Susannah Grant, portée par Toni Collette et Merritt Wever, le show a le grand mérite de replacer la victime au cœur de son récit, notamment la première, Marie Adler (Kaitlyn Dever), dont la vie a été doublement marquée par le viol subi, puis par la façon dont les autorités ont refusé de la croire, allant jusqu’à la poursuivre au tribunal pour "délit grave". L’effroyable rouage du victim blaming a finalement été stoppé, trois ans plus tard, par le travail d’investigation de deux détectives déterminées à attraper le criminel, qui a continué à frapper dans différents États, s’attaquant à tous types de femmes, avec de plus en plus confiance et de méthode. 

Cette histoire, pas si incroyable que cela, est basée sur une affaire réelle, exposée en détail par les journalistes T. Christian Miller et Ken Armstrong sur les médias ProPublica, une rédaction à but non lucratif qui enquête sur les abus de pouvoir, et The Marshall Project (un site de journalisme en ligne à but non lucratif, qui se concentre sur les questions liées à la justice pénale aux États-Unis). L’article, distingué par un Prix Pulitzer, revient sur la trajectoire de Marie, une jeune femme âgée de 18 ans qui affirme en 2008 avoir été violée par un homme, chez elle, au petit matin. Le visage caché par une cagoule noire, il la menace d’un couteau et la ligote. Puis prend des photos. Orientés par le passé complexe de Marie, enfant du système ayant grandi au sein de nombreuses familles d’accueil différentes, dont certaines abusives, les policiers de Lynnwood, Washington, vont rapidement penser qu’elle ment. D’autant que le témoignage semble sorti d’un mauvais thriller. Interrogée plusieurs fois, poussée à bout, la jeune femme finit par leur donner ce qu’ils veulent : elle se rétracte, et signe un document admettant qu’elle a menti. 

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(© Netflix)

Alors que la vie sociale de la jeune femme devient un cauchemar, entre les amitiés perdues, la perte de confiance avec ses proches, un traumatisme non-géré (son viol), et pour couronner le tout une poursuite de l’État contre elle, la détective Stacy Galbraith enquête à partir de janvier 2011 sur le viol d’une femme âgée de 26 ans. Elle écoute attentivement la victime, qui lui dit notamment : "Je pense qu’il a déjà fait ça." En cherchant dans d’autres villes du même État, le Colorado, si des cas de viols au modus operandi similaires avaient eu lieu, elle tombe sur la détective Edna Hendershot, qui travaille à Golden et a déjà œuvré sur une centaine d’affaires de viols au cours de sa carrière. Les deux femmes comparent leurs enquêtes et découvrent d’autres cas de viols non résolus possédant des similarités (attaques au petit matin, femmes ligotées, photographies…). Elles décident rapidement de joindre leurs forces. 

Vous l’aurez compris, dans la série, l’empathique Stacy Galbraith est incarnée par Merritt Wever tandis que l’expérimentée Edna Hendershot prend les traits de Toni Collette. Après 40 jours d’investigation, les deux femmes et leurs équipes, aidées du FBI, finiront par arrêter le violeur en série, Marc Patrick O’Leary. Très dur à confondre, cet ancien militaire faisait prendre des douches méticuleuses à ses victimes et était extrêmement précautionneux à ne laisser aucune trace d’ADN. Un an après son arrestation, en décembre 2011, il est reconnu coupable de 28 chefs d’accusation de viol et condamné à 327 ans et demi de prison, la peine maximale de l’État du Colorado. 

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La série de Susannah Grant est dramatisée mais reste très fidèle au déroulé de cette enquête qui prend des airs de véritable cas d’école, quand il s’agit d’enquêter sur des affaires de viols et agressions envers les femmes. Comme dans la série, Marie a reçu une compensation financière après avoir poursuivi sa ville. L’un des policiers de Lynnwood est venu lui présenter ses excuses. Ni lui, ni aucun autre de ses confrères, n’ont fait l’objet d’une enquête sur leur méthode de travail. 

Par Marion Olité, publié le 19/09/2019

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