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Ce personnage de Game of Thrones aurait dû avoir un destin plus sombre encore

Publié le

par Marion Olité

©HBO

L’actrice Hannah Waddingham, qui incarne la terrible Septa Unella, est revenue sur la fin originelle prévue pour son personnage.

Deux ans après la fin de Game of Thrones, on continue à en apprendre plus sur les coulisses du tournage et l’écriture des personnages de la saga d’heroic fantasy adaptée des romans de George R. R. Martin.

Dans une interview accordée au média Collider, l’actrice Hannah Waddingham est revenue sur son expérience et la trajectoire d’un des personnages secondaires les plus terrifiants de la saga : la Septa Unella. Présente dans les saisons 5 et 6, cette disciple zélée du Grand Moineau et de son ordre religieux extrémiste la Foi des Sept prend un plaisir sadique à torturer psychologiquement et physiquement ceux et celles qui se retrouvent dans ses cachots. Cersei Lannister (Lena Headey) est probablement sa victime préférée. Personne n’a oublié, parmi ses méfaits, la terrible marche de la honte, durant laquelle la Reine Mère a dû traverser Port-Réal nue, sous les crachats et les insultes du peuple, et avec la Septa Unella agitant sa cloche et hurlant "Shame" toutes les 30 secondes.

Elle était beaucoup trop heureuse d’humilier une femme. Quand bien même Cersei Lannister n’était pas un ange, personne ne mérite d’être traité ainsi. Quand la Septa Unella et ses pratiques d’un autre temps se sont retrouvés hors d’état de nuire, on n’était donc pas franchement mécontent·e·s. Pour autant, dans GoT, la violence appelle la violence. L’épisode final de la saison 6, "The Winds of Winter", voit la Cersei prendre une revanche explosive sur la Foi des Sept, mais aussi sur sa vieille ennemie. Si le Grand Moineau et plusieurs de ses disciples périssent lors de la destruction du Septuaire de Baelor, ce n’est pas le cas de la Septa Unella, qui se retrouve emprisonnée par son ancienne victime. Après une petite séance de torture à base de vin rouge, la nouvelle reine des Sept Couronnes laisse la religieuse aux mains de la Montagne (Hafthor Julius Björnsson), avec la fin que l’on imagine.

Hannah Waddingham, la brillante interprète de la Septa Unella, révèle à Collider que cette fin, déjà très sombre, aurait dû être pire encore, puisque le personnage devait être explicitement violé par la Montagne.

"Elle était censée être violée par la Montagne, et je pense qu’ils ont reçu tellement de plaintes concernant le viol de Sansa qu’ils ont choisi de ne pas le faire.

Je pense qu’ils l’ont peut-être changé quand j’étais en plein vol pour Belfast, parce que j’ai soudainement reçu de nouvelles directives qui disaient que j’aurais besoin d’une combinaison de plongée. Et j’ai pensé qu’ils m’avaient envoyé les mauvaises guidelines. Quand je suis arrivée là-bas, on m’a mis une combinaison de plongée et j’ai demandé : "Pourquoi ?". Et ils ont dit, 'Oh, on va faire de la torture par l’eau en fait'." 

17 viols ou tentatives de viol

Game of Thrones a en effet été critiquée, dès ses débuts (les viols de Daenerys par Khal Drogo), pour son nombre élevé de viols d’une part (leur mise en scène mais aussi leur place dans les arcs narratifs des différents personnages) et globalement pour ses scènes de violence graphiques et répétées envers les personnages féminins. Le ras-le-bol des fans et des critiques a atteint son apogée quand l’épisode "Unbowed, Unbent, Unbroken" (S05E06) a mis en scène le viol de Sansa en adoptant la perspective du personnage de Theon Greyjoy. Dans le livre Sous nos yeux (paru aux éditions La Ville Brûle en avril 2021), les autrices Mirion Malle et Iris Brey notent que Game of Thrones est "la série dans laquelle on voit le plus de scènes de viol du point de vue du male gaze. Durant les cinq premières saisons, on assiste à 17 viols ou tentatives de viol (aucune dans les deux dernières saisons)".  

Elles notent aussi que Game of Thrones est la série la plus vue dans le monde (dans 173 pays) et que la plupart des scènes de viol de la série sont montrées comme "des scènes de sexe", entretenant auprès des spectateur·ice·s une confusion sur ce qu’est une scène de viol et une scène de sexe, et perpétuant ainsi une culture du viol très présente dans l’univers de la pop culture. On note que les deux dernières saisons ont été diffusées en 2017 et en 2019. #MeToo est passé par là. Olivia Cooke, l’une des stars du spin-off House of Dragon actuellement en tournage, a d’ailleurs pris la parole pour expliquer que cette future série ne contiendra pas, selon elle, autant de scènes de violences graphique envers les femmes que l’originale.

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