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En saison 2, Sex Education rend son meilleur hommage à Mean Girls

La série british de Netflix aura cumulé les références bien senties au long-métrage culte de 2004.

Pour sa deuxième rentrée des classes, le lycée de Moordale ressemble étrangement à celui de North Shore. Si ce nom ne vous évoque pas grand-chose de prime abord, c’est pourtant celui de l’établissement où étudient Regina George et ses sbires toutes de rose vêtues, dans Mean Girls. Connu sous le titre Lolita malgré moi dans notre Hexagone, ce film pour ados s’est imposé comme un incontournable du genre, au fil des années… et on voit encore son influence en 2020, à travers les épisodes fraîchement sortis de Sex Education. Attendez, on vous éclaire.

Une histoire de cliques

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Le lycée organisé selon un système de castes, c’est très américain. C’est aussi très Mean Girls, à savoir le film ado US par excellence : dès son arrivée à North Shore, Cady (incarnée par Lindsay Lohan, comme disparue depuis) a droit à une visite guidée par Janis et Damian, les deux marginaux, avec lesquels elle s’est instantanément liée d’amitié. À chaque table de la cafétéria, sa clique bien définie : les théâtreux, les sportifs, les nerds asiatiques, les Asiatiques branchés… Il faut remettre les choses dans leur contexte. C’était 2004 et Lolita malgré moi était beaucoup moins politiquement correct que les temps actuels.

Quoi qu’il en soit, Sex Education opte pour une approche similaire dans l’épisode inaugural de sa seconde saison. Tout juste débarquée dans sa nouvelle école, Ola se fait alpaguer par Lily, qui lui explique le b.a.-ba de la chaîne alimentaire façon Moordale. Ici, il y a donc les vierges qui ne boivent pas, les drogués qui rigolent de leurs propres pets… et, forcément, les Intouchables, soit le trio de pestes populaires et superficielles. Soyons honnêtes, c’est ni plus ni moins l’équivalent des Plastics, même si Ruby n’arrive jamais à la cheville d’une Regina George : pas de débat à avoir.

On connaît la chanson

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C’est un peu plus anecdotique, mais tout de même : dans le premier épisode, la chorale de Moordale s’adonne à une représentation dans l’auditorium… qui dégénère assez vite, plusieurs filles du groupe commençant à se pousser et à se crêper le chignon devant le public hilare. Du côté de Mean Girls, une scène un tantinet similaire est remarquable alors que Cady et les Plastics se mettent à danser lors du talent show de Noël, avant que les choses ne dérapent là encore.

L’alcool est dangereux pour la dignité

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Les premières cuites, on s’en rappelle. Cady, l’héroïne insouciante de Mean Girls, ne peut que s’en souvenir : lors d’une fête improvisée chez elle, pendant que ses parents sont absents, cette dernière abuse un peu trop de la boisson… à tel point qu’elle finit par vomir ses verres de punch trop vite ingurgités sur les chaussures de son boyfriend, le beau gosse du lycée Aaron Samuels. C’est aussi sous l’influence de l’alcool qu’elle balance des choses pas très cool à Janis et Damian (les BFF qu’on rêverait d’avoir, pour info).

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Du côté de Sex Education, c’est également Otis, le héros de la série, qui se la met à l’envers au sein même du domicile familial, alors que sa mère vaque à ses propres occupations (dans les faits, elle se déhanche en boîte de nuit et vit sa meilleure vie). Complètement bourré, il se dirige vers Maeve et Ola, leur assénant des répliques bien piquantes qu’il va autant regretter par la suite que la rouquine de Mean Girls. Mais avant ça, il lâche lui aussi son vomi le plus improbable, dégobillant dans son verre alors qu’il discute avec Anwar, un de ses pairs lui demandant conseil. Gênant (et dégueu).

