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5 séries pour plonger dans les nouvelles technologies

Publié le

par Marion Olité

©Netflix

Il y en a pour tous les goûts, de la plus fun à la plus sombre.

#5. Upload, la plus divertissante

Lancée sur Amazon Prime Video en mai 2020, cette série signée Greg Daniels nous embarque en 2033, où il est désormais possible d’uploader sa conscience au moment de sa mort et d’accéder à une forme de paradis, virtuel. Génial sur le papier, mais quand Nathan (Robbie Amell) se retrouve à Lakeview, le top du top côté réalité virtuelle, après sa mort prématurée, il comprend que la mort est devenue un business lucratif comme un autre. S’il bénéficie des largesses de sa riche petite amie, le jeune homme découvre rapidement les vices de cette cage dorée. Il est accompagné dans ce nouveau monde par Nora Antony (Andy Allo), son "Ange" bien en vie de l’autre côté de son casque virtuel. Employée de la société Horizen (qui possède Lakeview), elle va se prendre d’affection pour le nouvel arrivant.

Upload ne fait pas spécialement dans la subtilité, mais son faux rythme de comédie un peu dépressive, mâtinée de thriller (Nathan enquête sur les circonstances très cheloues de sa mort, lui qui travaillait sur une appli en open source), fonctionne assez bien. Créative, la série regorge d’inventions tech fun et assez bien vues (le psy qui prend une forme animale dans le monde virtuel, les tentatives virtuelles de rendre des aliments aussi savoureux que dans la vraie vie, les sex suits pour avoir des relations sexuelles avec un·e upload, les 2 "gigs") et son propos anticapitaliste touche en plein dans le mille.

Où la voir ? Une saison sur Amazon Prime Video (saison 2 commandée) 

#4. Mr. Robot, la plus parano

Éphémère phénomène sériel, Mr. Robot a ébloui son monde lors de son lancement en 2015. La réalisation et la maîtrise d’une narration à tiroirs (doublée d’une bonne dose de twists imprévisibles) de Sam Esmail étaient sublimées par l’interprétation de la révélation Rami Malek, antihéros de cette fable techno-anarchiste pour insomniaques et une vraie précision dans la façon de dépeindre les domaines de la cybersécurité et du hacking (avoir Kor Adana comme producteur consultant sur le sujet, ça aide). L’acteur incarne Elliot, un hacker dépressif et paranoïaque, qui se sert de son job d’ingénieur dans une firme de cybersécurité pour pirater les comptes des gens et jouer au cyberjusticier. Ça, c’est la partie émergée de l’iceberg. Il va se retrouver en affaire avec un certain Mr. Robot, anarchiste et anticapitaliste (les deux vont bien ensemble vous me direz !) œuvrant dans le groupuscule la Fsociety à faire tomber les firmes les plus puissantes de ce monde, dont le conglomérat E Corp.

On vous passe les détails d’une intrigue tentaculaire qui en a perdu plus d’un·e en chemin. En dépit des reproches qui ont pu être faits à Sam Esmail (rendre Mr. Robot volontairement incompréhensible au commun des mortel·le·s), Mr. Robot reste une grande série parano contemporaine, qui traite de sujets d’actualité encore brûlants : la santé mentale, la solitude, les opportunités et les dangers de la société numérique, le piratage de grosses sociétés (Uber et Sony Picture ont subi des vols de données en 2014), le rapport entre politique, technologies et capitalisme. Alors l’individu a-t-il le pouvoir de changer le monde ? Vous avez 4 heures.

Où la voir ? Les 4 saisons sont sur Amazon Prime Vidéo

#3. The IT Crowd, la plus drôle 

Sortons la tête du Dark web et voyons la vie (virtuelle) d’un œil un peu plus goguenard. Créée en  2006 par Graham Linehan, la british The IT Crowd nous plonge dans le quotidien de l’équipe informatique d’une grande société londienne, Reynholm Industries. Relégués au sous-sol et traités comme des pestiférés, les nerds dernier degré nous initient à leurs trucs et astuces pour en faire le moins possible et se payer la tête des employé·e·s qui les appellent souvent avec des problèmes informatiques extrêmement faciles à résoudre. Ils et elles sont paresseux, incompétents ou les deux à la fois ! Et c’est un régal.

