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Kristin Davis dénonce l’âgisme et le sexisme dont sont victimes les héroïnes de And Just Like That

Publié le

par Marion Olité

©HBOMax

Leave Carrie, Charlotte et Miranda alone !

Ce n’est pas tous les jours qu’une série mondialement appréciée fait le buzz avec à sa tête quatre héroïnes cinquantenaires. Et c’est d’ailleurs le paramètre le plus passionnant de cette suite de Sex and the City. Lancée le 9 décembre dernier sur HBO Max, And Just Like That ne s’intéresse plus à des trentenaires sexy en pleine frénésie new-yorkaise, mais à des femmes ayant dépassé les 50 ans, à la façon dont elles comprennent (ou pas toujours !) la société actuelle, dont elles vivent leur sexualité, etc.

Forcément, ça dérange. Les réflexions âgistes doublées de sexisme ne se sont pas fait attendre, et Kristin Davis, qui en fait particulièrement les frais, n’en peut plus. Dans une interview accordée au média anglais Sunday Times, l’interprète a partagé son sentiment sur la façon dont son apparence et celle de ses partenaires féminines de jeu font l’objet de jugements constants sur les réseaux sociaux.

"Tout le monde veut faire des commentaires, pour ou contre, sur nos cheveux, nos visages, ceci ou cela. Le niveau d’intensité de tout cela était un choc… Je me sens en colère et je ne veux pas me sentir en colère tout le temps, alors je ne regarde pas. Mais je sais juste que c’est là.

C’est le problème avec les réseaux sociaux, vous ne savez pas ce que font ces personnes. Vous ne savez rien d'elles. Elles ne font que lancer des bombes sur vous. Ça me met en colère."

Kristin Davis est aussi revenue sur l’époque de Sex and the City qui n’était pas franchement meilleure en termes de réflexions sexistes, même si à cette époque, les réseaux sociaux n’existaient pas. En revanche, les médias sensationnalistes s’en donnaient à cœur joie. Elle se souvient :

"Chaque semaine, ils écrivaient des articles sur le fait que j’étais faite 'en forme de poire', ce que je ne considérais pas comme un compliment à l’époque. Cela me stressait beaucoup parce que je ne pouvais pas l’éviter. J’ai l’impression que c’est aussi le cas maintenant. Mais – et je vais être franche – j’ai envie de leur dire, 'allez vous faire foutre. Allez vous faire foutre les gens, venez ici et faites mieux'. Vous voyez ce que je veux dire ? Genre, vous faites quoi vous ?"

"Je sais à quoi je ressemble. Je n’ai pas le choix. Que vais-je faire à ce sujet ? Arrêter de vieillir ? Disparaître ?"

Des propos qui font écho à une interview de Sarah Jessica Parker accordée à Vogue en novembre dernier. L’interprète de Carrie Bradshaw résumait parfaitement le sentiment que, quoi qu’elles fassent, les stars de And Just Like That se feront de toute façon critiquer dans une société patriarcale, qui ne supporte pas de voir des femmes vieillir.

"Il y a tellement de bavardage misogyne autour de nous qui jamais. N’arriverait. À propos d’un. Homme. 'Cheveux gris, cheveux gris, cheveux gris. Est-ce qu’elle a des cheveux gris ?' Je suis assise aux côtés d’Andy Cohen, et il a une tête pleine de cheveux gris, et il est exquis. Pourquoi est-ce que c’est normal pour lui ? Je ne sais pas quoi vous dire les gens !

Surtout sur les réseaux sociaux. Tout le monde a quelque chose à dire : 'Elle a trop de rides, elle n’a pas assez de rides.' On a presque l’impression que les gens ne veulent pas que nous soyons là où nous sommes, comme s’ils appréciaient presque que nous soyons peinées par ce que nous sommes aujourd’hui, que nous choisissions de vieillir naturellement et de ne pas avoir une apparence parfaite, ou de faire quelque chose pour nous sentir mieux. Je sais à quoi je ressemble. Je n’ai pas le choix. Que vais-je faire à ce sujet ? Arrêter de vieillir ? Disparaître ?"

Malheureusement, aux dépens de ses actrices, And Just Like That a en tout cas le grand mérite d’ouvrir une conversation sur le sujet de l’âgisme et du sexisme dans notre société. Ces stars offrent au monde une représentation quasi inexistante pour les femmes cinquantenaires sur un écran. Et le fait que ces actrices n’hésitent pas à monter le ton en promotion, pour dénoncer la façon dont elles se font injustement critiquer quoi qu’elles fassent, n’y donne que plus d’ampleur.

La première saison de And Just Like That est diffusée sur Salto en France, le lendemain de la diffusion américaine. 

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