Se taper l’affiche

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La vengeance est un plat qui se mange froid… ou photocopié, au choix. Michael Groff, le dirlo de Moordale, a préféré la deuxième option pour causer du tort à Jean, pour la simple et bonne raison qu’elle l’a blessé dans son ego, en étant compétente dans son job (ou parce que c’est un énorme frustré, c’est aussi valable comme justification). Ainsi, il a dérobé son carnet de notes, comprenant des infos intimes sur de nombreux élèves, pour en produire des copies, avant de les distribuer dans les couloirs du lycée. Un coup bas auquel Mean Girls a aussi fait appel.

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Dans le film de Mark Waters, c’est quasi la même histoire. Comprenant qu’elle s’est fait berner par Cady depuis des mois, la reine des glaces Regina George décide de l’afficher devant tout le monde en photocopiant le contenu du Burn Book (un livre au sein duquel les Plastics écrivaient des immondices sur leurs camarades de classe). Le but ultime ? Se faire passer pour une victime (Regina a bien pensé à glisser un faux paragraphe dénigrant à son sujet, pour assurer ses arrières) et montrer aux yeux de tous à quel point ses anciennes copines sont des monstres sans cœur. Et oui, on n’oubliera pas de mentionner que Cruel Intentions l’a fait quelques années avant Mean Girls.

Féministes sous la contrainte

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Dans l’avant-dernier épisode de la saison 2, une personne non identifiée a écrit des propos dégradants dans les vestiaires du lycée, à l’égard de Ms. Sands, professeure à Moordale. Considérées comme suspectes, les filles de Sex Education sont envoyées en retenue. Alors que la tension est palpable entre toutes, Ms. Sands leur donne pour mission de trouver une chose qui les unit si elles veulent espérer déguerpir de là le plus tôt possible. Challenge accepté.

Chez Mean Girls, la résolution du film s’en rapproche beaucoup. Après que le contenu du Burn Book a été dévoilé à l’ensemble du corps étudiant comme enseignant, toutes les filles concernées sont réunies dans le gymnase par Ms. Norbury (Tina Fey, géniale). Cette dernière a d’ailleurs été la cible de propos tout aussi déplaisants que Ms. Sands dans Sex Education, étant accusée à tort d’être dealeuse de drogues. Quoi qu’il en soit, Ms. Norbury pousse elle aussi les lycéennes réunies à échanger les unes avec les autres, afin de mieux se comprendre. Le procédé n’est pas tout à fait le même, mais la finalité, elle, est exactement identique : une pour toutes, toutes pour une.

Culture générale

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Au cas où on en doutait, Sex Education veut nous prouver que Maeve est une élève pleine de promesses en lui faisant rejoindre les Quiz Heads, une équipe d’élèves studieux qui va affronter d’autres élèves tout aussi studieux, venant de lycées divers dans une compétition de culture générale. Un temps mal acceptée, notre rebelle au grand cœur finit par trouver sa place au sein de sa team et les conduit même jusqu’à la victoire dans le tout dernier épisode. Mais ça, Cady l’a fait avant elle (ou presque).

Très branchée mathématiques, l’héroïne de Mean Girls s’efforce de concilier sa soif croissante de popularité, avec son envie de participer aux Mathletes, une sorte de concours national basé sur des problèmes de maths et d’algèbre à résoudre top chrono. Après des hauts et pas mal de bas (un peu comme Maeve, qui quitte les Quiz Heads pour les retrouver plus tard), Cady réussit à trouver la solution finale et remporte la compétition. Tout le monde est content, applaudissements. Niveau mise en scène, les deux passages ont des similitudes évidentes, photos à l’appui.

En soi, difficile d’expliquer ces multiples références à Lolita malgré moi. Néanmoins, depuis ses débuts, Sex Education témoigne d’un intérêt particulier pour la culture états-unienne, reproduisant certains tropes des teen dramas venus des States. S’inspirer de l’une des œuvres ado les plus emblématiques du cinéma US n’était donc que la suite logique des choses.

La saison 2 de Sex Education est disponible en intégralité sur Netflix. 

Par Florian Ques, publié le 21/01/2020