Cerise sur le Linux, la série regorge de références geek (comics, jeux vidéo, culture tech) à travers des posters, les T-shirts de Roy (Chris O’Dowd) ou la présence dans le décor d’ordinateurs collector et de clins d’oeil aux programmeurs. Lancée un an avant la plus mainstream The Big Bang Theory, basée sur le même principe d’une bande de geeks dont on se moque affectueusement, The IT Crowd en est la précurseuse et la version moins lisse. D’autres se rapatrieront sur Silicon Valley, autre comédie tech applaudie par la critique, qui raconte le quotidien de quatre mecs wannabe entrepreneurs à la Silicon. Le manque de présence féminine dans les rôles principaux ajouté à des accusations d’agression sexuelle et de comportement de bully concernant deux acteurs de la série (T.J Miller et Thomas Middleditch) nous ont pour notre part découragés de commencer.

Où la voir ? : 4 saisons sur Netflix

#2. Halt and Catch Fire, la plus historique

Peu de séries se sont attaquées aux prémisses de la tech mais celle qui l’a fait reste inoubliable par sa qualité artistique et sa compréhension du milieu. Créée en 2014 par Christopher Cantwell et Christopher C. Rogers, Halt and Catch Fire (référence à une manipulation informatique qui stoppe le fonctionnement de l’unité centrale de traitement d’un ordinateur) a pour ambition de narrer la révolution informatique, de la création des ordinateurs portables personnels, dans les années 1980, à la naissance et l’avènement du Web mondial et des entreprises de la Silicon Valley, dans les années 1990.

Derrière la grande histoire, on suit les trajectoires intimes d’un quatuor de personnes dont les vies et les ambitions dans la tech sont inextricablement liées : le visionnaire Joe MacMillan (Lee Pace), un entrepreneur et ancien commercial chez IMB aussi brillant que manipulateur, Gordon Clark (Scoot McNairy), un ingénieur informatique sous-estimé et dépressif, sa femme Donna Clark (Kerry Bishé), également une excellente ingénieure informatique qui a mis ses ambitions entre parenthèses pour aider son mari à réaliser ses rêves, et enfin Cameron Howe (Mackenzie Davis), une jeune programmatrice de génie, passionnée de jeux vidéo, qui représente la génération suivante.

Chaque protagoniste est inspiré de figures ayant réellement existé, comme les programmeuses pionnières Grace Hopper et Ada Lovelace pour le personnage de Cameron. La relation entre Joe et Gordon a quant à elle été comparée à celle de Steve Wozniak et Steve Jobs, les deux cofondateurs d’Apple. Halt and Catch Fire est un vrai chef-d’œuvre, qui vous raconte comment on passe d’une idée à sa création, et comment naissent les révolutions (spoilers : à partir d’échecs). Le tout avec un superbe sens du détail, de la reconstitution historique ou encore de la psychologie des personnages complexes, tous plus ou moins des antihéros et antihéroïnes torturé·e·s. Et avec ce sublime générique, qui retrace la création d’une carte graphique, qu’on doit absolument vous remettre.

Où la voir ? C’est un scandale, actuellement la série (composée de quatre saisons) n’est disponible sur aucune plateforme en France.

#1. Black Mirror, la plus visionnaire

Mais si la saison 5, sortie en 2019, accusait une baisse nette de qualité, c’est peut-être aussi car son scénariste arrivait au bout de son inspiration et de ses prédictions technologiques, la vraie vie ayant rattrapé la fiction. Noter les gens comme dans "Nosedive" (S03E01) ? La Chine est en train de l’expérimenter. Trouver son âme sœur parfaite grâce à des applis de plus en plus sophistiquées comme dans "Hang the DJ" (S04E04) qui prennent une place démesurée dans nos vies ? Check. Élire un clown qui sait utiliser les réseaux sociaux pour manipuler les foules comme dans "The Waldo Moment" (S02E03) ? Quatre ans après cet épisode, diffusé en 2013, Donald Trump arrivait à la Maison-Blanche. 

Avec ses épisodes à concept, Black Mirror a inspiré un paquet de séries récentes, de Upload ("San Junipero", S03E04, était passée par là avec son idée de paradis virtuel, on pense aussi à The Good Place) à The One et son appli pour trouver l’âme sœur, en passant par la prochaine Solos. Des séries comme Westworld – certes un reboot d’un film des 70’s mais avec une approche des réalités virtuelles et de l’humanité proche de celle de Charlie Brooker – ont aussi vu le jour pendant l’ère Black Mirror, achevée (a priori) en 2019. Le monde est devenu si virtuel et apocalyptique que la série et ses célèbres twists renversants ne peuvent plus nous choquer. Sa vision extrêmement pessimiste des technologies et des êtres humains appartient peut-être aux années 2010 et aux anciennes générations, qui cultivent depuis toujours une peur de la tech dans la pop culture (remember Terminator & co ?).

À voir : sur Netflix (5 saisons et un film interactif)

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