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Les 5 meilleures séries sur la fac

Publié le

par Delphine Rivet et Marion Olité

©ABC/NBC/TheWB

Si tu penses galérer à l’université, rassure-toi, tu n’es pas seul·e ! La preuve avec 5 séries sur le milieu universitaire.

Frappée par la crise sanitaire, la jeunesse se retrouve dans une situation de grande précarité et de détresse psychologique. France Inter et Konbini se mobilisent pour lui donner la parole, mais aussi pour apporter des solutions et valoriser les initiatives solidaires.

#5 Community : la plus méta

Le community college aux États-Unis, c’est un établissement public qui propose un cursus diplômant en deux ans. Dans le cas de la série de Dan Harmon, diffusée entre 2009 et 2015 sur NBC puis sur Yahoo! Screen, c’est la fac de la seconde chance. Jeff Winger est un avocat radié du barreau pour avoir menti sur l’obtention de sa licence. Forcé de retourner en cours, il va y côtoyer Britta, activiste autoproclamée, la jeune et naïve Annie, Troy, dont la prometteuse carrière sportive a déraillé après une blessure, Abed, encyclopédie sur pattes de la pop culture, Shirley, la maman du groupe, et enfin Pierce, un sexagénaire aussi réac qu’insupportable.

Community était moins un hommage aux années fac qu’une toile vierge sur laquelle Dan Harmon pouvait projeter sa créativité et ses (nombreuses) frustrations. Série méta par excellence, elle posait, dans ses meilleurs épisodes, un regard touchant, et parfois cynique, sur les artisans du storytelling que sont les scénaristes. Elle était aussi un hymne aux gentils losers qui sommeillent en chacun de nous.

À voir sur : Prime Video

#4 Scream Queens : la plus "camp"

Créée par le trio Ryan Murphy, Brad Falchuk et Ian Brennan, la série est un hommage, comme son nom l’indique, aux "scream queens", ces actrices de films d’horreur qui se sont époumonées à l’écran durant des décennies pour mieux nous faire frissonner. Ici, ils placent l’intrigue dans la Wallace University, et plus précisément dans l’univers impitoyable d’une sororité, les Kappa Kappa Tau. Le terme de "sororité" ici ne fait pas référence à l’indéfectible solidarité féminine dont on a toutes besoin en ce moment, mais à un club très select de filles riches, le plus souvent blanches, qui règnent sur la fac d’une main de fer.

Leur suprématie, jusqu’ici incontestée, prend du plomb dans l’aile quand un serial killer commence à égrainer les victimes sur le campus (la première d’entre elles étant une certaine Ariana Grande). La plus grande réussite de Scream Queens, c’était de remettre au goût du jour l’humour "camp". C’est un style de comédie difficile à décrire mais très ancré dans la culture queer et dont l’extravagance, l’autodérision et une pointe de cruauté gratuite sont les maîtres-mots.

À voir sur : Netflix

#3 How to Get Away With Murder : la plus compet'

C’est l’un des plus gros succès du Shondaland, qui s’est achevé en mai 2020 après six saisons frénétiques, et l’une des rares séries centrées sur une prof. Il faut dire qu’Annalise Keating, interprétée par la flamboyante Viola Davis (la première actrice noire à remporter un Emmy pour sa performance dans la catégorie de Meilleure actrice dans une série dramatique), est bien plus qu’une simple prof de droit pénal à l’université de Middleton : c’est un mentor, une femme badass, aussi intelligente que manipulatrice si les circonstances l’y obligent. Le genre de femme de pouvoir, complexe et passionnante, que l’on suivrait les yeux fermés et que l’on veut devenir plus tard.

Autour d’elle s’agitent justement une bande d’étudiant·e·s – Wes, Connor, Michaela, Asher et Laurel, surnommée les "Keating 5" – qui vont apprendre le droit comme s’ils et elles étaient dans leur série policière favorite. Si les complots soapesques et meurtres à répétition ne dépeignent pas exactement la vie des étudiant·e·s en droit (enfin on espère !), en revanche la série raconte bien la compétition qui peut y régner et les épreuves auxquelles font face les jeunes adultes, influencé·e·s par une mentor parfois écrasante… de charisme !

À voir sur : Netflix

#2 Dear White People : la plus politique

C’est dans la fictive Winchester University que se forgent les grands esprits de demain. Calquée sur les modèles des facs de la Ivy League (une poignée d’établissements prestigieux), elle voit germer le militantisme d’étudiant·e·s afro-descendant·e·s comme Samantha White qui, à travers son podcast Dear White People, tente d’éveiller les consciences face au racisme systémique. La série propose un discours sans concession et tacle, sans prendre de pincettes, la position "d’allié·e·s woke" que se donnent volontiers les Blanc·he·s pour échapper à toute remise en question de leurs privilèges.

La série de Justin Simien, adaptée de son film éponyme sorti en 2014, a fait l’effet d’un uppercut salutaire. Avant même son lancement sur Netflix en avril 2017, des voix s’étaient élevées, drapées dans une indignation pour le moins douteuse, à la seule vue du titre. La question raciale, au cœur des trois saisons déjà diffusées, est encore un tabou dont on aimerait bien se débarrasser…

À voir sur : Netflix

#1 Felicity : la plus sensible

Il existe peu de bonnes séries dépeignant ce moment charnière des années fac, où l’ado quitte pour la première fois le nid familial pour se confronter aux joies, désillusions et précarité de la vie d'un·e jeune adulte. C’est pourquoi Felicity, qui débute là où la plupart des teen dramas s’arrêtent, est si précieuse. Avant de devenir le roi des geeks, J.J. Abrams a cocrée cette série sous-estimée avec Matt Reeves, dans laquelle il revient sur ses années fac, à travers le personnage de Felicity Porter, interprété par Keri Russell. Durant quatre saisons, on suit cette jeune femme sensible, grande sœur d’Angela Chase (Claire Danes dans My So-Called Life), qui livre ses états d’âme à un dictaphone envoyé à une amie, Sally. En peu comme si vous racontiez votre vie en faisant des voices tous les soirs, avant de les envoyer à votre BFF !

Felicity a choisi de partir à l’université de New York, contre l’avis de ses parents, pour suivre un gros crush de lycée, Ben, qu’elle connaît à peine… et ce sera la meilleure erreur de sa vie ! Si la série a été acclamée, ce n’est pas tant en raison de son triangle amoureux aux vibes Dawson (son deuxième love interest, Noel Crane, est joué par Scott Foley) mais bien pour la peinture sensible et mélancolique de la vie à l’université. Et la formidable interprétation de Keri Russel. Récompensée d’un Golden Globe en 1999 pour ce rôle, elle essuya un incident pour le moins sexiste au terme de sa saison 2, quand elle décida de se couper les cheveux courts. Les audiences de la série avaient déjà commencé à baisser suite à un changement dans la grille de The WB, mais elles furent à l’époque imputées à la nouvelle coiffure de Felicity !

La série n’est malheureusement pas disponible sur une plateforme en France, actuellement.

Et aussi : mentions honorables à la saison 4 de Buffy contre les vampires (Willow et Buffy fréquentent la façon de Sunnydale), la saison 3 de Veronica Mars (centrée sur la culture du viol dans les campus américains), aux saisons 5 et 6 de Dawson (qui suit Joey, Jen et Jack à la fac ainsi que Dawson un temps en école de cinéma), Undeclared, Grown-ish

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